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A chaque fois que François Bozizé  de la Centrafrique (62 ans, au pouvoir depuis mars 2003, soit six ans), le Camerounais Paul Bya ( 76 ans, au pouvoir depuis 1982, soit vingt-six ans et demi), Omar Bongo du Gabon( 73 ans, au pouvoir depuis décembre 1967, soit un peu plus de quarante et un ans), le Tchadien Idriss Deby Itno ( 57ans, au pouvoir depuis décembre 1990, soit un peu plus de dix-huit ans) et enfin l’Equato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo(67 ans, au pouvoir depuis 1979, soit trente ans) se confient aux médias internationaux et particulièrement à Radio France Internationale(RFI) pour vendre eux-mêmes les images de leurs pays respectifs ou pour vanter leurs mérites, ils déclenchent une colère en sourdine  de la part des médias locaux et plus particulièrement des médias publics.


Les journalistes de ces médias  se sentent très  négligés à tel point que certains se posent même des questions sur leur travail de conscientisation et d’éducation de leurs populations. Certains vont jusqu’à mettre en doute la crédibilité de leurs prestations de service. Mais tous finissent par se résigner en se contentant d’enregistrer les déclarations de leur Chef d’Etat pour les diffuser, à leur retour, sur les antennes de leurs radios et  télévisions nationales ou  dans les colonnes des agences de presse. 


Les journalistes des médias privés quant à eux voient ce traitement de leurs confères des médias publics comme la conséquence logique de leur dépendance et de leur aliénation aux pouvoirs publics dont ils sont les employés. A Contrario, ils se félicitent d’être à l’abri de ces contraintes en leur donnant la possibilité de critiquer  les actes et faits des Chef d’Etats. De ce fait, ils sont  même taxés d’être des  médias des partis d’opposition dans la mesure où ces journaux ou radios, appartenant parfois à des chefs des partis politiques d’opposition s’installent dans un dénigrement systématique.

Les affirmations de ces médias qui s’apparentent à du lynchage sont presque subjectives dans  la mesure où les informations mises à la disposition du public souffrent parfois d’un manque réel de crédibilité. Mais la question centrale  qui taraude notre esprit reste posée : pourquoi certains présidents africains  refusent-ils de  se confier aux médias locaux 

D’après le tout nouveau chef du bureau Afrique des Reporters Sans Frontières, Ambroise Pierre, si certains chefs d’Etat africains refusent de se confier aux médias locaux  ce n’est que par négligence et ils savent aussi qu’en se confiant ils n’auront pas les mêmes retombées que s’ils le font avec les journalistes internationaux.

Selon Ambroise Pierre, les déclarations ou les positions du gouvernement, à travers les journaux et radios locaux sont souvent relayés par le   premier ministre ou par  le  porte-parole du gouvernement.  Ambroise refuse par ailleurs de se prononcer sur la qualité des médias africains et surtout Tchadiens dans la mesure où il vient d’être nommé à la tête du bureau Afrique des RSF.


Toutefois il affirme avec beaucoup de détermination que les présidents africains veulent eux-mêmes vendre les images de leur pays respectif voire du continent à travers les médias internationaux au lieu de confier la tâche à d’autres responsables comme les ministres. Ils veulent être l’avocat de leurs dossiers. C’est clairement un problème de calcul politique car ils espèrent récolter directement les retombées médiatiques.

C’est exactement ce qu’avait fait Idriss Deby, le 6 février 2008 lors de sa dernière conférence de presse qu’il a accordé aux médias internationaux juste après l’attaque du 2 et 3 février 2008, qui a vu les forces rebelles arriver aux portes de la résidence présidentielle avant qu’ils ne soient repoussés après de violents affrontements nourris des tirs d’armes lourdes et de bombardements d’hélicoptères pilotés par des pilotes étrangers au cours duquel on note  d’importants matériels détruits et  de nombreux morts.

  
Le chef du bureau Afrique des RSF conteste catégoriquement certaines affirmations des journalistes locaux qui taxent  les médias internationaux comme la RFI ou la BBC  des corrompus ou encore faisant la part belle aux présidents africains à cause des pressions des autorités politiques de leurs pays. « RFI comme d’autres médias similaires  sont indépendants et agissent en toute liberté. Ils ne reçoivent des leçons d’aucun chef d’Etat européen.

 Ils font un travail libre et professionnel », a-t-il conclu en insistant qu’il ya même des journalistes de  RFI qui ont posé des questions pertinentes et gênantes au chef d’état nigérien devant Nicolas Sarkozy sur l’éventuelle modification de leur constitution pour lui permettre de briguer  un autre mandat présidentiel.

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