Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 16:03

 

 (Ahmat Zéïdane Bichara-Prix Lorenzo Natali) : Autrefois, le Roi des Humains commandait également à l'ensemble du règne animal. Tout allait pour le mieux, hommes et bêtes entretenaient les meilleurs rapports du monde, car tous étaient végétariens: inutile donc de s'en prendre aux autres espèces pour se nourrir.Les traversées de territoires et les divers déplacements de population s'effectuaient sans heurt, car le Roi était impartial et juste. Le monde ignorait le racisme, le clanisme, et le Roi n'aurait jamais eu l'idée de privilégier ses semblables au détriment des bêtes.Tout être vivant ayant du prix à ses yeux, celui qui commettait volontairement une faute grave était condamné par une loi, qui était la même pour tous, à des travaux d'intérêt public. Le Roi n'était pas corruptible: il était le seul à gouverner et tout lui appartenait. Mais il se montrait si attentif à ses sujets que chacun avait de quoi vivre par son travail.Le monarque veillait  comme une sentinelle et la bonne gouvernance régnait. Les morts étaient toujours enterrés en présence du roi et de deux représentants des animaux, l'éléphant et le lion. Les décisions étaient prises au cours d'assemblées générales réunissant les sages des deux règnes, humain et animal. La population était ensuite informée des résultats de leurs délibérations au cours de réunions hebdomadaires. Cela dura des siècles, jusqu'au jour où le fils d'un homme tomba sur le cadavre d'un gigantesque buffle -le représentant le plus laborieux, le plus brave, le plus intelligent et surtout le plus sacré du règne animal, qui imposait le respect aux chefs  eux-mêmes. L'homme s'approcha de la carcasse et l'examina. Il s'en écarta un peu pour réfléchir, puis, poussé par une pulsion irrésistible, revint vers le buffle et se mit à le dépecer. Après des heures d'hésitation, il rentra chez lui chargé de provisions, jusque là inconnues même des sages et des anciens.  Les animaux ne furent pas longs à réagir, et traitèrent le fils de l'homme de cannibale.  S'ensuivit une révolte générale, sonnant le glas de la vieille cœxistence malgré les tentatives de conciliation du Roi  -qui restèrent lettres mortes. Les premiers animaux sauvages à se couper du groupe des humains furent les hyènes et les loups, et leur départ fut tragique, car ils ne quittèrent villages et quartiers qu'après avoir sauvagement attaqué les enfants des chefs. L’hyène avait d'ailleurs toujours fait preuve d'un caractère impulsif. Du fait de son avidité extrême, elle créait des problèmes partout où elle passait. Elle était par contre très dévouée, bonne animatrice de quartier et siégeait en bonne place dans la cour du chef. Son assurance naturelle, si elle lui valait parfois des sanctions, faisait également d'elle un très bon crieur public. Quant au loup, il était depuis toujours l'éternel révolté, l'éternel insatisfait. S'il jouait chez les animaux le rôle d'économe et de gestionnaire, il n'en restait pas moins le plus sournois et le plus agressif. Craintif devant l'autorité, le loup faisait preuve de soumission devant les hommes tout en présentant une particularité : n'ayant jamais vraiment accepté la cohabitation avec le genre humain,  il restait sur ses gardes et ne dormait jamais la nuit. Le décès du benjamin du chef souleva  l'indignation de tous les hommes, qui organisèrent une gigantesque manifestation bloquant pendant douze jours et douze nuits les artères de toutes les grandes villes. Un petit groupe de manifestants, hélas très minoritaire, demandait que les deux règnes fassent la paix et passent l'éponge sur les récents événements, tout en exigeant que les responsables soient tout de même sanctionnés et privés pendant deux semaines de sorties nocturnes et de matchs de football.   Mais l'éléphant et le lion - représentants des animaux auprès de la chefferie- prirent hélas le parti du loup et de la hyène. Pour aggraver les choses, des éléphants dévastèrent sciemment des milliers d'hectares de cultures appartenant aux proches du chef, avant de quitter pour toujours le pays des hommes. Ce forfait acheva de consommer le divorce entre les deux règnes. L'heure de la guerre civile avait sonné et ce fut l'escalade: les propriétaires des cultures détruites massacrèrent les éléphants fautifs, près d'une forêt dense où s'étaient regroupés les premiers animaux dissidents. A la suite de cette tuerie, les hommes rentrèrent au village chargés de viande d'éléphant en grande quantité. Pour la première fois de leur vie, et après une première réaction de dégoût, leur chef goûta à la chair de ceux qu'il avait été jusque chargé de gouverner et de protéger. Apprenant la mort de leurs délégués, tous les animaux sans exception furent saisis de rage et de désespoir -y compris le chacal et la biche, qui hésitaient jusque là à regagner une brousse qu'ils savaient désormais dangereuse pour eux. Seuls restèrent parmi les hommes les animaux aujourd'hui dits " domestiques " : la plupart, à la suite de divers délits, se trouvaient dans des prisons de haute sécurité au moment de la déchirure entre le genre humain et le règne animal. Faute d'être informés des événements extérieurs, ils ne purent y prendre part. Ces animaux prisonniers remarquèrent pourtant assez vite un changement notable dans leur nourriture : à la place des traditionnels légumes, on leur servait désormais la chair de leurs semblables. Lorsque les derniers détenus furent enfin libérés, il était bien trop tard pour eux. Ils ne purent jamais regagner la brousse, et les hommes se mirent peu à peu à les voir comme des créatures susceptibles d'être dressées, et surtout de travailler pour eux.Si ces animaux domestiques, dont certains, comme le chien, étaient désormais carnivores, se montraient dociles, aucun n'avait oublié le crime commis par le fils de l'homme.  L'homme depuis ce temps-là ne sait jamais très bien comment se comporter vis-à-vis  de  ses anciens frères: Tantôt l'animal lui fait peur, tantôt il a confiance en lui et agit en vrai compagnon. Mais le changement de nourriture a été irréversible: le fils de l'homme trouve toujours succulente la viande des animaux, et l'a définitivement intégrée à son menu quotidien.

