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8 Juillet 2017

Dans un article au titre évocateur publié sur les réseaux sociaux, sous la plume d’Aristide Rangar se présentant comme chroniqueur politique, l’auteur se plonge, une fois de plus, dans les eaux marécageuses de l’affaire de l’éviction du maire de Moundou, pour cerner la personnalité de Nerolel Ndoukle, le nouveau chef de l’exécutif municipal, essayer de comprendre ses motivations et en savoir un peu plus sur son ambition politique et éventuellement ses réseaux au sein et hors de sa famille politique. L’auteur fait une analyse pertinente de la situation, et surtout il pointe du doigt la question importante concernant l’avenir du nouveau maire de Moundou, le poumon économique du Tchad située au Sud du pays. De prime à bord, le journaliste Aristide Rangar constate la hardiesse de la tâche qui attend le nouveau maire « Entre les récompenses attendues de ses collègues conseillers qui l’ont porté aux affaires, les gestes d’allégeance envers les autorités administratives locales et le MPS qui ont manœuvré en coulisse et l’effort de rassemblement de son parti la Convention Tchadienne pour la Paix et le Développement(CTPD) autour de lui, le désormais maire de Moundou doit montrer son vrai visage. Il doit bientôt sortir de l’ambigüité pour afficher au grand jour sa vraie identité. En réalité, il est peut-être mieux connu dans le milieu scolaire et universitaire, notamment pour sa rigueur et son ardeur dans le travail en tant qu’enseignant. Mais l’homme est un inconnu sur la scène publique de Moundou. On lui reconnait encore moins les qualités de rassembleur.
Car pour en disposer, il faut du charisme et une certaine aura. Pour ceux qui le connaissent, Ndoukle semble rarement avoir fait preuve de largesses envers ses propres proches. Pour la plupart de ses proches, le nouveau Maire est quelqu’un de très radin. Modeste dans sa salle de classe ou l’amphithéâtre, comment pourra-t-il se transcender pour assumer brillamment les fonctions de l’exécutif du conseil municipal de la deuxième plus importante ville du Tchad. A défaut d’avoir leur part de gâteau, il doit être bien conscient que ceux qui ont manœuvré pour écarter Laoukein Kourayo l’attendent impatiemment au tournant. ». C’est avec raison lorsque l’auteur réserve tout un paragraphe à la question de « récompense », d’autant plus que, les conseillers municipaux attendent certainement beaucoup du nouveau Maire. Dans cette ambiance délétère, leurs indemnités ne sont plus versées pendant de nombreuses années, à en croire l’un d’eux. Alors que pour le sacrifice consenti pour placer Ndoukle à la tête de la mairie, chacun est assuré d’avoir en retour une récompense mirobolante. L’état de grâce va donc être de très courte durée pour le maire entrant s’il ne veut pas se fâcher avec ses alliés de circonstance. Le robinet a été fermé sous Laoukein Kourayo, où certains conseillers sont montés plusieurs fois au créneau pour exprimer leur colère de n’avoir jamais bénéficié de bon de commande alors qu’ils ne sont pas des commerçants. Cette fois-ci, ils espèrent profiter des avantages en nature et en espèce que pourrait leur offrir la mairie pour terminer en apothéose leur mandat. La pression semble déjà forte sur les épaules de Ndoukle qui, aura les mains bien liées face à ses collègues conseillers.
Par ailleurs, le chroniqueur politique met l’accent sur la nature des rapports qu’aura le nouveau maire avec les autorités administratives locales et le parti au pouvoir, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS). Il sera tiraillé entre faire la volonté des vrais commanditaires et le souci de vouloir s’affranchir de cette encombrante tutelle. La résolution de cette délicate équation n’est pas simple, au moindre faux pas, il paiera cash et très cher. « Si le nouveau Maire aura les mains liées face aux conseillers, la question de sa collaboration avec le département et le gouvernorat suscite déjà d’inquiétudes. Est-il encore un Maire de l’opposition? Pourra-t-il s’opposer frontalement au gouverneur, au Préfet ou même au commissaire de police ? La crispation durant 5 ans vient du fait que le maire évincé ne se laissait jamais intimidé par les autorités administratives ayant cherché à tout prix à le faire tomber.C’était long mais ils y sont parvenus par la complicité des conseillers du parti de Laoukhein Médard. D’emblée, le nouveau Maire, est considéré dans le rang du parti CTPD et des proches de Laoukein Kourayo comme le grand traître tout comme certains conseillers du parti qui l’ont soutenu dans ce complot. Les militants du parti CTPD ne voient derrière ce changement rien que la main invisible du MPS et leurs relais : les autorités administratives locales. Car la vitesse d’exécution de cette opération de « ôte-toi pour que je m’y installe » a été menée de main de maître, un véritable travail de sabotage bien réussi. Beaucoup d’observateurs et des moundoulais ont été pris de cours par la rapidité de révocation de l’ancien maire et l’installation de son successeur» Longtemps par le passé, la mairie de Moundou a été une vache à lait pour toutes les autorités administratives locales. Il a fallu attendre l’arrivée de Laoukein Médard à la tête de la municipalité pour tout verrouiller. C’est pourquoi, il a subi toutes formes de brimades et d’attaques sur le plan politique et personnel jusqu’à son éviction dans des conditions assez particulières.
Aujourd’hui en plaçant un aliéné ou faiseur de sale besogne, le tour est ainsi joué et les affaires louches peuvent de nouveau reprendre tranquillement. Les pontes du MPS jubilent depuis lors à Moundou tout comme à N’Djamena la capitale. Une page se ferme et une autre s’ouvre dans la vie communale de Moundou et en partant, au sein de la famille du parti CTPD. Le parti de Laounkein Médard semble divisé plus que jamais. Quelle attitude adoptera le nouveau maire vis-à-vis de son parti CTPD. Soit il est sincère et agira pour sauver son parti, soit il a retourné sa veste et comme une tomate pourrie, il va terminer le travail de déstabilisation confié à lui par le pouvoir MPS.Nerolel Ndoukole et les siens ne tarderont donc pas à se dévoiler et l’on attend de voir ce que ce ressortissant du département de Ngourkosso, fera de mieux pour se distinguer de l’ex-maire Laoukein Kourayo qui, après avoir été porté à la tête de la mairie par décret en 2002 et par voie des urnes en 2012 aura totalisé près de 9 ans à la tête de la capitale économique du pays. ». Faisant une déclaration sur les ondes de radios locales, après son installation, le nouveau maire veut rassurer les militants de son parti. « La CTPD doit être fière d’assurer la continuité de l’exécutif de la mairie. Je ne remplace pas Laoukein mais je le succède ». C’est un message d’apaisement adressé en direction de tous les militants et du maire débarqué, toujours président national du parti. Mais, les frustrations s’amplifient dans le rang des militants qui ne réclament rien d’autre qu’une lourde sanction contre lui et ses amis. Où mènera ce feuilleton politique, le parti CTPD du troisième homme des dernières élections présidentielles ? Il est légitime de se demander à qui le prochain tour ?
Moussa T. Yowanga/ Ahmat Zéïdane Bichara