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REGARDS D'AFRICAINS DE FRANCE

Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !

Tchad : « Docteur Adrien Beyom Malo peut-il (vraiment) faire mieux que Professeur Mackaye Hassan Taïsso ? ». Titre le Journal tchadien La Voix.

Photo de l'ATPE

Dans un article de presse écrit par le journal papier tchadien La Voix à moins d’une semaine du remaniement gouvernemental et dont notre Rédaction détient intégralement l’exemplaire depuis le mercredi 27 décembre grâce à Eric Mocnga Topona son correspondant spécial à Bonn en Allemagne, ces confrères ont choisi de le titrer en s’interrogeant : « Docteur Adrien Beyom Malo peut-il (vraiment) faire mieux que le professeur Mackaye Hassan Taïsso ? ». Qu’est-ce qu’ils appellent par faire mieux ? Pris sous cet angle nos confrères ont-ils déjà cloué au pilori Professeur Mackaye Hassan Taïsso ? Par extension, les autres ministres maintenus dans le gouvernement Pahimi sont-ils plus méritants ? Autant des questions qui taraudent notre esprit auxquelles une tentative de réponse s’avère être un exercice intéressant.

 

Ainsi, le journal La Voix qui a préféré signer cet article « La Rédaction » eut mis en exergue une première observation : « Grèves a n’en point finir ». Nos confrères expliquent que : « Suivies des manifestations dans les rues, et parfois de la destruction des biens de l'État (voitures) par des étudiants exaspérés par le désintérêt des autorités vis-à-vis de leur devenir. Dans des circonstances non élucidées jusque-là, un étudiant en 1ère année de droit à l'Université de N'Djaména a été fauché mortellement en 2015. Assane Massing, le fils du Gong de Gouing (un canton situé dans la sous-préfecture de Torrock dans le Mayo-kebbi ouest) aurait subi un tir d'un projectile de la police intervenue pour réprimer une manifestation d'étudiants. Il faut dire, les années académiques sont souvent si élastiques qu'un étudiant peut faire 5 ans pour obtenir une licence. Cet état de fonctionnement qui était le propre de la seule Université de N'Djaména a aujourd'hui gagné les autres universités. À l'Université d'Abéché ou à l'Université de Moundou, les deux plus grandes universités après celle de N'Djaména, depuis deux ans, l'année académique a du plomb dans l'aile ».

 

Plus loin encore nos confrères du journal La Voix ont écrit : « À travers les grèves, les étudiants réclament le paiement des arriérés de bourse ou des meilleures conditions d'études (transport, restauration, bibliothèques, laboratoires, accès à l'internet, amphithéâtres aux normes...). Ils veulent sortir des universités, aussi compétents et outillés que leurs amis du Cameroun, du Gabon ou du Congo Brazzaville. Ils n'ont pas tort, vu les exigences du marché d'emploi. Si l'actuel secrétaire général du parti au pouvoir, Mahamat Zene Bada, a lâché une fois en 2016 sur les antennes de RFI que les étudiants tchadiens étaient les mieux traités, les réalités des facultés sont contrariantes, et même choquantes. À cause de cela, il a été taxé d'irresponsable et ses propos qualifiés d'inepties par des internautes, surpris. Les grèves sont aussi le fait des enseignants et chercheurs du supérieur. Réunis alors sous la direction de leur corporation, ceux-ci débrayent régulièrement pour réclamer le versement des primes et indemnités de recherche (que recherchent-ils vraiment ?) ou encore et aussi les meilleures conditions de travail. C'est à ce rythme d'ailleurs que les facultés fonctionnent depuis toujours. Mais la situation semble s'empirer avec la crise financière et son corollaire de mesures d'austérité (suppression des bourses, augmentation des frais d'inscription à 50 mille, ponction des indemnités des enseignants...) »

 

Suivant la progression de leur article, ils rapportent que : « L'ex ministre de l'Enseignement supérieur, Professeur Mackaye Hassan Taïsso, exécutant la politique du gouvernement en faveur de l'Enseignement supérieur, est accusé, dans la foulée, d'avoir mal géré, plusieurs années durant, le département en charge de l'avenir des milliers des jeunes. Pour cela, il n'a pas une bonne opinion dans le milieu de la jeunesse et des universitaires. Son départ du gouvernement a toujours fait rêver. « Ouf ! », ont écrit plusieurs jeunes sur les réseaux sociaux ce 24 décembre après l'annonce du remaniement qui l'a vu partir du bureau de Sabangali. Mais est-ce réellement lui le coupable ? Disposait-il de la carte du changement ou bien était-il un juste méchant ministre qui ne défendait pas suffisamment la cause des jeunes ? En cette fin d'année 2017, il cède (enfin) la main à un autre universitaire, Docteur Adrien Beyom Malo. Cela fait plus de deux ans que l'ex secrétaire général du Mouvement patriotique du salut (MPS) ronge son frein à la maison.

 

Et la dernière partie est consacrée à la traversée du désert de l’impétrant et le passage en revue de ses forces et faiblesses susceptibles de l’aider dans ses nouvelles fonctions ou de lui jouer un sale tour à l’épreuve de la réalité du terrain : « Après avoir perdu doublement son poste de secrétaire général du MPS et du conseiller spécial du chef de l'État. Mais comme en 2012, la chance vient de lui sourire. Idriss Deby Itno a fait de l'ancien secrétaire général de l'Université de Moundou, le nouveau patron de l'Enseignement supérieur. Ceux qui le connaissent décrivent un homme positif et porté vers l'avenir. Il a souvent critiqué les dérapages et les intempérances au sein du parti dont il est l'un des membres fondateurs. Habitudes qui, selon lui, ne favorisent pas la bonne gestion des affaires publiques. Une attitude plutôt surprenante pour une huile du parti au pouvoir. Mais l'homme a aussi un côté pusillanime. Alors secrétaire général du MPS jusqu'en 2014, Adrien Beyom Malo avait souvent été accusé de mollesse ou de manquer d'autorité face à certaines situations. Trois ans au placard l'ont-ils fait changer ? Fera-t-il mieux que son prédécesseur ? Toujours est-il que c'est au pied du mur qu'on juge un maçon. Avec les grèves qui couvent partout dans les établissements publics d'enseignement supérieur, il aura de la patte à pétrir dès sa prise de service. On ne peut que lui souhaiter bonne chance ! Tout de même ».

Moussa T. Yowanga/Ahmat Zéïdane Bichara

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