 

Par Ahmat Zeïdane Bichara
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 16:00

 

 (Ahmat Zéïdane Bichara-Prix Lorenzo Natali 2006) :  Une semaine après leur révolte, l’ensemble des animaux ayant réussi à claquer la porte pour se séparer définitivement des humains qu’ils accusent des cannibales, des sorciers et des ogres, décidèrent donc de se retrouver en assemblée générale pour se reconstituer et pour la mise en place d’un état indivisible, indépendant, démocratique et décentralisé avec surtout une autonomie de gestion. Ce fut pour la première fois dans la vie animale qu’on a pu voir la présence remarquable des mammifères à grand nombre. Il y avait donc les ovipares qui étaient déjà depuis ce temps ancien comme les plus remarquables des citoyens de la forêt. D’autres portaient les noms étranges petits animaux recouverts d’une épaisse fourrure laineuse. Il y avait également des mammifères à poche ventrale ou des marsupiaux, des mangeurs d’insectes, des mammifères volants comme les Chauves-souris, des planeurs, des supérieurs, des mammifères à pattes-nageoires comme les lions de mer ou les ours de mer. Tout ce beau monde était invité par leurs amis mangeurs de chair comme le Lion, le  Tigre, le Léopard, les grands félins, la Panthère des neiges, le Jaguar, etc. Quant aux mammifères ongulés  comme le Phacochère, le Sanglier, l’hippopotame ont décidé pour leur part d’envoyer une lettre d’invitation au chameau et à leurs très proches parents les lamas grâce aux mammifères volants qui avaient pu déposer cette lettre pendant une grande nuit obscure, sans étoiles et sans lune sur un territoire humain sans que personne en aperçoive l’être traversant l’espace terrestre ou aérien. D’ailleurs, le chameau et sa suite étant définitivement esclaves de fils de l’Homme ne pourront plus jamais prendre part à cette extraordinaire rencontre. Après leur emprisonnement qui dura des jours et des nuits, le fils d’Adam et d’Eve avaient décidé de les dompter à son service. La porte fut donc définitivement fermée. L’absence du chien était surtout ressentie dans la famille du chacal et du Loup. Il fut, avant qu’il ne soit en prison, un indiscutable et redoutable organisateur de fêtes et de rencontres. Il avait une grande connaissance en la matière et surtout dans un domaine touchant la communication. Il avait été formé à l’école du Chacal et du Loup pendant qu’ils partageaient encore une vie commune avec les humains. Malgré l’opposition radicale et farouche de la lignée du lion et celle du Léopard à toute décision visant à favoriser l’accession au pouvoir de la tribu des Eléphants, le grand cheikh de l’ethnie du Chacal et celui du Loup avait demandé à l’assemblée générale d’observer une minute de silence en mémoire de tous les martyrs tombés au champ d’honneur, abattus par les humains pendant la grande et inoubliable période de révolte. Après quelques secondes de concertations entre le Buffle qui dirigeait le gouvernement d’union de transition et les autres membres de son gouvernement comme l’autruche, le kangourou, le Lapin, le Lièvre, le daman des rochers, le Capucin à tête noire, l’écureuil souris, l’Orang Outang, le Babouin, l’Oryx de Tanganyika, l’Antilope royale, la décision avait été respectée par la majorité. Seuls le lion, le Léopard la Panthère et leurs alliés comme les Lamantins, le Céphalophe, le Guib, l’Oryx d’Arabie, le Lapin d’Europe, Tatou Poilu, Tamanoir, Pika, macaque à longue queue, Rat, Kangourou, Marmotte givrée, l’Ecureuil souris à poche, Rat à groin, Rat de sables, Otarie de Californie, Singe hurleur, avaient refusé de s’y soumettre. Par cet acte de désobéissance civile, le Lion et le Léopard visaient plutôt à boycotter l’assemblée générale afin que les élections municipales, législatives et présidentielles n’aient pas lieu. Ils exprimaient dans un premier temps leur mécontentement du fait que ça soit le Buffle qui assume provisoirement le rôle du roi animal. Et en un second lieu, le Lion et son ami le Léopard murmuraient un coup d’état pour destituer le Buffle et accéder au pouvoir. Car, le Buffle était toujours considéré par le Lion et le Léopard comme un chef qui n’a aucune maîtrise de responsabilité, un véritable anarchiste qui ne devait aucunement gérer même pour un laps de temps la destinée de la République. Le Lion et le Léopard bénéficiaient de l’aide du Serpent, de la Mante religieuse et du Scorpion, les grands mercenaires de l’époque. Pourtant la majorité murmurait plutôt d’élire l’Eléphant ou la Girafe comme futur président et proposait un portefeuille du ministre de la défense, des anciens combattants et des victimes des guerres, au Buffle. Le Porc-épic, le Sanglier et le Cochon qui chacun représentait un groupe, ont ouvertement exprimé leur désir de soutenir la candidature de l’éléphant. Il faudrait souligner aussi que l’éléphant assurait depuis un certain temps le rôle du président d’honneur pour son esprit doux, sa présence que nul n’ignore, surtout son esprit de guerrier incontournable. Sa présence était toujours applaudie par ses militants et supporteurs. La protestation du Lion et du Léopard était donc si violente que le Buffle avait décidé de suspendre cette assemblée générale à une date ultérieure pour éviter toute situation fâcheuse. Mais, les choses avaient grièvement évolué et avaient pris une autre tournure que le lion et le Léopard avaient décidé de se retrouver à huis clos sous l’égide de leurs mercenaires dans la nuit qui suit l’assemblée générale pour organiser leur stratégie. Il faut en outre mentionner que pendant que les deux amis montaient leur putsch, le serpent conseilla au lion d’abattre le Léopard dès leur accession au pouvoir pour mieux gouverner la nature animale. Il proposa au lion un poison d’une dangerosité incontestable, sans odeur se mélangeant partout où l’on désire l’utiliser et dans n’importe quelle nourriture. Ayant un impact négatif sur l’être même à partir d’un objet et qu’on a utilisé pour s’assoir (chaise, fauteuil, nappe, …).La mort atteint lentement sa victime qui meurt de paralysie ou de crise cardiaque. Ce vaccin Poison a été fabriqué dans un laboratoire de recherches scientifiques, dirigé par des médecins comme le Caméléon, le Hérisson, le Rat, le Crapaud et la Tortue. La stratégie avait atteint son but et deux jours après ce grand rendez-vous animal, le Lion accéda au pouvoir grâce à l’appui de son ami le Léopard et leurs mercenaires. Ce fut un grand bouleversement dans le règne animal. Certains étaient déçus de cette nouvelle mettant fin au pouvoir du buffle et sa suite. Pour la lignée du Lion et celle du Léopard, ce fut le grand moment de faire la fête et d’être puissant partout où s’étendait le règne animal. Malheureusement, cette alliance n’a pas duré longtemps. Car le Lion avait aussi mis en application son plan de liquider le Léopard grâce à ce poison puissant mis à sa disposition par le serpent et sa suite. Ceci étant fait, le Léopard trouva la mort dans des conditions dont personne n’a pu donner d’explications fiables. Tout ce qu’on a pu retenir c’est sa mort et la présence pour toujours du lion comme l’unique roi du règne animal. Ce fut une déception dans le village du Léopard. Tout le monde était en pleurs. Le Léopard laissant derrière lui trois femmes, sept concubines et dix-huit enfants, dont quatorze filles. Un deuil national fut organisé en son honneur obligeant les administrateurs à mettre les couleurs nationales en berne.

