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Difficile s'obtenir des informations fiables sur lui. A peine quelques renseignements, de sources très diverses et dont l'authenticité n'est pas garantie. Cela dit, pourquoi l'image de
Goukouni est-elle de plus en plus brouillée ? Partagerait-il depuis Algérie - où il vit en exil depuis son renversement par Hissène Habré - la manne pétrolière tchadienne avec l’actuel
président, cet homme aux mains sales jusqu’aux coudes, cette dangereuse anguille ?
Que faut-il penser des récents et nombreux allers et retours entre N’Djaména et Alger de Goukouni Weddeye, ce personnage apparemment si sage, si innocent, mais sans grand bagage
intellectuel ? Certains soutiennent qu’il n'est rentré au Tchad que pour quémander auprès de Deby, son ancien ennemi, l'argent destiné à éponger ses montagnes de
dettes, et à calmer ses créanciers qui désormais l'empêchent de dormir.
Il n'y aurait rien d'étonnant à cela : quand on ressemble à un sac vidé de son contenu, donc incapable de se tenir debout, il est logique d'aller quémander de
l'aide. Mais c'est là que le bât blesse : qu'un chef d’Etat destitué rentre au pays pour pleurer auprès de celui qui
a livré son peuple aux illettrées, aux brutes et aux malfaiteurs sanguinaires qui le pillent, voilà qui est profondément choquant.
D'autres prétendent que Goukouni Weddeye aurait envisagé de revenir pour toujours à N’Djaména, pour y mettre son expérience professionnelle et ses
aptitudes intellectuelles au service de la population. Il aurait fort à faire, l’administration de Deby étant formée de délinquants qui gèrent tous les services de
l’Etat comme s'il s'agissait de leur grenier familial.
Mais Goukouni est finalement rentré en
Algérie, et les hypothèses vont bon train : il aurait craint pour sa vie en restant au Tchad, du fait du comportement des Zaghawas, l'ethnie présidentielle, qui a mis le Tchad
en coupe réglée. Comment en effet aurait-il pu s’installer en N’Djaména, ou dans une autre ville tchadienne, tandis qu’un autre clan piétine de façon délibérée les droits de
l’Homme et les libertés fondamentales.
Goukouni Weddeye a-t-il été, entre 1979-1981, un meilleur président qu'Idriss Déby ? Son gouvernement a-t-il respecté les droits de l’Homme et
les biens du peuple tchadien ? Est-il responsable de crimes comme ceux qui furent ensuite perpétrés par Habré et son lieutenant Deby, qui se présentent pourtant tous deux comme de bons
musulmans ? J'étais trop jeune à cette époque pour m'en souvenir. Il appartient à toux ceux qui ont connu le gouvernement de Goukouni de nous éclairer sur ce point, et leurs
réponses feront l'objet d'un prochain article.
Une des filles de Goukouni Weddeye vient d'arriver à Toulouse, où elle s'est inscrite comme étudiante, mais elle n'en sait guère plus que moi : Goukouni n'a
pas du tout parlé politique à ses enfants, et cette fille-là est née en Algérie, après le départ pour l'exil de ses parents. Elle a reçu une éducation de
qualité, et parle très bien l'arabe tchadien sans jamais avoir mis les pieds dans le pays de ses ancêtres ; le plus incroyable étant sa manière très
positive d'en parler, en ne se focalisant pas uniquement sur sa seule ethnie. Goukouni, à la différence d'Idriss Déby, semble donc avoir réussi l'éducation de ses
enfants.