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REGARDS D'AFRICAINS DE FRANCE

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Immigration canadienne : « Je ne veux pas d’aide sociale, je veux des papiers », souhaite Hanaa Alladullah, une Syrienne.

Un reportage tourné par Lisa-Marie Gervais, journaliste au journal canadien en ligne Le Devoir décrit la vie d’une certaine Hanaa Alabdullah qui a fui la Syrie pour les Etats-Unis avant de chercher refuge au Canada. Malheureusement comme le fait savoir Lisa-Marie dans ce reportage vivant, la demande de cette Syrienne qui a préféré le Canada au lieu de vivre aux Etats-Unis le pays de Donald Trump, a été rejeté sans toutefois l’expulser. Dans ce reportage publié  aujourd’hui mercredi 23 août 2017, la journaliste nous renseigne que Hanaa Alabdullah est pour ainsi dire « tolérée » pour l’instant jusqu’en 2019 au Canada, mais sans possibilité d’obtenir un statut qui lui permettrait légalement d’étudier, de travailler ou d’obtenir des soins de santé. Lisa-Marie Gervais La journaliste canadienne révèle que Comme bon nombre de demandeurs d’asile ces jours-ci, Hanaa Alabdullah est entrée au Canada en mars dernier par le chemin Roxham, aux environs du poste-frontière de Lacolle. Mais là s’arrête la comparaison, car contrairement à ces migrants, cette enseignante syrienne s’est vu refuser l’asile sur-le-champ et n’a même plus le droit de le demander. Son erreur ? Avoir d’abord tenté d’entrer officiellement au pays quelques jours auparavant, où elle a été refoulée en vertu de l’Entente sur les tiers pays sûrs, un accord qui l’oblige à demander l’asile aux États-Unis. « Je voulais faire les choses correctement, mais avoir su, je ne serais pas d’abord entrée par le poste-frontière », lance-t-elle, un brin médusé, dans le petit café où Le Devoir l’a rencontrée.

La reporter du journal Le Devoir insiste sur les mots en voulant faire savoir aux lecteurs ou aux gens que le cas d’Hanaa n’est pas isolé. « J’ai plusieurs clients dans cette situation. Ils sont vraiment dans les limbes », a reconnu Me Stéphanie Valois, qui représente beaucoup de demandeurs d’asile. « Des fois, il y a des gens qui m’appellent des États-Unis pour savoir quoi faire. Je ne peux pas leur dire de passer irrégulièrement. Mais s’ils se présentent aux postes frontaliers, ils vont se faire refuser. Alors, il faut que tu lises entre les lignes… » En effet, devant le discours hostile du président Trump et celui, plus accueillant, de Justin Trudeau, de plus en plus de migrants syriens, yéménites, latino-américains, etc. ayant candidement tenté d’entrer au Canada par la grande porte d’un poste-frontière l’ont vue se fermer brutalement. Dans le but de vouloir faire connaître aux Canadiens le nombre de ces demandeurs d’asile refoulés(jugés irrecevables),la journaliste du journal en ligne le Devoir parle d’une organisme de son pays « Immigration Canada » à l’exemple de « France Terre d’Asile » a dit ne pas recueillir ces données et la Commission de l’immigration et du statut de réfugié n’a pas pu répondre dans les 48 dernières heures.Le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR) dit connaître ce phénomène, dont le principal coupable serait cette fameuse Entente sur les pays tiers sûrs, qu’il conteste d’ailleurs devant les tribunaux. « C’est une situation très difficile, nos membres nous en parlent », confirme Janet Dench, directrice du CCR.