 

Par Ahmat Zeïdane Bichara
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 11:48

 

(Syfia Grands Lacs/Rd Congo) A Goma, pour payer leurs études, des filles, souvent mineures et sans moyens, se vendent à des hommes riches de l'âge de leur père. Une forme de prostitution risquée pour elles - violences, grossesses, mépris –, une infraction à la loi passible de sanctions pour eux.

"J’ai un vieux de la direction générale des Douanes et Accises qui finance tous mes besoins. Je ne l’aime pas parce qu’il est largement plus âgé que moi, mais je suis contrainte d’être avec lui pour pouvoir terminer mes études", confie Ruth, âgée de 17 ans, élève en 5ème année pédagogique. "Bisakoshi" (grosses mallettes d’argent), c'est ainsi que ces jeunes filles surnomment ces hommes de 45 et 60 ans à qui elles se livrent. Ce sont de grands hommes d’affaires, des responsables de grandes entreprises tant publiques que privées qui ont des moyens pour payer leurs concubines qu’ils appellent à leur tour "des petites chéries". "Que voulez-vous qu’on fasse, ajoute Micheline, amie de Ruth, nos parents ne touchent presque rien et les jeunes n’ont pas d’emploi ? Nous devons recourir aux Bisakoshi." Aujourd'hui elles sont de plus en plus nombreuses à agir ainsi, sans honte, au vu et au su de tous. Cependant, d'autres jeunes filles, même démunies, ne le ferait pour rien au monde et trouvent d'autres solutions. "Je ne peux pas vendre mon corps à un homme de même âge que mon père. Je préfère continuer avec mon petit commerce de bananes, arachides et maïs pour supporter mes frais scolaires", témoigne Mauwa, fille d’un huissier de la fonction publique et finaliste en section sociale.

 Dangers:Mais quelques soient les moyens et la volonté affichés par ces vieux pour les prendre en mariage comme secondes femmes, ces jeunes filles, majoritairement belles, refusent. Elles ne veulent que bénéficier de leur appui et une fois l’objectif atteint, elles leur tournent le dos. Elles ne veulent pas être critiquées par les parents et les jeunes car ces mariages sont mal perçus à cause de la différence d’âge et de la rivalité créée entre une jeune fille et une femme du même âge que sa mère. Mais après s’être aventurées avec des vieux, ces filles ont du mal à se marier avec des hommes jeunes car ces derniers les évitent les considérant comme maudites et cupides.Ces filles se livrent aux Bisakoshi tout en sachant qu’elles courent des risques : accrochages avec les épouses et filles légitimes de leurs concubins, grossesses non désirées. Certaines ont même été victimes de violences. "Mon amie a été amputée de ses oreilles à l’aide dune lame de rasoir par les filles de son amant. C’est pourquoi j’ai jugé bon de cesser et d'apprendre la couture pour essayer de subvenir à mes besoins", raconte Anne-Marie, âgée de 18 ans et couturière au quartier Birere. "Nous enregistrons beaucoup de cas pareils dont le plus récent est celui d’une mineure engrossée par un vieux, qui a perdu la vie après une tentative d’avortement forcé", informe le Lt Jules; OPJ au poste de la mairie de Goma.

