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 Par ce titre ironique faisant allusion à une sorte d’initiation du nouveau président français à la Françafrique, l’ONG Survie, fondée en 1984 dénonce vigoureusement toutes les formes d’intervention néocoloniale française en Afrique et milite pour une refonte réelle de la politique étrangère de la France en Afrique. En d’autres termes, elle fait un plaidoyer en faveur des relations entre la France et les pays africains basées sur un véritable partenariat et non des relations entre maître et esclave. Dans son communiqué de presse publié le 12 juillet 2017, Survie qualifie ouvertement Deby de Dictateur et en même temps elle le considère comme ami de la France et d’Emmanuel Macron. L’Élysée prétend qu’il s’agit du « suivi des décisions du G5 Sahel », qui s’était réuni neuf jours auparavant à Bamako en présence du nouveau locataire de l’Elysée. Pour Fabrice Tarrit, co-président de Survie, « voir le nouveau président français recevoir un dictateur emblématique de la Françafrique, deux mois après son élection, c’est un signal désolant de continuité avec la politique de ses prédécesseurs.

En prétendant « lutter contre le terrorisme », la France soutient un chef d’État qui fait partie du problème plutôt que de la solution en matière de conflits régionaux et de dégradation des conditions de vie des populations locales. » Fabrice Tarrit ajoute « Le dogme de la « stabilité », qui a permis de justifier le soutien à des dictateurs qui laissent leur pays exsangue et sapent les efforts des forces démocratiques, a trouvé un nouveau promoteur. Avec des pratiques aussi éculées, Emmanuel Macron ne peut plus prétendre incarner la modernité en matière diplomatique. » D’après les responsables de cette organisation française des Droits Humains, c’est par un simple tweet accompagné d’une vidéo que l’Elysée a annoncé qu’Emmanuel Macron avait reçu Idriss Déby Itno le mardi 11 juillet 2017, à l’occasion d’une « visite privée » d’après la présidence tchadienne. Celle-ci a immédiatement saisi l’occasion de communiquer sur ce soutien, en évoquant un échange « sur toutes les questions d’intérêt commun liant le Tchad à la France ». Survie rappelle comme conclusion de son communiqué de presse que la visite du président tchadien Idriss Deby Itno n’est pas sans rappeler la scandaleuse réception d’Ali Bongo Ondimba à l’Elysée deux mois après l’élection de François Hollande, qui avait suscité une polémique médiatique et politique en son temps. 

Moussa T. Yowanga/Ahmat Zéïdane Bichara

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