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Chronique de Kebir Mahamat Abdoulaye

L'isolement diplomatique et le blocus économique contre Qatar est-il un test pour l'Arabie Saoudite avant d'engager la même méthode similaire contre l'Iran dans l'avenir ? Mais déjà le risque et le résultat contre-productif surtout stratégique n'est-il pas élevé ?Depuis quelques semaines la coalition composée des : Émirats-Arabes-Unis, Bahreïn- Égypte et Arabie-Saoudite menée fortement par cette dernière a entrepris avec la bienveillance mesurée de l'administration Trump des séries d'actions diplomatiques, économiques et campagnes médiatiques par des médias à leur compte contre le Qatar, Etat accusé de soutenir, financer, héberger des « personnes et organisations terroristes » et de mener des « politiques de déstabilisation contre ses voisins». Afin de contraindre le Qatar d'obtenir des résultats escomptés suite à ces mesures, une liste des revendications furent publiées et transmises au gouvernement de Qatar, un Etat monarchique de petite superficie, une faible population de moins 2,5 millions d'habitants mais un Etat très riche en hydrocarbures essentiellement en gaz, qui lui procure de colossal revenu et très actif sur la scène internationale. Il dispose d'un PIB/h et des réserves de change parmi les plus importants au monde.

 

L’Arabie Saoudite qui considère l'Iran (une puissance régionale dont l'influence est en progression) comme son adversaire et rival principal dans la région mène des actions économiques, diplomatiques, soutien aux organisations politiques/rébellions contre les alliés de Téhéran d'abord, pour se protéger et ensuite réduire cette influence et puissance de la République Islamique d'Iran sans grand succès jusqu'à maintenant, et c'est depuis la guerre Irako-iranienne. L’Arabie Saoudite en cherchant coûte que coûte combattre l'influence Iranienne dans la région notamment dans certains pays, n'a-t-elle pas commis des erreurs stratégiques car, coup sur coup l'Arabie Saoudite perd son influence du moins des pays alliés ou potentiellement des alliés au profit de l'Iran parfois, sans que cette dernière ne livre des guerres directes ? Ainsi au lieu de demander aux États-Unis de laisser en place le régime de Saddam Hussein, un Sunnite mais affaibli, elle a participé à sa chute. L'effondrement du régime de Saddam, un dictateur qu’on pourrait qualifier de naïf a permis à l'Iran d'étendre son influence dans ce pays.

 

Ensuite l'Arabie Saoudite vient de perdre le régime Syrien après avoir aidé massivement (avec le Qatar, certains Etats du golfe, la Turquie et l'occident principalement les États-Unis, la France...) les rébellions qui étaient sur le point de gagner n'eut été l'intervention militaire de la Russie en septembre 2015 changeant ainsi la donne, sans négliger aussi le soutien de l'Iran, Hezbollah...au régime Syrien, un régime autoritaire de père en fils. L’influence du royaume d'Arabie Saoudite dirigée par une seule famille depuis presque un siècle se s'est perdue et se perd aussi dans d'autres arabes en faveur de l'Iran. Par exemple au Liban, Yémen malgré à coup des bombardements pour un défendre un président Yéménite fantoche et combattre des Houthis qu'il les considère une menace pour sa sécurité nationale. Enfin les actions violentes entreprises contre Qatar avec une coalition hétéroclite jusqu'à certains Etats africain, forcés et opportunistes, mais avec des succès très limités pour le moment sans action militaire pour un changement de régime à Qatar (ce que refuse et dément l'Arabie Saoudite et sa coalition) conduiront (déjà commencé) de perdre un État essentiel dans le golfe comme le Qatar au profit de l'Iran qui, lui tombe comme un fruit mûr. C'est aussi un moyen stratégique très important pour casser cette stratégie confessionnelle Saoudienne qui consiste à bipolariser la rivalité avec l'Iran par un camp Sunnite représentée par elle contre le camp Chiite, symbolisé par la République islamique d'Iran.

Aujourd’hui par le refus du Qatar d'accepter les accusations de terrorisme et les conditions posées par la coalition menée par l'Arabie Saoudite qui exigent à Qatar la fermeture de la chaîne internationale Al-jazzera, la réduction immédiate de ses relations avec l’Iran, d’expulser de son territoire les opposants politiques Égyptiens, Saoudiens, du Bahreïn, le Hamas palestinien et perdre de vue les frères musulmans d’Egypte. Dans ses exigences à l’égard de Qatar, la coalition lui réclame d’arrêter de financer certaines organisations à l’étranger comme le Hamas ou autres, de livrer les personnes considérées comme des terroristes et enfin d’arrêter l’ingérence dans la politique intérieure des Etats des pays du golfe et arabe, sans oublier l’arrêt de déstabilisation des régimes du golfe arabes. Ce sont conditions si certaines sont respectées et appliquées par Qatar cela désigne sa capitulation diplomatique et de sa souveraineté nationale. Après son refus et en demandant le dialogue pour dénouer la crise et exiger la levée du blocus, le Qatar multiplie une offensive diplomatique pour solliciter de soutien et casser le blocus économique, diplomatique...qu'il subit. Par contre la coalition vient de donner un ultimatum au Qatar de répondre à ses exigences a priori inacceptables pour certaines. L'opinion arabe et surtout la rue commence à se sympathiser de plus en plus avec le Qatar et celui-ci bénéficie de plus en plus des alliés importants dans la région (Turquie, Iran...) et en occident. D'où l'idée de l'ultimatum de la coalition pour passer à des actions supplémentaires avant le retournement de la situation et de l'échec général du blocus.

 

Entre temps l'Iran se progresse lentement sur les échecs et la mauvaise stratégie de la politique étrangère de l'Arabie Saoudite dans la région, déjà un pays supplémentaire le Qatar est perdu même après la levée du blocus et la normalisation de leur relation gravement affectée. Espérons le dénouement de la crise par le dialogue qui semble de plus en plus éloigné vu le nombre élevé des conditions posées et le rejet de Qatar. Enfin même si la guerre reste la seule voie pour la coalition d'obtenir ce qu'il voulait sur l'essentiel, il n'est pas probable que le succès soit sans conséquences majeures pour leur sécurité nationale et de la situation géopolitique de la région. Tout Cela dépend aussi de la décision de l'imprévisible Donald Trump, président des États-Unis dont son pays a des gigantesques intérêts économiques, militaires... dans la région, mais le président américain qui joue le pyromane et le pompier en ce moment.

 

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