 Des parents inquiets ou complices:Cette forme de prostitution souvent taboue inquiète les parents. Mais Thérèse Sebagenzi, chef de la Division provinciale du genre et famille au Nord Kivu, ne se fait pas d'illusions : "Nous organisons des séminaires de sensibilisation et des émissions radiophoniques pour faire face à ce problème mais la pauvreté rend notre combat inefficace. Il faut simplement améliorer les conditions sociales pour y parvenir." "Il est par ailleurs noté que certains parents pauvres encouragent ces comportements à cause de l’argent et cadeaux qu’ils reçoivent des papas qui font la course derrière leurs filles et mineures violant ainsi la loi (incitation des mineures à la débauche, Ndlr)", signale aussi Me Kasereka Clarisse, avocate et activiste des droits de l’homme. Le chef de quartier Mapendo va dans le même sens : "J’ai toujours regretté que des mamans protègent des adultes interpellés par la justice pour avoir  commis des violences envers des mineures. Cela pour des dividendes lucratifs qu’elles en tirent de la part de leurs filles. Ce sont des cas que j’enregistre souvent. "Ces filles étant, pour la plupart, mineures, cette pratique est une forme pure et simple de violence sexuelle, complète l'avocate. Nous activistes et l’Etat nous devons multiplier des efforts afin que les auteurs et co-auteurs soient réprimés avec rigueur pour la réduire sensiblement."


Par Jean Paul Kombo
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 11:40

 

(Syfia Grands Lacs/Burundi) N'ayant plus assez à manger, les sidéens démunis du nord du Burundi arrêtent leur traitement antirétroviral. Beaucoup meurent, d'autres souffrent de tuberculose, de diarrhée… Epuisés, ils ne peuvent plus travailler. Mais leur vie importe moins aux deux grandes associations de lutte contre le sida que la gestion des millions prévues pour leur venir en aide.

 Depuis décembre dernier, les sidéens du nord du Burundi vont de plus en plus mal. Chaque jour apporte son lot de morts. Dans les provinces du nord, par exemple, en quelques jours autour du 18 mars, cinq personnes sont décédées selon Gahimbare Carita, un médecin. Dans la province de Ngozi, toujours au nord, le nombre de sidéens malades de la tuberculose s’est accru de plus de 20% depuis le début de l'année, comme l’indique Rose, chargée des malades du sida dans cette province. Pour Gahimbare, autant de malades mourants ou alités ne se voyaient plus depuis que ceux qui sont atteints du VIH sont sous antirétroviraux (ARV).En fait, les organisations comme le PAM (Programme alimentaire mondial), le FHI (Family health international) qui fournissaient de l’aide nutritionnelle aux sidéens démunis l’ont arrêtée fin 2011. Or pour être efficace, la prise d'ARV doit s'accompagner d'une alimentation adaptée au traitement et qui en limite aussi les effets secondaires. Celle-ci doit être riche et variée : protéines (viande, poisson) et vitamines (fruits et légumes) sont nécessaires. Les malades sous traitement qui ne sont pas bien nourris se sentent très faibles. Nombre d'entre eux arrêtent de se soigner. Selon Rose, certains patients lui remettent les médicaments arguant qu’ils ont faim. De même, les maladies comme le paludisme, la tuberculose, la diarrhée, symptomatiques du sida, reviennent avec une grande virulence, en même que la charge virale en hausse à cause de l'arrêt des traitements.

 Beaucoup d'argent en jeu…À l’origine de cette situation, selon la ministre de la Santé publique, Sabine Ntakarutimana, un conflit entre ABS (Alliance burundaise contre le sida) et RBP + (Réseau burundais des personnes vivant avec le VIH SIDA) associée CNLS (au Conseil national de lutte contre le sida) du gouvernement dans la lutte contre la maladie. Ces deux ligues sedisputent la gestion des subventions du Fonds mondial de lutte contre le sida,la tuberculose et le paludisme estimées à plus de 22 millions $ (soit près de 30 milliards Fbu) dont une partie doit servir à l'alimentation des malades démunis. Au moment où le Fonds devait débloquer ces financements, début avril, la ministre de la Santé a suspendu le RBP+ comme récipiendaire principal de ces subventions. Selon elle, le partenaire principal du Fonds mondial doit être le SEP/CNLS, organe étatique, mais qui doit attendre entre six à neuf mois pour toucher les premiers financements du Fonds mondial.

 Familles des sidéens ruinées:En attendant, de plus en plus souffrants, ces malades ne peuvent plus travailler et dépendent de leur famille qui font tout pour les aider mais, pour les plus pauvres, se ruinent. "Regardez les dimensions de mon étable, croyez-vous que je l’avais confectionnée pour une seule vache ?", répond Fabien de la commune Ngozi interrogé sur l'impact de la maladie de sa fille sur ses revenus. Il a dû vendre la génisse juste pour la nourrir et la faire soigner.Quant à Louise de la commune Mwumba qui courait les collines pour chercher des fruits à vendre en ville, aujourd'hui chétive et épuisée, elle ne peut plus le faire. Elle et son mari ne disposent que d’une très petite portion de terre de moins d'un are, insuffisante pour une famille de quatre personnes. Deux des enfants ont déjà quitté l’école pour devenir des portefaix et contribuer à nourrir la famille. Un autre malade de la ville de Muyinga a déjà vendu une grande partie de l’équipement de sa maison pour trouver de quoi manger afin de continuer à prendre sa cureLa ministre de la Santé essaie de tranquilliser les porteurs de cette maladie, expliquant qu'il y a de l'argent prévu sur le budget de l’État pour ces associations et qu'il sera utilisé pour les malades en attendant les aides du Fonds mondial. Mais elle ne donne aucune date, répondant juste "soyez patients". Le VIH lui n'attend pas…

