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Aujourd’hui, il n’y a rien, absolument rien de rationnel au pays de Sao. Rien de ce qui se fait n’a d’égal nulle part ailleurs, surtout lorsqu’on investit le champ politique où la pléthore de partis politiques n’est pas forcement gage de Santé Démocratique mais plutôt un facteur de confusion savamment entretenu et une manière de berner une frange importante de la population d’avoir les yeux rivés sur une illusion. Il est parfois de moment où l’on peut se demander s’il existe véritablement une Opposition au Tchad ? Et quelle en est l’utilité ? Autant des questions qui méritent des réponses. Cependant, l’observation attentive de la vie politique tchadienne implique un regard lucide, objectif et critique sur les hommes et les partis au sein desquels ils militent. Si l’existence politique et formelle d’une opposition est une réalité indéniable, en revanche la pratique et les actes posés par ceux qui se réclament de l’Opposition, tendent à leur enlever toute crédibilité. Depuis, l’accession du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) au pouvoir, l’Opposition tchadienne se construit au gré de la direction du vent.

 

Autrement dit, elle se caractérise par une forme de versatilité déconcertante et un manque de colonne vertébrale programmatique avéré. Pris solitairement, chaque parti de l’opposition, comme une secte se caractérise par un certain nombre de dérives inquiétantes : soumission absolue, dévouement total au leader, perte d’esprit critique et réponse stéréotypée à toutes interrogations existentielles pour ne citer que ces quelques cas de comportements flagrants. Il n’est donc pas étonnant de constater la réaction pathétique des députés de l’Opposition parlementaire par rapport aux nombreux appels à la démission de leur mandat terminé le 21 juin, lancés par des activistes, des associations et certains partis de l’opposition. Comme un seul homme, tous ces députés des partis de l’Opposition, unis pour défendre leur bifteck craignent chacun tout simplement de mettre en jeu son mandat au suffrage universel direct, de peur de perdre tous les privilèges auxquels chacun d’eux y est viscéralement attaché et habitué. Dans pareilles circonstances, il est difficile voire impossible de leur faire entendre raison. Car ils ne pensent plus avec la tête mais certainement avec le ventre. Ils préfèrent échanger la légitimité populaire avec celle gracieusement offerte par la seule volonté du prince envers qui, ils deviennent totalement soumis.

 

Dire le contraire c’est prendre les Tchadiens pour des tarés. Alors, ce n’est pas les arguments suffisamment dérisoires qui convaincront le public qui comprend très bien les enjeux. L’Opposition tchadienne gagnerait à se défaire de cette marque de fabrique qui lui colle à la peau à savoir la compromission et la forfaiture avec le pouvoir. Vouloir justifier le refus de démissionner de l’Assemblée nationale illégitime alors que la législature tire essentiellement et principalement sa légitimité du suffrage universel et non des arrangements entre des adultes initiés, semble très court. L’avenir du pays dépend de l’attitude et des décisions que prennent aujourd’hui les uns et les autres. Moussa T. Yowanga

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