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L’écrivain et homme politique communiste haïtien, Jacques Romain (né le 4 juin 1907 à Port-au-Prince et mort le 18 août 1944 à 37 ans) eut écrit que « L’Homme est le boulanger de sa vie ». Cela fait certainement beau d’entendre cette citation qui façonne la vie d’une sagesse incontestable. Contrairement à cela, on pourrait certes rencontrer assez de bons boulangers et c’est une évidence, mais la nature serait certainement remplie aussi des faux boulangers qui ne pétriraient que des mauvaises pâtes pour sortir du four des pains de qualité médiocre. C’est exactement la même chose, tant dans la vie courante qu’en politique. Avec des mauvaises nouvelles qui nous parviennent presque quotidiennement de la République Démocratique du Congo(RDC), on n’aurait pas tort de qualifier les autorités congolaises et plus directement le gouvernement de Joseph Kabila Kabange d’un mauvais boulanger pour son peuple. Que veut-il concrètement faire de son pays ? Et pourquoi semblerait-il donner l’impression de fermer la porte au dialogue avec les opposants ?

En tout cas, c’est ce que révèlent respectivement depuis plus de deux ans les médias congolais et belge. Depuis le jeudi 29 juin 2017, les avocats de l’opposant Moise Katumbi Chapwe ont fait entendre aux journalistes de l’AFP et de la RTBF que le parquet général de la République démocratique du Congo (RDC) a retiré à leur client l'autorisation d'expatriation qui lui avait été accordée en mai 2016 pour raison médicale.« Le bureau du procureur général de la République nous a saisi pour nous signifier qu'il a retiré l'autorisation de sortie délivrée à notre client Moïse Katumbi » le 20 mai 2016, a déclaré Me Jean Joseph Mukendi, à l'AFP, confirmant une information diffusée par le site Actualité.cd. Selon le reporter de l’AFP, le parquet reproche à Moïse Katumbi de n'avoir « pas observé le devoir de réserve lui imposé en ce qui concerne les faits ayant donné lieu à l'instruction du dossier judiciaire » dans cette affaire. « M. Katumbi n'a jamais communiqué sur cette affaire, mais il a réagi sur l'affaire de spoliation d'immeuble (à Lubumbashi, le chef-lieu de la province du Haut-Katanga, ndlr) pour rétablir la vérité », a réagi Me Mukendi, ajoutant que son client « va revenir en RDC, il a toujours voulu revenir ». L’AFP rapporte que le procureur a dans une correspondance datée du 20 juin et adressée au bâtonnier Mukendi, justifié sa décision par le « non-respect du devoir de réserve » qu'il dit avoir constaté de la part de l'ex-gouverneur de la province du Katanga, alors que ce dernier y était astreint.Selon Me Mukendi, « cette autorisation a été donnée sur le dossier de recrutement de mercenaires » dont est accusé Moïse Katumbi. « L'important est d'assurer sa sécurité et d'obtenir la garantie d'un procès équitable », a-t-il ajouté.

Moïse Katumbi, 52 ans, est un ancien allié du président Joseph Kabila et ex-gouverneur de la province du Katanga, avant sa scission en quatre entités. Il a rompu avec Joseph Kabila en septembre 2015 et a été choisi un an plus tard comme candidat à la présidentielle par d'anciens soutiens de Kabila, passés à l'opposition. Autorisé à se rendre à l'étranger pour subir des soins médicaux depuis mai 2016, Moïse Katumbi a été depuis condamné en RDC à trois ans de prison pour une affaire immobilière. Il est allé en appel contre cette décision, dénonçant un procès « politique ». Moïse Katumbi a par ailleurs porté plainte le 2 juin auprès du comité des droits de l'Homme de l'ONU à Genève contre le gouvernement de Kinshasa qu'il soupçonne de vouloir l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle, théoriquement prévue avant la fin de l'année. L’institution onusienne a accusé réception de sa plainte dans une lettre datée du 13 juin où elle demande à l'État congolais de « prendre toutes les mesures nécessaires en vue d'assurer que M. Katumbi puisse rentrer en République démocratique du Congo et puisse participer, librement et en toute sécurité, en tant que candidat, à l'élection présidentielle ».Il a récemment annoncé, tout comme son porte-parole, Olivier Kamitatu Etsu, que son retour en RDC était « imminent » après que le comité des droits de l'homme de l'ONU a sommé les autorités de Kinshasa de l'autoriser à rentrer et d'assurer sa sécurité. Agé de 46 ans, Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001, son mandat a échu le 19 décembre 2016. La Constitution lui interdit de se représenter alors que le pays traverse une crise politique profonde, rappellent l’AFP et la RTBF.

Ahmat Zéïdane Bichara

 

 

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