Éric Nshemezimana

 

Par Eric Nshemezimana
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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 11:12

 

Tous les témoignages convergent. En RD Congo où l'espace ne manque pas, comme au Burundi où il est très restreint, les transactions sur les terres se multiplient et les prix grimpent en ville comme dans les campagnes. La terre est devenue une marchandise sur laquelle le plus riches se ruent, spéculant sur sa rentabilité future.Investir dans la terre peut, en effet, être très rentable. C'est ainsi que, en RD Congo, ceux qui en ont les moyens achètent directement aux paysans ou par l'intermédiaire des chefs coutumiers, gestionnaires de ces terres souvent communautaires, des dizaines d'hectares, à vil prix. Certains, comme au Bas-Congo, les laissent parfois en friches, dans l'attente que leur prix monte pour les revendre et faire de bonnes affaires. Un désastre pour les agriculteurs qui n'ont plus de parcelles à cultiver.Aux alentours de Goma, au Nord-Kivu, où les terres sont très fertiles et les bouches à nourrir nombreuses, les commerçants, hommes politiques, militaires… investissent, eux, dans de grandes exploitations qu'ils modernisent etapprovisionnent ainsi les villes en lait, manioc, légumes… Une valorisation due aux importants investissements consentis, qui sont hors de portée des paysans. Ceux-ci trouvent du travail sur ces fermes, mais regrettent les collines. qu'ils ont vendues pour une bouchée de pain.Cette ruée des nationaux se double de celle des investisseurs étrangers qui se sont déjà vus octroyer plus de 11 millions d'hectares par le gouvernement congolais.Au Burundi, où la densité démographique est onze fois plus importante qu'en RDC (312 hab/km2 contre 27), la terre est une ressource vitale pour la grande majorité de la population qui s'enfonce dans la pauvreté. En ville, les parcelles se vendent chaque jour plus cher et les plus démunis préfèrent vendre et retourner dans les collines. Là, ils achètent à leur tour des terrains à cultiver faisant grimper les prix. Tandis que les plus nantis se constituent peu à peu de grandes exploitations à la périphérie des villes, dans les collines, le moindre petit bout de terre peut être sujet à des disputes, parfois mortelles.Dans ces deux pays, l'insécurité foncière reste forte qu'elle soit liée à des conflits armés récurrents ou à l'absence de titres fonciers. Les procédures d'acquisition, souvent floues et mal connues des exploitants agricoles, et la corruption de certains agents favorisent les conflits. L'enregistrement des terres qui commence au Burundi devrait permettre d'améliorer la situation.Au Rwanda, ces trois dernières années, l'essentiel des terres du pays a été enregistré. Toutefois, des problèmes subsistent au sein des familles nombreuses pour le partage de parcelles de plus en plus petites dans un pays, dont la densité atteint 443 hab/km2. Ici aussi, la terre est devenue monnayable, plus facilement qu'auparavant et sans litiges comme le prouve la baisse du nombre des procès fonciers dans les tribunaux.



 

Par Marie-Agnès Leplaideur
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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 22:16

 

— c’est la période où les pluies du mensonge tombent sur les têtes de nos populations en noyant la Vérité,

 

— c’est le temps où la bouche de la honte sort sa langue léchant la fraicheur de la sincérité,

— c’est là où les bras et les jambes de la haine tordent les côtes du pardon avec rancune et fausseté,

— c’est l’heure où les flammes de la paix s’éteignent au profit de la tornade de violence qui balaie tout sur son passage sans aucune authenticité

— c’est le jour où le poison du racisme et de la xénophobie paralyse les vaines d’une politique sincère en répercutant son odeur avec dangerosité

—c’est l’époque où les loups de la démagogie dépouillent les chèvres de la démocratie en enterrant simultanément les graines de la réalité,

—c’est le moment où la grêle de la jalousie tombe sur les toits de nos cases et maisons tout en réveillant les silhouettes de la pauvreté,

— ce sont les minutes qui tuent les liens qui unissent les enfants d’un même pays et débrident les chaines de la méchanceté

— ce sont les secondes qui permettent au désespoir de fermer les portes à l’espoir en assassinant fatalement l’âme de la fraternité

— c’est l’année où les épines de la crise envahissent la chance de tout un chacun et piquent surtout les caisses des banques et de l’État tout en abandonnant froidement les populations sans activités,

— c’est l’occasion qui permet à l’obscurité d’étrangler la conscience nationale au profit des intérêts égoïstes en plumant les ailes de la sécurité,

 — c’est l’endroit malheureux qui pousse l’insensibilité et la rapacité des politiciens en maltraitant les progénitures de la liberté,

— C’est aussi le sanguinaire voyage des idées obscures des militants qui entrainent désespérément leurs leadeurs vers des actes inhumains à l’égard de leurs adversaires en sachant pertinemment que cela causera du tort à l’humanité

— C’est ainsi qu’au sortir d’une campagne présidentielle africaine, le pays se divise et les âmes se regardent en chiens de faïence, les fleurs de la réconciliation se dessèchent. Il n’ya plus de moralité.

