Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 Le président tchadien Idriss Deby Itno persiste et signe dans sa mauvaise gestion du pays et continue de gérer le pays comme une entreprise familiale. Visiblement, il n’est pas près de quitter le pouvoir et laisser le peuple décider librement son destin à un autre tchadien. Cette farouche détermination à vouloir s’éterniser au pouvoir, alors qu’il compte déjà 27 ans de règne, se manifeste par une intolérance notoire envers les opposants, les militants de la société civile, une traque inlassable des journalistes des médias privés et des journaux numériques. Le pouvoir bafoue les dispositions de la constitution en son article 12 qui reconnaît aux citoyens les libertés et les droits fondamentaux et leur exercice garanti par les conditions et les formes prévues par loi. On peut ajouter « les libertés d’opinion et d’expression, de communication, de conscience, de religion, de presse, d’association, de réunion, de circulation, de manifestations, et de cortèges sont garanties à tous » A force de saper les fondements démocratiques du pays, le nom du président Idriss Deby est cité partout parmi les dirigeants les plus autoritaires du continent. Cependant, Reporters sans frontières ne le qualifient pas encore de prédateur de la liberté de la presse et de l’information comme c’est le cas de ses homologues burundais, soudanais, érythréen, Zimbabwéen.  Mais Deby Itno n’est pas tendre avec les acteurs de la société civile et surtout avec les médias privés. Séquestrations, violences, trafic d’influence, intimidations, démonstration des forces armées,  de telle sorte que les conditions sont réunies en vue d’inculquer la peur à l’ensemble de citoyens. Mais certains acteurs de la société civile à l’exemple de Mahamat Nour Ahmed Ibedou de la CTDDH, des opposants comme Saleh Kebzabo de l’UNDR n’entendent pas se taire. Ils résistent et continuent de dénoncer les dérives d’un pouvoir antidémocratique.  La situation politique caractérisée par un blocage entre l’opposition et le pouvoir, l’emprisonnement d’un chef de parti, la crise financière sans issue, a conduit, le jeudi 03 août 2017, le chef de file de l’opposition, Saleh Kebzabo d’animer une conférence de presse de l’opposition politique, sis au quartier Chagoua à N’Djaména, dans le 7èarrondissement.

 

Saleh Kebzabo président fondateur de l’UNDR : « Les Tchadiens gardent dans leur mémoire le souvenir amer de l’élection présidentielle calamiteuse du 10 avril 2016 qui a abouti à un holdup up électoral sans précédent. Après avoir usé de tous les moyens de droit en leur possession, les six candidats et leurs alliés qui ont fortement contesté les résultats de l’élection ont, dans un élan patriotique, demandé l’organisation d’un dialogue inclusif, seul cadre approprié pour trouver des solutions idoines aux maux du pays. Fort de son « élection » qui a abouti à son investiture le 8 août 2016, Monsieur Idriss Déby Itno a retrouvé les vieux démons qui ont miné pendant 26 ans son régime : l’exercice patrimonial du pouvoir, le mépris de ses compatriotes et la volonté d’imposer un régime dictatorial. C’est ainsi que le pouvoir a mis en place un système de confiscation des libertés, par le muselage de la presse, l’interdiction des réunions et des manifestations et les arrestations arbitraires des acteurs politiques et sociaux. C’est dans cette logique qu’est intervenue la destitution suivie de l’arrestation, le 13 juillet 2017, de l’ancien maire de Moundou, Monsieur Laoukein Kourayo Mbaiheurem Médard. Cette vaste machination s’est déroulée dans des conditions illégales, et son arrestation, puis son maintien en prison, le sont tout autant.

