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 « Aucun acte barbare ne saura jamais éteindre la liberté de la presse. Nous sommes un pays unis qui saura réagir et faire bloc », disait l’ancien président français François Hollande. N’a-t-il pas totalement raison lorsque l’on observe les conditions de travail des journalistes français, surtout cette chance d’écrire ou de dire ce qu’ils pensent sans que cela leur porte préjudice ou danger ? Evidemment, il y a de limites et l’autocensure et la censure des informations ne sont pas à exclure. Malgré tout, il n’y a rien de comparable avec ce qui passe dans les pays africains, particulièrement et respectivement dans la partie centrale et Est du continent. Toutes les conditions paraîtraient réunies pour que les journalistes ou les professionnels des médias vivent une peur limitant leur volonté de travailler sans aucune contrainte. La majorité de ces chefs d’Etat tiennent un double langage. Tantôt ils font croire à l’opinion internationale qu’ils œuvrent pour que les journalistes de leurs pays respectifs soient libres dans leur façon de travailler, tantôt ce sont eux des producteurs d’actes barbares qui étouffent la liberté de la presse. Certains d’entre eux ont été qualifiés depuis fort longtemps des prédateurs de la liberté de la presse par Rsf et leurs pays restent classés en dernière position dans le classement annuel par cette organisation défendant les journalistes. Le Cameroun d’où est originaire Ahmed Abba, le correspondant en langue Haoussa de Rfi, fait partie de ceux pays là où internationalement ils affichent une belle image, mais au niveau national beaucoup de choses ne sembleraient pas simples aux journalistes ou aux médias, qu’ils soient de la presse publique ou privée. Le cas d’Ahmed Abba semblerait n’être pas nouveau et certains journalistes Camerounais sembleraient perdre leur vie dans ce pays à cause de leur métier.

 Reporter Sans Frontières vient à travers un communiqué de presse daté du vendredi 28 juillet 2017, informé l’opinion nationale et Internationale sur le cas du journaliste camerounais Ahmed Abba le correspondant en langue Haoussa de Radio France Internationale (RFI), Ahmed Abba, qui fut arrêté il y a de cela deux ans au Cameroun pour sa couverture de Boko Haram. Par ce même communiqué de presse, RSF, cette organisation de défense de la liberté de l’information se dit toujours déterminée à renouveler son soutien au journaliste, détenu au secret pendant des mois, et condamné sans fondement à 10 ans de prison ferme. L’organisation demande sa libération. Ce dimanche, cela fera deux ans que le correspondant de RFI au Cameroun, Ahmed Abba, est détenu, accusé d’avoir collaboré avec le groupe djihadiste Boko Haram, alors qu’il n’a fait que son travail d’information. Sa longue détention a commencé le 30 juillet 2015, lorsque des forces de l’ordre l’ont arrêté dans la ville de Maroua où il travaillait, dans l'extrême-nord du Cameroun. Le 24 avril dernier, le tribunal militaire de Yaoundé a condamné le journaliste à 10 ans de prison ferme et une amende d’environ 85 000 euros, pour « blanchiment du produit d’un acte terroriste ».

D’après les responsables de l’organisation RSF,un verdict incompréhensible, dont son avocat, Maître Tchoungang, a décidé de faire appel. Depuis le début de cette affaire, son avocat, RFI, Reporters sans frontières (RSF) n’ont eu de cesse de clamer son innocence, et de dénoncer des failles de procédures indignes d’une justice indépendante et équitable. « Ahmed Abba n’a rien à faire derrière les barreaux, son dossier est vide, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Nous demandons l’abandon des charges qui pèsent contre lui, fondées sur des accusations qui n’ont jamais été étayées par des preuves tangibles ou des experts indépendants. Ce harcèlement judiciaire reflète la crispation des autorités camerounaises vis-à-vis de la presse, sacrifiée sur l’autel de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme ». Le procès d’Ahmed Abba a été ajourné de nombreuses fois pendant plus d'un an, pour des raisons aussi diverses que aberrantes : impossibilité de produire des témoins à charge, rejet de la compétence des experts, absence du juge principal, ou encore des délais non respectés. Selon eux, arrêté en lien avec sa couverture de Boko Haram, groupe terroriste contre lequel luttent les forces de sécurité camerounaises depuis au moins cinq ans, Ahmed Abba a longtemps risqué la peine de mort, jugé par un tribunal militaire en fonction de la très controversée loi antiterroriste

de juin 2014.

Pendant les trois longs mois de détention au secret qui ont suivi son arrestation, le correspondant de RFI a subi de mauvais traitements s’apparentant à la torture, sans jamais pouvoir recevoir d’assistance médicale. Sans non plus que son avocat puisse le rencontrer ou avoir accès à son dossier, ou que sa famille puisse lui rendre visite. Le Cameroun occupe la 136ème place sur 180 pays au classement mondial 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Rsf termine son communiqué de presse en disant en rappelant qu’au cours des 18 comparutions de son procès, toutes les demandes de libération sous caution de ses avocats ont été systématiquement ignorées, et sa détention s’est poursuivie. A aucun moment, l’accusation n’a été en mesure de produire des preuves tangibles de sa culpabilité. Et il a fallu attendre la 15e audience, en février 2017, pour que l’accusé puisse enfin s’exprimer sur le fond au tribunal et pour la première fois exprimer sa version des faits. RSF n’a cessé d’appeler à l’abandon des charges qui ont pesé contre Ahmed Abba. RFI a déjà apporté de nombreuses preuves irréfutables prouvant l’innocence d’Ahmed Abba. Mais si l’accusation d’”apologie du terrorisme » a été écartée pendant le procès, d’autres tiennent encore, malgré un dossier vide de tout élément de preuve contre lui. 

Ahmat Zéïdane Bichara

 

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