 

 

Par Ahmat Zeïdane Bichara
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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 22:07

 

C’est toujours la faute de l’autre, voilà à quoi ressemblent les politiciens français

— Ils sont comparables à ce chasseur qui tire une balle réelle sur le tronc d’un arbre où se reposent tranquillement un groupe d’oiseaux en demeurant convaincu qu’il réussira à l’abattre pour ainsi tuer l’un d’entre eux ou plusieurs à la fois. Effrayés, tous s’envolent pour des destinations inconnues.Malheureusement, le monsieur ne s’arrêta pas là. Il se tourna vers un ensemble des passagers, les accusant d’être à l’origine de la fuite de toutes les volailles à cause de l’épouvantable bruit qu’ils ont émis. Pourtant, il sait bien que c’est sa technique de braconnage qui ne convient pas à ce genre de choses. Elle ne répond pas aux normes d’une vraie chasse.

— Ils sont identiques à cette femme qui tombe amoureuse d’un bel homme qui accepte de la marier.Malheureusement à la veuille de leur grand jour de leur union officielle par la Mairie de la ville, son conjoint change d’opinion et décide définitivement de la lâcher. Au lieu de tenter à ramené son futur époux à sursoir sur sa promesse de l’abandonner avec une démarche digne ou tout naturellement de comprendre les raisons qui ont poussé son prétendant de renoncer à son projet de vie en couple, elle déverse sa colère sur ses parents qui l’ont mise vilaine d’après elle au monde.

— Ils sont identiques à cet adolescent qui n’a pas de force pour grimper sur un manguier. Au lieu de chercher des possibilités afin de cueillir de délicieux fruits, il décida de traiter de tous les maux ceux qui chient au pied de l’arbre en étant persuadé que ce sont eux qui le gênent de sentir la bonne odeur que dégagent les belles mangues au dessus de végétal.

— Ils agissent de la même façon que ce noctambule qui rentre tous les jours très tard dans la nuit chez lui pour des raisons que son épouse ignore. Mais, le jour où il s’est fait grièvement agressé par des malfaiteurs, l’homme accusa cette dernière de ne l’avoir pas aidé à mettre fin à ses nocturnes promenades.

— Ils sont aussi comme ce fumeur des cigarettes qui n’était pas du tout capable de vivre un seul instant sans tirer une clope. Mais, le jour où son docteur lui annonça des signes du cancer, celui-ci déposa une plainte à l’intention du bureau du tabac de son quartier d’avoir abimé son poumon.

— Les politiciens français agissent de la même manière que cet individu qui a passé toute la journée à prendre de la bière dans un bar.La nuit très tard quand il rentrait chez lui à bord de sa voiture, il tombe dans les mains de la police. Celle-ci le frappe d’une colossale amende.L’homme libéré revient pour exiger le remboursement de son argent auprès du propriétaire de la brasserie qui ne lui avait pas interdit de consommer trop de boissons fortes. Il pense que ce n’était donc pas sa faute si l'autorité militaire en place l’avait pris, mais plutôt celle du gérant du bistrot en sachant pertinemment qu’il est assez responsable à ne pas se lancer dans l'alcoolisme.

— Ils sont enfin comme ce professionnel du cirque traditionnel n’ayant pas maitrisé son métier. Au coeur d'une séance de présentation dans un amphithéâtre plein à craquer, un de ses serpents le mord brusquement. L’adapte de l'arène meurt sur le champ. Il est aussitôt évacué du public pour être enterré quelques jours après son accident. En principe les choses devront s’arrêter là avec la disparition tragique de ce dernier et l'élimination de ses reptiles de comédie par les autorités de son pays. Malheureusement, quelques jours après, les parents du défunt déposent une plainte contre un inconnu pour avoir provoqué le sommeil éternel de leur fils. Ils étaient persuadés que l’ex-responsable du cirque est mort des fétiches. L’état doit donc juger cet anonyme dont ils n’ont pas encore déterminé ses origines.

— Beaucoup d'hommes publics français font admettre à leur peuple que toutes les difficultés dont il fait l’objet leur proviennent d’ailleurs.Ils ne sont nullement pas à l'origine de la crise ou d’autres maux qui secouent la France. Ce sont les fautes d’un système de gouvernance dont ils n’ont jamais participé, des étrangers ou de leurs adversaires politiques. Chacun croit avoir les mains propres. D’où la naissance du perfectionnisme béat dans le monde moderne. 

 

Par Ahmat Zeïdane Bichara
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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 22:05

 

— La Françafrique est un caïman qui avale les frics de l’Afrique,

— elle n’a rien de magnifique, d’autant plus que son regard colonial soumet certains chefs d’États africains à agir de façon infernale et diabolique

— de manière satanique, elle vide les caisses des pays africains et engraisse un bon nombre des dignitaires blancs, sachant que c’est un agissement cynique

— pendant que les populations africaines périssent comme des chenilles à cause des multiples souffrances, des grosses mallettes des billets de banque s’envolent du continent dans l’obscurité et rendent heureux les grands diplomates et politiciens français qui se prennent pour des ayants droit de l’Afrique,

— A qui revient la faute, même si les natifs des pays africains dénoncent là un comportement esclavagiste et machiavélique ?

