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                     Chronique de Kébir Mahamat Abdoulaye

Depuis que le pays était frappé par une crise financière d'abord en 2014, puis par une crise économique depuis 2016, la question sur le nombre pléthorique supposé ou non des agents de l'Etat revient de plus en plus de manière persistante, récurrente sur leurs effectifs, charges, efficacités...Le personnel de l'Etat comprend d'abord les fonctionnaires et les contractuels puis le personnel militaire. Leur nombre total s'élève à 123.973 personnes dont 87.000 civils y compris la police. Le nombre du personnel civil de l'Etat connaît un accroissement rapide de 2001 à 2017 suite au recrutement massif dans la fonction publique, passant environ de 21.000 à 87.0000 personnes sans les militaires en 16 ans tandis que leur masse salariale était passée de 35 milliards FCFA par an à 392 milliards FCFA en 2016 y compris la dépense du personnel militaire. Ainsi en 2016, la masse salariale du personnel de l'Etat par mois s'élève à 32 milliards FCFA dont 6 milliards pour le personnel militaire. Cette augmentation de la masse salariale s'explique essentiellement par l'accroissement du budget général de l'Etat qui passait de 245,9 milliards FCFA en 2001(ère avant le pétrole) à 1775 milliards FCFA en 2014 dans le premier collectif budgétaire avant de baisser à 922 milliards FCFA en 2016 dans le premier collectif budgétaire, soit une baisse d'environ de 50%, conséquence de la crise économique et de la mauvaise gouvernance.

Pendant cette même période de 2001 à 2014, le PIB était passé de 4 milliards de dollars $ à 14 milliards de dollars $. Cependant il existe des ratios à respecter dans la gestion rationnelle du personnel de l'Etat. Ratio en termes du nombre des agents publics sur la population totale, ratio de la masse salariale sur les dépens totales de l'Etat, ratio de la masse salariale sur les ressources propres de l'Etat hors dons et prêts, ratio de l'accroissement des agents publics au sein des Ministères. Par exemple au Tchad, les Ministères de l'éducation nationale, de la santé publique à eux seuls ils représentent plus de 50% du personnel civil de l'Etat, suivi des Ministères de la sécurité publique, des Finances et du budget. Par conséquent l'application de ces ratios permet de mesurer, évaluer l'évolution de la masse salariale en fonction de l'accroissement du budget général pour une gestion saine, efficace, efficiente. La maîtrise de ces ratios permet aussi de comprendre et d'étudier la question de l'indexation et de l'évolution du coût de la vie sur le niveau général de l'inflation à court, moyen et long terme. A titre de comparaison et en regardant les tableaux et les textes ci-dessous, il est facile de comprendre le niveau de la masse salariale en valeur monétaire, du salaire brut mensuel moyen, le nombre des agents publics…du Tchad et ceux des autres pays. 

Aujourd'hui par le non-respect de certains ratios, l'accroissement de la masse salariale évaluée à 392 milliards FCFA a atteint 60% des recettes propres de l'Etat, estimées à 648 milliards FCFA en 2016. Or le ratio (masse salariale/recettes propres) recommandé même dans le cadre des directives de la CEMAC ne doit pas dépasser les 30%. En boucler la boucle, le Tchad ne possède pas un nombre élevé des agents publics y compris le personnel militaire comparé à sa population totale. Le salaire brut mensuel moyen est de 250.529 FCFA (avant la mesure de la réduction des indemnités) aussi faible par rapport à certains autres pays comme le Sénégal, le Gabon, le Burkina Faso, le Togo, le Niger, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, la Guinée Équatoriale...malgré la cherté de vie au Tchad, sans couverture sanitaire et sécurité sociale pour ses agents publics. Enfin, il est important de signaler que pour diverses raisons, les dépenses militaires du Tchad sont les plus élevées par rapport aux pays cités et autres. Ainsi son accroissement a atteint en 2009 le taux de 9% en pourcentage du PIB, c'est l'un des taux parmi les plus élevés au monde avant de descendre à 2,8% du PIB en 2016, un niveau comparable mais supérieur à celui de la France estimé à 2,3% du PIB (sources Banque Mondiale). Cela veut dire que le Tchad consacre plus que la France de sa richesse nationale pour les dépenses militaires( achat des armes, traitement des forces de défense et de sécurité, interventions militaires).En outre, ses interventions militaires à l'extérieur de ses frontières (Mali, Niger, Nigeria, Cameroun..), le Tchad a dépensé par ses ressources propres plus de 300 milliards de FCFA (propos du président Idriss Deby avec la presse française ) en deux ans sans compter les autres aides financières reçues et sans prendre en compte aussi les coûts d'amortissement des équipements militaires dont certains ont atteint leur taux d'utilisation et d'efficacité.

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