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Jamais dans l’Histoire du Tchad, l’arrestation d’un maire d’une ville accusé de détournement des biens monétaires et matériels de la mairie n’a fait l’objet d’un tollé médiatique comme celle de Laoukein Kourayo, président du Parti Convention Tchadienne pour la paix et le Développement(CTPD). De la société civile à l'opposition, en passant par les militants de son parti, la communauté Ngambaye et bien d’autres alliés indépendants, le sort de l’ancien maire de Moundou ne  laisse personne indifférent. Toutes les conditions étaient réunies pour faire reculer le gouvernement d’Idriss Deby Itno directement responsable de son arrestation et sa détention en prison en toute illégalité. Les Tchadiens ont bien montré leur solidarité humaine et politique à l’égard de cet homme politique dont la notoriété et l’envergure nationale commencent à inquiéter sérieusement le pouvoir. Il continue à nier du fond de sa cellule les faits qui lui sont reprochés. Libéré, Mahamat Adoum,  président du Parti National Républicain (PNR) considère que « Nous sommes en train de reculer trente ans en arrière. Il n’existe plus ce que l’on appelle une démocratie au Tchad. C’est lamentable » Il sait ce qu’il dit. En effet, lors d’un point de presse organisé le 7 août 2017, le Vice-président national de la Ligue des Jeunes de la CTPD (Convention pour la Paix et le Développement » Dikbo Hubert qualifie le bilan de la première année du nouveau mandat du Président tchadien de chaotique. Dès le commencement de son point de presse, il s’est montré très offensif et n’avait jamais eu peur des mots. Pendant la lecture de son point de presse, vous découvrirez que ce représentant de la jeunesse de la CTPD eut décidé d’affronter le taureau ou l’animal politique par les cornes. Qu’adviendra-t-il des conséquences plus tard ?

Dikbo Hubert : « Moundou, le 7 août 2017.Mesdames, les journalistes de la presse nationale et internationale, Merci de répondre à notre invitation en cette veille du 8 août 2017, date anniversaire de la première année du nouveau mandat de Deby à la tête du Tchad et le 26e jour de détention de Laoukein Kourayo Médard, Président national de la CTPD dans les locaux de la prison de Moundou. La Ligue des Jeunes de la CTPD, dont nous portons le flambeau voudrait exprimer sa reconnaissance totale à toute la jeunesse tchadienne, éprise de justice et de dignité. La solidarité exprimée de par le pays et au-delà de nos frontières au Prédisent national de la CTPD Laoukein Kourayo Médard, en prison depuis le 13 juillet dernier, est la preuve de notre maturité à refuser l’arbitraire, la soumission et toute autre forme d’injustice. Nous disons merci aux différentes formations politiques de l’opposition, à la société civile et certains intellectuels, aussi solidaires avec Laoukein Médard dans cette circonstance difficile. Notre soutien va aussi à l’endroit de sa petite famille, ses proches ainsi qu’à ceux de ses codétenus. Oui, certains grands leaders sont passés par la prison et ce n’est qu’une épreuve parmi tant d’autres dans une carrière politique. Cela ne doit pas nous faire basculer dans la haine, la violence et la chasse aux sorcières. Nous devrons consolider nos forces et attendre la vérité. Et cette vérité c’est bientôt. La CTPD dans son idéologie préserve la paix, la cohésion sociale et nous en appelons à tous les jeunes de faire preuve de sagesse et non pas se lancer à des agitations stériles, profitables plutôt aux détracteurs.

Le soutien exprimé une fois de plus par les leaders politiques nationaux à leur tête, le chef de fil de l’opposition tchadienne Saleh Kebsabo ce week-end, témoigne que la CTPD n’est pas seul dans cette lutte et cela est un grand sujet de réjouissance. Malheureusement, la honte scène survenue vient démonter l’isolement de cette ville et la prise d’otage de ses habitants. Nous condamnons vigoureusement ces actes qui ternissent davantage l’image du Tchad. Ces leaders politiques méritent aussi un peu de respect et ils n’étaient venus que pour rendre visite au détenu et afficher leur solidarité à sa famille. Que cette bravoure se pérennise pour que le Tchad soit debout quand l’heure sonnera. Nous invitons par cette même occasion, tous les militants de la CTPD et tous ceux qui nous soutiennent, d’être plus forts, d’éviter la provocation, de demeurer unanimes autour de la cause nationale que nous défendons et non d’en faire une connotation clanique et régionaliste. En appelant à l’équité dans le travail de la justice, nous demandons à tous les acteurs impliqués dans ce feuilleton de faire parler leurs âmes et leurs consciences. Nous signalons aussi pendant même que le prisonnier Laoukein Médard vient de faire l’objet d’une tentative avérée d’empoisonnement dans sa cellule, il y a une nouvelle arrestation d’un peintre qu’on accuse d’avoir imprimé des tee-shirts à son effigie sous la bannière du collectif « soutenons Laoukein Médard ». Ses matériels de travail ont d’ailleurs été emportés ce jour du 7 août et déposés au commissariat central.