— Certains intellectuels africains pensent que les enfants de l’Afrique sont majeurs en rougissant leurs yeux quand quelques groupes des politiciens occidentaux les prennent pour de gros bébés, mais il faudrait tout simplement que les dirigeants du continent noir cessent de jouer le rôle d’éternels serviteurs, tels des animaux de cirque

— Eux qui pensent que c’est l’unique voie pour se maintenir au pouvoir en réduisant leurs peuples au même rang qu’une bête. C’est ce qui explique la conception de la dévastatrice Françafrique,

— c’est une pure servitude dont on a tout simplement sectionné ses différentes formes de traitement psychique,

— un trafic d’influence qui tue le développement de l’Afrique de façon dramatique

— elle est la sœur jumelle du colonialisme, mais la cadette de la traite négrière atlantique,

— d'autant plus que la Françafrique n’est autre chose que la déportation des ressources naturelles et financières de l’Afrique vers l’Europe et particulièrement vers la France, mais les deux silhouettes présentes de sombres caractéristiques,

— que tous les Africains du continent et de la diaspora renforcent leur militantisme maléfique pour exiger la fin de cette scandaleuse et infamante Françafrique de manière drastique,

— que tant d’associations unissent leurs voix pour dénoncer ces malversations budgétaires ou détournements des fonds de l’Afrique vers l’occident qui ne cessent de créer de sanguinaires nouvelles techniques,

— Cela ne changera à rien de l’actuelle forme de la Françafrique ou n’aboutira à sa mort définitive, si et seulement si l’ensemble de ce groupe des chefs d’États africains ne soigne pas leur cécité intellectuelle pour déchiffrer mot par mot ses anomalies politiques dont ils font subir depuis longtemps à leurs peuples respectifs de façon catastrophique

 

Par Ahmat Zeïdane Bichara
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Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 09:31

(Syfia Grands Lacs/Rwanda) La légalisation de l'avortement en discussion au parlement divise actuellement la société rwandaise. Pourtant soixante mille femmes mettent fin en cachette chaque année à des grossesses qu'elles n'ont généralement pas voulues. Faute de suivi médical, nombreuses sont celles qui en meurent ou en gardent des séquelles durables. 

Faut-il ou non légaliser l'avortement dans certaines conditions? Les discussions sont actuellement chaudes au parlement rwandais. Cette révision du Code pénal autoriserait l'avortement après un viol; lorsqu'une femme est tombée enceinte à la suite de pratiques traditionnelles; qu'elle a fait l'objet d'un mariage forcé ou a été victime d'inceste... ou enfin quand la poursuite de la grossesse met en péril la santé de l'enfant à naître et de la mère. En dehors de ces situations, la loi prévoit des peines allant de 2 à 20 ans de prison pour quiconque avorte délibérément.Cette dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse sauverait la vie des trop nombreuses jeunes filles qui meurent en avortant en cachette, estiment certaines organisations de la société civile, dont l’Initiative pour le développement de la santé (HDI) et l’Association rwandaise pour le bien-être familial(ARBEF).

 Grossesses non désirées:En effet, au moins 60 000 femmes rwandaises avortent chaque année, soit 25 sur 1000 femmes âgées de 15 à 44 ans. Une étude publiée mi-mars 2012 par Guttmacher, un institut américain spécialisé dans les recherches sur la santé reproductive, en collaboration avec le ministère de la Santé et l’Université nationale du Rwanda révèle que les avortements restent un sérieux problème de santé publique qui entraînent des risques graves pour la santé des femmes : 40% de celles qui y ont eu recours - 16 700 femmes, en 2009- ont eu besoin d'un suivi médical à la suite des effets secondaires de ce geste.Les interruptions volontaires de grossesse sont pratiquées dans la clandestinité car la loi les considère toujours comme un crime. Le plus souvent abandonnées à leur sort par leurs amants et leurs familles, les femmes, parfois des mineures, sont obligées de se cacher quand elles ne veulent pas donner la vie. Par exemple, craignant d'être arrêtées, de plus en plus de Rwandaises, parfois des adolescentes, vont avorter clandestinement à Goma, à l'est de la RD Congo. Là, des "professionnels de santé" ne se soucient ni de la loi, ni de leur âge. Mais à leur retour au pays, nombreuses sont celles qui succombent des suites de complications gynécologiques. Les grossesses non désirées sont une des principales causes de ces actes souvent désespérés. L'étude montre que 47% des femmes enceintes ont été engrossées sans leur consentement.

 Suivi médical trop tardif:"Nombre de celles qui avortent dans de mauvaises conditions finissent par se faire ligaturer ou enlever les trompes et ne peuvent pas avoir d'enfants. D'autres meurent des suites de leur refus de donner la vie", témoigne un gynécologue de Kigali. Les risques de complications sont nombreux car cet acte normalement médical et la plupart du temps pratiqué par des agents non qualifiés comme les médecins traditionnels, les pharmaciens qui utilisent des méthodes dangereuses ou les femmes enceintes elles-mêmesLes moyens financiers importent peu dans cet acte. Même celles qui ont assez d'argent le font dans des conditions désastreuses : sur une natte, dans une baraque insalubre, avec du matériel parfois non stérilisé. D'autres recourent à différents produits chimiques ou autres pratiques qui ont des conséquences néfastes sur la santé humaine. Les jeunes femmes ne se présentent dans de vraies structures médicales qu'en cas de complications gynécologiques graves.Ces avortements clandestins expliqueraient le taux de mortalité maternelle et infantile. Selon une étude menée en 2009 par l’Institut de la Santé publique du Rwanda, 10,5%  des décès de femmes lors de l'accouchement sont dus à des avortements effectués dans des conditions dépourvues de sécurité et sans l’assistance d’un médecin. Perforation de l’utérus, douleurs pelviennes chroniques, infertilité,  la mort… sont le lot de celles qui ne peuvent pas garder l'enfant qu'elles attendent.La dépénalisation de cet acte permettrait de le pratiquer dans de bonnes conditions médicales limitant les risques. Mais tous les Rwandais ne sont pas d'accord sur ce changement. L'Église catholique, comme différentes Églises chrétiennes, estime que rien ne peut justifier ce qu'elle considère comme un meurtre prémédité.Vu le chiffre très important des avortements clandestins, une bonne partie des Rwandais craignent aussi qu’une fois légalisés, ceux-ci se multiplient à grande échelle.  