La preuve en est qu’à ce jour, le pouvoir n’arrive toujours pas à réunir les éléments de preuve qui permettraient au juge d’instruction d’ouvrir son enquête. En attendant, notre ami croupit en prison dans des conditions inhumaines et humiliantes. Cette affaire du président de la CTPD est un message clair à tous les acteurs politiques et sociaux. M. Déby, aveuglé par 27 ans de pouvoir, ne lâchera pas prise, et éliminera par tous les moyens tous ceux qui constituent un obstacle dans la perspective de l’élection présidentielle de 2021 qu’il a déjà commencé à préparer. Et pourtant, le Tchad a d’autres défis à relever : l’unité nationale, la réconciliation, la paix, la corruption généralisée, l’impunité, la mauvaise gouvernance, le népotisme, la gestion patrimoniale, notamment. En réclamant à l’unisson un dialogue inclusif, les Tchadiens, toutes catégories sociales et politiques confondues, ont montré leur disponibilité à participer à la reconstruction de leur pays. Au lieu de cela, M. Déby a opté pour un simple et banal forum qui ne l’engagera pas. Quand il a créé un Haut comité chargé des réformes institutionnelles, les dés étaient déjà pipés, puisque le forum ad hoc est chargé de valider son programme électoral. Une simple lecture des termes de référence de ce forum est édifiante : il s’agit de perpétuer le pouvoir de Déby pour accroître les souffrances des populations. Avait-on besoin d’un forum quand il y a un gouvernement dont le programme est celui du candidat ? N’est-ce pas sur cette base que le gouvernement a reçu l’investiture de l’Assemblée nationale ?

Fidèle à sa réputation, Monsieur Déby Commenté [SK1]: 2 a donc opté pour des assises qui ne l’obligeront nullement, puisqu’il fera ce qu’il voudra de leurs conclusions. En la matière, les Tchadiens ont vécu à leurs dépens des expériences inoubliables : les conclusions de la Conférence nationale souveraine de 1993 jetées aux oubliettes et l’Accord politique de 2007 dépouillé de toute sa substance. Forts de ces expériences, les acteurs politiques et sociaux, y compris ceux de la majorité présidentielle, se sont largement prononcés pour un dialogue inclusif. Il en est de même des partenaires étrangers du Tchad, à l’instar des Nations Unies dont le Secrétaire général adjoint, Monsieur Jeffrey Feltman qui est venu le dire en juillet 2016 au président Déby, tandis que le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale, M. François Fall, a séjourné la semaine dernière à N’Djaména à cet effet. Il y a environ trois semaines, nous avons adressé au président Idriss Déby Itno notre « Plaidoyer pour un dialogue inclusif » que nous mettons aujourd’hui à la disposition de la presse. Ce document explique clairement les voies à suivre pour éviter à notre pays une catastrophe. Le moment venu, nous en ferons une présentation plus détaillée. Le contexte international actuel favorable au Tchad est un phénomène qui n’est pas durable. Expert dans l’art du court terme, le président Déby recherche frénétiquement de l’argent pour assouvir sa soif insatiable. Un Etat qui se respecte ne vit pas que d’amendes infligées aux opérateurs économiques.

Un Etat moderne ne vit pas de mercenariat en mettant son armée au service d’un homme qui en récolte les avantages : c’est le cas aujourd’hui au Mali et au Yémen, hier en RCA, au Congo, en RDC, et demain ? Il faut y mettre fin. Les revenus engrangés par l’exploitation du pétrole ont été en grande partie détournés par le clan présidentiel, dans l’impunité la plus totale. Contrairement à ses engagements d’alors, le président Déby a délaissé le monde rural qui croupit aujourd’hui dans la misère la plus grande. L’Administration tchadienne a cessé de fonctionner, la santé et l’éducation sont à l’abandon, les agents des forces armées et de sécurité sont traités comme des esclaves, les bourses d’étudiants sont supprimées et l’Etat, malgré le soutien extérieur, peine à remplir ses obligations régaliennes. Bref, comme il y a 40 ans, nous sommes revenus à un « Etat néant », à cause d’une gestion scabreuse du pays par Monsieur Idriss Déby Itno et ses proches. Pour toutes ces raisons, nous pensons que l’organisation d’un dialogue inclusif est une nécessité et un impératif qui s’imposent aux Tchadiens qui aiment leur pays. Il n’y a pas d’autre issue que celle-là : réunir les Tchadiens, toutes sensibilités confondues, dans un débat libre et ouvert. Les responsables de l’opposition politique s’inscrivent dans cette logique et prennent à témoin l’opinion nationale et internationale, qu’ils ne lésineront pas sur les moyens légaux dont ils disposent pour amener le gouvernement à y souscrire. Nous vous remercions »

DP Moussa T. Yowanga/ Réd-chef Ahmat Zéïdane Bichara

Partager cet article

Repost 0