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REGARDS D'AFRICAINS DE FRANCE

Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !

Sans rancune : «La vendetta, une pratique moyenâgeuse de prépondérance et de pratique Zaghawo-Gorane ! », information donnée par le Coup de Badangaï 335, du Tchadien Djiddi Ali Sougoudi, médecin de son état.

Dans beaucoup de pays du monde et plus particulièrement ceux d’Afrique, la gestion des conflits continue de leur poser d’énormes problèmes. Souvent, l’Etat semble parfois attisé des divisions entre les membres des différents groupes ethniques qui peuplent son pays pour mieux régner. Prenons simplement en exemple celui opposant les Cultivateurs aux Éleveurs ou celui de vols de bétails où pratiquement depuis l’accession de beaucoup de pays africains aux indépendances, ces problèmes cités n’ont pas eu de façon déterminée et radicale avec toute impartialité des solutions provenant de la part de l’Etat. L’Etat ou le régime en place y joue souvent au cache-cache pour attiser la haine et la division au profit du doute et parfois il s’y range complètement vers les plus forts ou vers son ethnie à lui pour mieux écraser ceux qui lui paraissaient ou paraissent d’ailleurs trop bavards ou gênants.Et c’est dans cet optique que le Coup de Badangaï 335 du Coordinateur National de Lutte contre le Paludisme au Tchad vient donner un coup de pouce dans la cherche de la vérité par les Tchadiens conscients du manque de la gestion réelle des conflits entre les populations partageant un seul territoire ou un seul pays comme les Goranes et les Zaghawas ,ces deux ethnies du grand désert tchadien. Monsieur Djiddi Ali Sougoudi n’a pas tord de titrer son Coup de Badangaï 335 :« La vendetta, une pratique moyenâgeuse de prépondérance et de pratique Zaghawo-Gorane ! »

Laissons-le lui d’ailleurs la parole. Le Coordinateur National du Programme de Lutte contre le Paludisme au Tchad parle : « Dans le discours du président Idriss Deby Itno lors de la promulgation de la 4e République, lez Chef de l’Etat a insisté sur l’abrogation ou l’élimination de cette pratique moyenâgeuse et anticonstitutionnelle. La vendetta se définit comme cette pratique de se rendre justice soit même. Au Tchad, trois grandes communautés raffolent cette pratique obscure, injuste et rendue illégale par l’islam et par la constitution: les Zaghawa, les Goranes et les arabes sont les trois communautés qui s’adonnent allègrement et gaiement aux meurtres pour venger les leurs. Ne pas se rendre justice soi-même est synonyme de faiblesse et d’inaptitude qui appelle la honte et le mépris par les autres parents et voisins. Exemple: dans mon Ennedi natal, voici une histoire vraie vécue sur cette terre d’orgueil: un jeune homme rendait visite à sa petit-mère (tante maternelle) éplorée par l'assassinat de son fils par un quidam. Perché sur son méhari le neveu s’approchait du campement quand sa tante en deuil le vit. Celle-ci, entrain de piler du mil, suspendit son pilon dans les airs et tança son neveu en criant et hurlant: Ne viens pas me saluer et ne t’approche pas de moi tant que l’assassin de mon fils et donc de ton cousin se coule la vie douce, mange et respire dans son refuge inconnu. Éloigne-toi de moi!!!Le neveu de la femme endeuillé retourna sur ses pas et disparut dans la nature. Une semaine plus tard, il revint vers le campement de sa tendre tante bien-aimée. Arrivé au seuil de la porte de sa tante, sans descendre de sa monture, le neveu mit sa main dans un sac en peau au flanc de son méhari et extirpa une tête sanglante et en début de putréfaction. C’était la tête de l’assassin du fils de sa tante. Il venait de laver l’affront tant redouté. La tante décida enfin de bien accueillir son neveu, heureuse d’avoir été vengée de la mort de son fils par son neveu qui reçut d’elle tous les honneurs. Imaginez-vous combien la vendetta perpétue la sauvegarde de l’honneur d’une famille, d’un clan ou d’une tribu, même par des actes de barbaries inouïes. Mêmes les femmes poussent les hommes à des violences inouïes et macabres ».

