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REGARDS D'AFRICAINS DE FRANCE

Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !

Sans rancune : « A quoi ça sert d'être président tant que les écoles sont fermées?» Question posée par Ted Kemison Jr, un jeune Tchadien

Question pertinente soulevée par monsieur Ted Kemison Jr sur les réseaux sociaux depuis le mardi 27 février 2018. C’est vraiment incontestable ! Qu’on le veuille ou non tous les ingrédients d’un soulèvement populaire sont réunis pour mettre hors d’état de nuire ce régime autoritaire et incapable de gouverner le pays dans la justice et le respect des institutions républicaines. Un tel soulèvement est déjà en marche d’une certaine façon sur les réseaux sociaux ? De Moundou à Faya en passant par Sarh, Am-Timan, Ati, Abéché, Mongo, N’Djamena la capitale et d’autres grandes villes où l’internet est accessible malgré la mise sous coupe réglée l’utilisation des réseaux sociaux par de nombreux internautes de plus en plus politisés et suffisamment conscients de leur avenir plus qu’incertain. Comparé aux habitants pervers et incrédules de Sodome et Gomorrhe châtiés par Dieu tel que le rapport le livre de Genèse au chapitre 18 verset 20 à 21, le gouvernement d’Idriss Deby Itno ne fait aussi qu’à sa tête malgré le lever de bouclier des forces vives de la nation. Le président Idriss Deby et son entourage se sont allégrement servis de la manne pétrolière et continuent d’ailleurs de saigner à blanc le paisible peuple tchadien dont le seul tort est d’avoir laissé prospérer une bande des mafieux impitoyable et cupide dirigée un pays si riche et stratégique. On a l’impression qu’on soit arrivé aujourd’hui à un niveau où le président tchadien se dit au fond de lui : « Que les Tchadiens meurent ou qu’ils vivent, ce n’est pas mon problème tant que mon clan, ceux qui sont à mon service et moi-même se servons copieusement de l’argent du pays à la manière des caisses familiales »

Et courageusement les Tchadiens sont en train de vivre avec cette profonde crise financière délibérément provoquée par une gouvernance astucieusement cynique et dévastatrice pour le pays. Il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux pour tomber sur des écrits décrivant originalement cette réalité, comme cette réaction provenant de monsieur Ted Kemison Jr qui se sert d’un style poétique pour exprimer sa colère : « A quoi ça sert ! A quoi ça sert d'être Président de la république et incapable de résoudre le problème des étudiants ? A quoi ça sert d'être président et que les citoyens crient famine ? A quoi ça sert d'être président et qu'il y ait d'arrestation et des morts causé par les agents de la sécurité publique chaque jour ? A quoi ça sert d'être président et que les citoyens meurent par des armes ? » A quoi ça sert d'être président et que les écoles sont fermées ? A quoi ça sert d'être président si on n'est pas aimé par sa population ? A quoi ça sert d'être président et incapable d'employer 52 000 jeûnes diplômes sans emploi ? A quoi ça sert d'être président et de voyager chez les autres pour emprunter de fonds pour le plan de développement national, A quoi ça sert d'être président et de transformer une république en clan, A quoi ça sert d'être président et de rester au pouvoir à vie quand on sait que tout âme coûtera la mort ? A quoi ça sert d'être président et incapable de construire un centre de culture destiné aux activités culturelles ? A quoi ça sert d'être président et incapable d'organiser la coupe d'Afrique chez soi, ni coupe de basket-ball, ni coupe de volley-ball ? A quoi ça sert d'être président et que des simples citoyens t'adressent leurs lettres de doléances ?»

Magistralement, monsieur Kemison enfonce le clou en dénonçant les multiples promesses souvent non tenues de la part du président tchadien Idriss Deby Itno et son gouvernement. Et le peuple n’a-t-il pas raison de se révolver ? Evidement oui, puisque les Tchadiens ne seront pas les premiers à engager un divorce politique avec ceux qui gèrent le pays comme une entreprise familiale. Rappelez-vous du printemps arabe et Burkinabé ayant balayé d’un revers de main l’ex-président tunisien Zine El-Abdine Ben Ali du pouvoir le 14 janvier 2011 après 23 ans de règne, l’ancien président égyptien Hosni Moubarak renvoyé du pouvoir au début de l’année 2011 à l’âge de 88 ans, lui qui régna d’une main de fer sur l’Egypte pendant 30 ans. Enfin il y a Mouammar Kadhafi, le « Guide de la révolution» de la Jamahiriya arabe libyenne et dirigeant de la Libye de 1969 à 2011, assassiné le 20 octobre 2011 à Syrte, deux mois après la prise de pouvoir par le Conseil National de Transition(CNT). Et du côté de l’Afrique, mentionnons le départ inattendu de Blaise Compaoré qui fut poussé son peuple le 31 octobre 2014 après 27 ans au pouvoir. Enfin, le monde n’oubliera jamais la démission le 18 novembre 2017 de l’ex-président zimbabwéen âgé de 93 ans, Robert Mugabe après 37 ans de pouvoir. Qui sait donc un jour le peuple tchadien pourra à son tour créer l’exploit, de faire partir pacifiquement grâce à une révolte populaire l’actuel président Idriss Deby Itno qui se croit inamovible ? Le petit David de l’histoire biblique n’a-t-il pas vaincu le colosse Goliath ? Qui donc est plus fort que Dieu ? A méditer !

Moussa T. Yowanya/Ahmat Zéïdane Bichara

 

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