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« Il ne reste rien de l’histoire de Françoise Claustre, ethnologue et archéologue, directrice de recherche émérite au CNRS, décédée depuis le 3 septembre 2006. Kidnappée en 1974 et détenue pendant 33 mois au Tchad par le chef des rebelles nomades, Hissène Habré (président de son pays de 1982 à 1990). Mais tout cela n’est qu’un simple détail de l’histoire  », disent les uns. « Tant que Hissène Habré est vivant bien qu’il soit à Dakar loin du Tchad, on se souviendra toujours de l’affaire Claustre », soutiennent d’autres. « Tant qu’il ya des écrits, rien ne disparaît. Nous avons un département d’histoire à l’université du Tchad », argumente un intellectuel tchadien. « Pourquoi l’otage de l’ethnologue et archéologue française nous intéresse-t-elle encore ? », se demande un étudiant Centrafricain d’origine tchadienne. « Un peuple sans histoire est un peuple sans âme », remarque Elikia Bogolo, l’historien et chercheur Congolais (RDC).


Combien d’autres réactions aurons-nous encore du public tchadien et des personnalités étrangères dont leur histoire est liée au peuple tchadien ? Toutes ces réactions sont intéressantes et ont un sens dans la vie actuelle et quotidienne des tchadiens du pays et de la diaspora éparpillée partout dans le monde. Mais celle qui retient plus notre attention est celle de cet étudiant centrafricaine qui se demandait en quoi un événement ancien a encore son importance dans notre vie actuelle.  


Il est intéressant dans la mesure où il rejoint avec une autre façon de voir les choses, Elikia Bogolo qui pousse des gens à souvent réagir et à se justifier si oui ou non, un peuple a une histoire et donc a son âme. Aujourd’hui, quel peuple n’a pas une histoire et donc n’a pas son âme ? Même les descendants des  anciens esclaves  comme madame Michelle Barack Obama, la première dame des Etats-Unis, madame Taubira, députée et femme politique de Guyanne,  Félix Eboué, guyanais et ancien gouverneur du Tchad à l’époque coloniale, le défunt Aimé Césaire, écrivain et homme politique martiniquais ont respectivement une histoire, puisqu’elle est définitivement écrite et enseignée.


Les tchadiens ont donc une histoire et gardent jalousement leur âme. Certains se montrent même fiers de l’être.  L’histoire de Françoise Claustre, ethnologue et archéologue, directrice de recherche émérite au CRNS, décédée le 3 septembre 2006 fait bien partie de l’histoire du peuple tchadien, puis qu’elle est définitivement intégrée dans les programmes d’enseignement secondaire et supérieur.

La politique tchadienne d’hier et d’aujourd’hui ne pourra  aussi pas l’effacer à travers les relations qui lient le Tchad à la France. Tout passe, mais les écrits restent.


Tout est important et la politique française a une place pour tous les événements importants et les conserve dans des fichiers tenus secrets par la direction chargée de la documentation.  Et d’ailleurs, c’est à partir de chaque événement d’hier et d’aujourd’hui que l’on juge et entretien des réactions diplomatiques où les aides financières sont accordées à chaque pays pauvre et particulièrement africain.  

Selon un ancien agent des renseignements français, toute politique dépend essentiellement de l’attitude de révolte  ou de  soumission  d’un peuple.

Il révèle que même les diplomates en poste  à l’étranger  reçoivent une formation sociologique et psychologique relative à la culture ou la civilisation de la population de ce pays.  Il finit par  attraper  une blague en disant que le peuple tchadien qu’il nomme affectueusement  « les moustiques folles et agressives d’Afrique » ne se soumet pas facilement à la France et c’est pourquoi la politique de nos dirigeants se traduit par  des rapports chargés d’anciens souvenirs coloniaux de « père-fils », « dominant-dominé », « riche-pauvre », « noir et blanc » qu’ils appliquent un peu partout au Rwanda, dans les deux Congo, au Cameroun etc.

Selon cet ancien agent des services  de renseignements français, même si les Tchadiens ont l’air d’oublier  ce qui est convenu d’appelé « l’affaire Claustre », les dirigeants français ne l’oublieront jamais. Ils considèrent cela comme un affront voire une humiliation surtout venant de la part d’un certain  Hissein Habré, qu’ils ont eux-mêmes formé  à l’école supérieure des sciences politiques (Sciences-po) de Paris.  En outre, ils lui en voulaient  pour son nationalisme, son franc-parler, son charisme et son refus de se laisser dicter sa politique de l’extérieur.  Enfin, cet  agent des renseignements français révèle encore que les Tchadiens du nord-est, d’ouest, du centre et de l’est à dominance musulmane sont beaucoup plus surveillés que ceux du Sud-est majoritairement  chrétiens et animistes.


Beaucoup de français ont eu peur du 1er groupe des tchadiens  à cause de leur manque de maîtrise et d’un usage très facile du poignard en cas de simples altercations. « Ce sont des potentiels criminels et  des révoltés en puissance. Ils n’acceptent guère les remarques et les contradictions et  s’enferment sur eux-mêmes, refusant ainsi la culture des autres et surtout celle des français. Alors que  ceux du sud, sont en général dociles, soumis aux blancs, un peu naïfs et  peureux. Ils dissimilent leur colère et ne répondent jamais non à un blanc constate notre agent des renseignements français.   


Ainsi, dès qu’un tchadien fait une demande de visas pour la France auprès d’une  ambassade française à l’étranger, on engage une enquête sur sa personne pour pouvoir le classer dans l’une ou l’autre catégorie notamment des gens contestataires à surveiller de près ou  des gens  dociles. Même le statut des réfugiés est accordé grâce en partie  aux renseignements fournis par la banque de données sur les personnes d’origine africaine.

 Ce travail a été réalisé par des chercheurs français bien avant la fin de la colonisation  et encore aujourd’hui  par d’autres relais sous forme de coopérations diverses. Ils poursuivent  ces études pour mieux connaître les noirs d’Afrique et surtout les originaires des pays où les affrontements ethniques et militaires sont fréquents.  En somme, tout événement a donc son importance  car il peut avoir d’impacts socio politiques, économiques, culturels, voire mêmes les simples relations entre les peuples

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