C’est à peu près la même chose dans ce paragraphe suivant. On peut dire même que ce n’est qu’un enchaînement d’idées. Djiddi Ali Sougoudi continue : « Cependant toutes les ethnies du Tchad ne sont pas exemptes de cette pratique illégitime. Dans certaines régions du Sud et Centre du Tchad, le lynchage d’un être humain est vite organisé, même si cet humain est coupable d’avoir écrasé un poulet ou un cochon par inadvertance ou par accident. Il paraît que les Massa de Bongor sont aussi les adeptes de la furie et meurtre de foule, même après un accident de route écrasant un goret, lynchant le coupable à coups de massues, de gourdins et de pierres. Dans certains quartiers de Ndjamena, la capitale, des sauvages continuent de se rendre justice par d’actes de vendettas pures. Dans certaines ethnies du Ouaddaï, un homme allogène soupçonné de vol est vite tué, sa dépouille mise en mini-morceaux et partagés entre autochtones du village, un rituel macabre pour mieux cacher leur forfait, comme pour rendre le crime partagé par tous. Dans le même Ouaddaï, les arabes chameliers ont la tuerie facile, dégustent le massacre de masse pour venger un berger tué par la flèche d’un agriculteur fâché ou survolté pour un épi de maïs ou de mil dévoré par un chameau errant. Parfois l’agriculteur autochtone s’acharne sur l’animal sans garde en le tuant (vendetta sur animal?) ou en le blessant ou en lui ligotant la gueule pour le faire périr par inanition, un supplice condamné par l’islam mais pratiqué par des supposés musulmans .Les éleveurs usent et abusent des armes de guerre contre des agriculteurs surarmés aussi et contents de provoquer toute caravane qui passe dans un prurit qui appelle le sang et par le sang ».

Sans en cacher un mot pour parler de ce conflit, ce médecin de son état démontre bien les raisons pour lesquelles il borde ce sujet et l’intérêt que cela pourrait susciter en politique ou autre comme débats : « Les Tedas du Tibesti sont le seul peuple qui codifia la vengeance depuis plusieurs siècles: le tueur est chassé du village mais pas sa famille ni ses proches parents. Un assassin en fuite et caché dans un maquis n’est même pas recherché activement comme partout ailleurs au Tchad et n’est tué que s’il revient pour narguer les ayant-droits de sa victime. C’etait Dirdé Chahaï qui codifia il y a deux siècle cela pour éviter le désordre social créé par les crimes d’antan. Ce grand Chef de Tibesti avait même volontairement laissé fuir l’assassin de ses deux propres fils tués en une seule soirée. Pour faire échapper l’assassin, ce grand chef émérite prêta son propre cheval fougueux au criminel afin que ce dernier puisse s’en fuir. Quand le criminel vint demander protection auprès du chef dont les deux fils étaient massacrés par le même assassin, le chef fut abasourdi par la situation et la triste nouvelle dans sa famille. La mère de deux tués, épouse du Chef, lui dit: « la seule créature qui donne un coup de sabot quand on cherche sa protection est l’âne. Or, Dirdé, tu n’es pas un âne... »! Revenu à lui et écoutant la sagesse de sa femme, Dirdé Chahaï donna son cheval au criminel pour qu’il fuit ».

Natif du grand désert tchadien, docteur Djiddi Ali Sougoudi semble bien maîtriser ce sujet ou ce domaine des conflits. Étonnement il termine son analyse ou sa réflexion avec des explications assez convaincantes,voir vraies : «  Plus tard, le Dirdé Chahaï, apprécié de son initiative par sa communauté, disait: « dans la vie, rien ne remplace une épouse sage et un cheval fougueux. Je dois ma renommée à ma brave et sage épouse mais aussi à mon étalon qui put semer les poursuivants qui voulaient achever l’assassin de mes progénitures »!!!Les Tedas de Gouro et du reste de l’Ennedi, tout comme les Bideyates, les autres clans (Gaeda, Mourdia, Anakaza, Doza...) et les Bilia (Béri) pratiquent encore et de plus belle Cette pratique odieuse. Ces communautés sont capables de massacrer un ou plusieurs innocents pour venger un seul de leur tué accidentellement ou sciemment. Ces peuples tchadiens font la politique de la terre brûlée en pourchassant toute la famille et collatéraux d’un assassin, dans un excès d’actes répréhensibles parfois pires qu’un assassinat. Ces ethnies sont les cancers sociaux qui ignorent l’article 226 de la constitution actuelle qui stipule: Article 26 : La peine est personnelle. Nul ne peut être rendu responsable et poursuivi pour un fait non commis par lui.cet article est foulée au pied et les innocents sont visés à la pure jalousie parfois et par amertume du cœur. Ces communautés prient mais ignorent les interdits de l’islam car l’islam Prévoit le feu à tout criminel et parfois la victime est destinée aussi au feu de l’enfer si celle-ci avait l’intention de tuer avant d’être tué. Nos tribus-là se laissent aller en dés colères folles qui déstabilisent leur propre vie en communauté. Leurs traditions orgueilleuses et en contradiction avec l’islam et la constitution les poussent aux abus et au vandalisme. Pour une vie juste et équitable en société, il faut bannir tous ces codes et us surannés, moyenâgeux et odieux. Avec la responsabilisation des chefs de canton dans la 4eme République, il faut organiser un grand congrès de chefferies traditionnelles pour interdire tout acte de vendetta. Tout crime mérite réparation par la justice et les Loïs du pays. Et pour cela il faut aussi redresser notre justice tant corrompue et sans force à la loi ».

Ahmat Zéïdane Bichara

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