Mesdames, messieurs les journalistes, Dans l’autre volet de cette communication, nous voulons faire un état des lieux, de la situation politico-sociale dans notre pays après un an. Le 8 août 2016, il vous souviendra qu’Idriss Déby Itno au pouvoir depuis 26 ans, rempilait contre vents et marées pour un nouveau mandat à la tête de notre pays. Merveilles et éternel espoir, avait-il encore promu pour les tchadiens et surtout la jeunesse et les femmes. Mais un an après cette nouvelle forfaiture politique, il y a lieu de se poser la question, si ce pays-là vit-il encore Le Tchad, ce beau, magnifique et riche pays avait déjà connu depuis un quart de siècle, sous le couvert de la démocratie et de la liberté, une personnalisation unique en son genre. Enrichissement illicite, pillage à ciel ouvert, corruption, misère à l’extrême, armée nationale au service d’un individu, séquestrations, torture et assassinat des contestataires etc. Et à l’entame du nouveau mandat de Déby, certains incrédules de l’opinion nationale et internationale ont fini par découvrir davantage le vrai visage de ce régime de terreur.

Loin d’évoquer le grand cafouillage que développe le Gouvernement, faisant du sur place ou rien du tout en termes de promesses tenues, l’on doit s’intéresser aux graves dérives vécues depuis le 8 août 2016, au point de voir le Tchad dans la plus sombre page de l’époque Deby. Sur le plan social, l’on n’a plus rien à démontrer de la crise économique minutieusement planifiée et mise en exécution, au seul but de rendre misérables les pauvres et renforcer le pouvoir de ceux dont les richesses de ce pays sont destinées. Aujourd’hui le citoyen tchadien, n’a donc que ses yeux pour pleurer alors que la fin du calvaire n’est autant pas pour demain. Evoquant les libertés fondamentales et celles de la presse, le pays a franchi la ligne rouge en 2016. Hommes des médias, blogueurs, activistes et que sais-je font l’objet de la chasse à l’homme. D’aucuns enlevés et séquestrés, d’autres intimidés et nombreux d’autres encore vivent dans la clandestinité et l’on ne peut dénombrer les procès qui s’enlisent en justice à leur sujet.

Oui, il y a des jeunes intellectuels qui ont pris conscience et qui ne veulent pas être complice de cette prise d’otage du peule tchadien devant la génération future. Mais face à un régime où la nullité, la médiocrité et la traîtrise priment sur la probité morale et l’intégrité, il faut du sacrifice et un travail de fond. S’agissant de la politique, l’on est sans voix pour le sort réservé aux opposants depuis le 10 avril 2016. Le seul souci qui gêne peut-être encore pour le pouvoir actuellement est de proclamer le parti unique au Tchad, même si l’on semble déjà le vivre. Les élections présidentielles de 2016, en lieu et place de consolider la démocratie, n’ont fait que renforcer la puissance du régime, aveuglé par la magie du pouvoir. Ce qui explique le muselement de ceux qui osent encore lever le petit doigt avec un dispositif sécuritaire ultra renforcé d’un pays en guerre. En guerre justement contre personne mais contre son propre peuple. Aux termes de ce constat, nous interpellons la communauté internationale et singulièrement la France. Le malheur du peuple africain et celui du Tchad, colonie de la France, c’est bien l’Elysée. En avouant aux journalistes français, il y a quelques semaines de n’avoir plus voulu être à la tête du Tchad après 2006, Déby a dévoilé le plus grand secret d’Etat. « J’ai été imposé par la France qui connait par cœur l’Afrique alors que j’ai voulu passer la main. Il y a un constitutionnaliste dont je ne connais même pas son nom, était venu modifier la constitution pour que je reste » telle est la substance de cette déclaration. Naïvement et sans états d’âmes, cette haute trahison du Président de la République semble passé inaperçue et moins encore de la réaction de la France.

Cessez de nous imposer des dictateurs, qui n’ont aucun intérêt pour leur peuple et qui doivent se résumer à la courbette pour la volonté de Paris. François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et aujourd’hui Emmanuel Macron, cinq Présidents qu’a déjà connu Déby, tous avec une différente et apparente philosophie mais toujours cloués au pré carré et la France Afrique. Vous êtes fiers de la France, pays de droit, donneur de leçons de démocratie et de liberté, mais nous aussi, sommes jaloux de notre pauvre pays le Tchad bien enclavé et, dont les populations n’aspirent qu’au strict minimum d’une simple vie paisible. Il est alors hors de question de nous soumettre à l’esclavagisme moderne dont les marionnettes sont nos propres frères africains. Mais il est encore tant Mr Emmanuel Macron Président de la France, d’examiner la demande de Idriss Deby Itno, qui veut marquer l’histoire et volontiers laisser le pouvoir. Ça sera le plus beau cadeau que vous l’aurez fait pour sa future carrière alors que les tchadiens ne vous seront qu’à jamais reconnaissants. En attendant, la Ligue des jeunes de la CTPD demande au chef de l’Etat de reprendre le contrôle de ce pays, de tenir ses engagements et de réaliser les projets promus pour le bien-être social de la population. Quatre ans encore à venir et que la rupture se fasse le plutôt dans cette calamiteuse gestion où le peuple ne fait que payer le plus lourd tribut. En fin, il serait ingrat de ne pas valoriser le travail des médias locaux, nationaux et internationaux, en relayant la voix des sans voix et en démystifiant ceux dont la mission est de couper le souffle de vie aux pauvres citoyens. Vive l’opposition démocratique pour restaurer au Tchad sa dignité et son intégrité d’une nation forte et prospère. Pour que vive la lutte pacifique. Je vous remercie »

Point de presse commenté par Ahmat Zéïdane Bichara/Moussa T. Yowanga

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