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Au total 17 journalistes turcs sont jugés depuis le lundi 19 juin devant la 26e chambre de la cour d’assise d’Istanbul. Parmi eux, six sont en détention conditionnelle dont Ahmet Altan, Mehmet Altan et Nazli llicak. Ils ont tous été accusés de complicité avec le putsch manqué du 15 juillet 2016. En clair, il leur est reproché d’avoir "tenté de renverser le gouvernement". et "tenter de renverser l’ordre constitutionnel " . Dossier suivi de près par Reporters sans frontières qui demande la libération inconditionnelle de ces journalistes et éditorialistes incarcérés en raison de leurs critiques contre le gouvernement. Le procès avait été minutieusement préparé d’autant plus que l’acte d’accusation comporte 247 pages. Ils risquent d'écoper triple fois la prison à vie et une quinzaine d’années d’incarcération pour « tentative d’éliminer le gouvernement en place », « tentative de détruire l’ordre institutionnel » et « tentative d’éliminer le Parlement ».De plus, ils sont également accusés d’appartenir à l’organisation FETO, la confrérie Gulen, cible principale des autorités turques considérée comme responsable du coup de force avorté de juillet. Pour le parquet d’Istanbul, l’accusation porte également sur la connaissance à priori du coup d’Etat déjoué et le soutien affiché à celui-ci via des messages très explicites pendant l’émission Libre Pensée, diffusée par une chaîne locale.

Le premier jour du procès a été consacré à la lecture de l'acte d'accusation et au début de l'audition des accusés, le procès a été ajourné à mardi, a constaté une journaliste de l'AFP Mme IIicah était la première personnalité des médias à être arrêtée après le coup d’Etat manqué. Et pourtant elle a travaillé jusqu’en 2013 pour le grand quotidien pro-gouvernemental. Elle est emprisonnée depuis juillet. Elle vit très mal cette arrestation et surtout ces accusations contre elle :"Je souffre énormément d'être confrontée à de telles accusations", a-t-elle déclaré au tribunal. "J'ai plus de 70 ans et je n'ai jamais eu de ma vie aucun lien avec un groupe religieux, encore moins un groupe terroriste", a-t-elle dit. Pour l’ONG Reporters Sans Frontières « "Avec ce procès, de nouveaux sommets ont été atteints dans l'absurdité croissante des accusations portées contre les journalistes». Les procès en cascade contre les journalistes, notamment ceux de la presse d’opposition cristallisent en Turquie les inquiétudes en rapport avec l’état de la liberté de la presse qui s’est fortement détériorée. Le site P24 spécialisé dans la liberté de la presse révèle que 167 journalistes sont détenus en Turquie, dont la majorité dans le cadre de l'état d'urgence décrété après la tentative de putsch. Moussa T. Yowanga

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