Selon elle, l’un des premiers impacts négatifs de l’entente est que les migrants qui veulent éviter les postes-frontières passent tous par le Québec, étant donné la barrière physique des Grands Lacs.Au déclenchement de la révolution, Hanaa Alabdullah a fait du travail humanitaire dans un hôpital d’Alep-Est et participé à des manifestations pacifiques qui lui ont valu 14 mois d’emprisonnement. « Je suis toujours recherchée [par le régime] », dit-elle, triturant la paille de son café glacé. L’auteure de cet article insiste avec des vraies explications sur le cas de cette jeune Syrienne en asile forcé qu’après avoir été évacuée en Turquie, elle est arrivée en février dernier aux États-Unis avec un visa de visiteur, grâce à l’ONG américaine pour laquelle elle travaillait. « Avec Trump, il y avait tellement d’hostilité envers les réfugiés, et des Syriens avaient été expulsés. J’avais tellement peur », raconte la jeune femme de 27 ans, qui admet être en choc post-traumatique. Le 6 mars 2017, elle se présente au poste frontalier à la sortie du tunnel entre Detroit et Windsor. Après 20 heures d’interrogatoire, on la refoule aux États-Unis, avec une interdiction de séjour au Canada d’un an. « J’avais vu dans les nouvelles que le Canada acceptait les gens, mais je ne savais pas que c’était différent une fois sur le terrain. Parce que là, on se sent forcés d’entrer de manière informelle, par la forêt. » C’est d’ailleurs ce que les agents d’immigration lui auraient dit, à demi-mot. Désespérée écrit journal Le Devoir, elle prend la direction du chemin Roxham, à peine dix jours plus tard. À l’instar d’autres familles, elle est interceptée par la Gendarmerie royale du Canada. Après un long interrogatoire par les agents des services frontaliers, on la laisse finalement partir le soir, sans la renvoyer chez le voisin du sud, en lui donnant un papier précisant toutefois que sa demande d’asile est « irrecevable ».

Depuis cinq mois, Hanaa est pour ainsi dire « tolérée » jusqu’en 2019 au Canada, mais sans possibilité d’obtenir un statut qui lui permettrait légalement d’étudier, de travailler ou d’obtenir des soins de santé. Comme le Canada n’expulse personne vers la Syrie, elle ne se qualifie pas pour demander un examen des risques avant renvoi (ERAR), une procédure qui l’autoriserait probablement à demeurer au pays. Et elle doit attendre à l’an prochain avant de déposer une demande de résidence permanente pour motifs humanitaires, qui pourrait tarder de quatre ans. Pour mieux comprendre ce problème de rejet de dossier de cette Syrienne, Le Devoir rapporte qu’interpellé sur cette question lundi à Lacolle, le ministre de l’Immigration Ahmed Hussen a rappelé l’importance de l’Entente sur les pays tiers sûrs et a dit ne pas pouvoir commenter des cas particuliers. Me Valois déplore le caractère « absurde » de la situation. « Le gouvernement devrait être capable de gérer ça. S’il y a un moratoire sur un pays, c’est que l’on considère que la situation est trop grave pour qu’une personne y retourne. Techniquement, on devrait pouvoir lui offrir un statut. » En attendant de revoir sa famille un jour, Hanaa a commencé à apprendre le français, grâce à une école qui lui donne des cours gratuitement, et attend depuis des mois un permis de travail qu’elle n’est pas sûre de se voir accorder. « Je sais que je dois recommencer ma vie à zéro et je suis prête à refaire mes études et à travailler. » Et pour ce faire, elle répète encore qu’elle n’a besoin que d’une chose : « Je ne veux pas d’aide sociale ou des paniers de provisions, je veux des papiers ! »Le premier ministre Justin Trudeau participera mercredi à une rencontre de planification du groupe de travail fédéral-provincial chargé de gérer l’arrivée de demandeurs d’asile à la frontière canadienne. Même si le nombre de personnes qui franchissent la frontière de façon irrégulière semble diminuer depuis quelques jours 140 par jour au lieu de 250, les autorités doivent tout de même composer avec un volume important de demandes de statut de réfugiés.

Ahmat Zéïdane Bichara

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