 


 

Par Ahmat Zeïdane Bichara
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Jeudi 29 mars 2012 4 29 /03 /Mars /2012 12:34

 

(Syfia Grands Lacs) A Matadi, chef-lieu du Bas-Congo, au sud-ouest de Kinshasa, pas d'achats de pagnes coûteux et de défilé pour la fête des femmes. Le mois de mars est consacré aux échanges et à la réflexion pour mieux défendre leurs droits et améliorer leur sort.

 "Le combat pour les droits de la femme ne se fait pas dans la fête mais dans la réflexion". Ce propos de Ma Mavuela, conseillère au ministère provincial du Genre du Bas-Congo résume le nouveau sens que les femmes de cette province veulent donner au mois de mars, dédié à leur cause. Venues de tous les coins de la province, ces femmes se retrouvent à Matadi, le chef-lieu, où elles décortiquent depuis le 8 mars, dans des ateliers, loin de tout folklore, le thème de l’année retenu par le gouvernement, à savoir : "Investissons dans la femme rurale et la jeune fille pour le développement de la RDC". "Je me réjouis de ce type de rassemblements qui nous permettent de réfléchir suffisamment, de lever des options pour un meilleur avenir des femmes, surtout de la femme rurale,  se félicite Espérance Nzuzi, membre d’une Ong paysanne à Matadi. Je souhaite que des actions soient menées pour permettre à cette femme de produire davantage afin de nourrir toute la province pour éradiquer la pauvreté".  Outre le thème de l’année, les femmes mettent à profit ce mois pour réfléchir sur plusieurs problèmes dont elles sont victimes, notamment le droit à l’héritage, le manque d'outils aratoires pour faire les champs, etc.

 Réfléchir au lieu de faire du "tralala": Cette nouvelle approche tranche avec l’aspect festif qui avait pris le dessus sur le vrai sens du mois dédié à la femme. En effet, chaque année,la Journée internationale de la femme était l’occasion de porter des beaux pagnes et d'organiser un somptueux défilé qui se terminait souvent par une grande fête jusque tard dans la nuit. A l’honneur, les femmes, même les mineures, envahissaient les bistrots et les boîtes de nuit. Or"l’objectif premier de cette date est la défense des droits des femmes et non le tralala", rappelle Ma Mavuela. C’est pourquoi, depuis deux ans, au Bas-Congo, les associations des femmes ont commencé à sensibiliser leurs membres afin de rectifier le tir. Elles ont ainsi mis en place dix pools d’action regroupés selon les catégories. "Nous avons été choisies pour sensibiliser les vendeuses du marché. Elles nous ont posé beaucoup de questions. Ce qui me pousse à dire que les femmes étaient ignorantes. La conscientisation valait vraiment la peine", reconnaît Annie Mbadu, secrétaire exécutive du Réseau femme et développement (Refed). Pour Léontine Kiminu, femme leader, "ce n’était pas facile de rapprocher les femmes de toutes les tendances, du sommet à la base. Aujourd’hui, même les femmes rurales se sont impliquées".

 Le bonheur des unes fait le malheur des autres: Dorénavant, le 8 mars et durant tout le mois, c’est l’occasion pour les femmes qui exercent quelques activités d’exposer leurs produits. "C’est un temps qui m’a permis non seulement de réfléchir sur ma personne mais aussi pour exposer les produits de mon labeur", révèle, Mamy Mahungu, présidente d’une Ong de transformation des produits agricoles. Le gouverneur de province qui promet de s’impliquer totalement dans le combat de la femme affirme que "désormais la belle famille ne va plus ravir les biens de la veuve et des orphelins dans la province".Les distributeurs des pagnes eux grincent des dents. Julie Nlungu, distributrice d’une grande marque au grand marché de Matadi, voit ainsi ses ventes péricliter : "En 2010, j’ai vendu 270 pagnes, en 2011 je suis descendue à 130 et cette année, je n’ai pas écoulé 100 pagnes. Les femmes les achetaient pour paraître belles lors du défilé". Père de famille, Pamphile Lolema qui se réjouit de ne plus avoir à faire des dépenses, se souvient, un brin amer :"chaque année, la semaine avant le défilé, j’étais obligé d’acheter au moins trois pagnes  (25 à 30$ la pièce) pour mes filles et mon épouse. Ça grevait le budget familial. J’encourage vraiment l’idée de mettre fin au défilé."Cette mesure ne fait cependant pas l’unanimité au sein des associations des femmes. "Le port du pagne, le défilé, nous permettait d’exprimer notre joie, d’affirmer notre féminité. Je me défoulais. Je suis assez responsable pour ne pas me méconduire", défend de son côté Thérèse Niemy, présidente des femmes catholiques. Et une autre qui craint un relâchement des femmes aux réunions, argue que "certaines femmes ont intégré nos associations juste parce qu’elles nous ont vu défiler. Maintenant que c’est supprimé, j’ai peur qu’elles n’abandonnent".


 

Par Ahmat Zeïdane Bichara
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