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Birmanie : La rébellion Rohingya rejette l’aide d’organisations terroristes internationales.

Nos confrères de la RTBF et ses Agences ont publié le jeudi 14 septembre 2017, des informations consultées sur le site Intelligence Group, spécialisé dans la surveillance des sites internet islamistes selon laquelle on apprend qu'Al-Qaïda a lancé cette semaine un appel solennel aux musulmans du monde entier à « soutenir les rohingyas financièrement et militairement ». Les rebelles musulmans Rohingyas qui sont entrés en conflit armé violent contre l’armée fin août, ont catégoriquement décliné cette offre. Ils ont rejeté jeudi toute aide qui viendrait d’organisations terroristes extérieures. « Nous n’avons aucun lien avec Al-Qaïda, l’Etat islamique ou tout groupe terroriste international. Et nous ne souhaitons pas que ces groupes s’impliquent dans le conflit en Arakan (ancien nom de l’Etat Rakhine) », a notifié l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA) jeudi dans un communiqué découvert sur Twitter.

La rébellion rohingya naissante va plus loin en demandant « aux Etats de la région d’intercepter et d’empêcher l’entrée en Etat Rakhine de terroristes qui ne pourraient qu’aggraver la situation ». La branche armée de la rébellion, l’ARSA, localement connu sous le nom Harakah al-Yaqin, entendez Mouvement de la foi en arabe avait annoncé unilatéralement dimanche l’arrêt temporaire de ses opérations militaires pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire. Les Nations Unies ont estimé à 380 000 le nombre des réfugiés Rohingyas arrivés au Bangladesh depuis le déclenchement des hostiles le 25 août dernier dans cette partie de la Birmanie. Face à la gravité persistance du conflit, le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni mercredi a réclamé aux autorités birmanes des mesures « immédiates » pour faire cesser une « violence excessive » dans l’ouest de ce pays.

Jusque-là restée silencieuse, l’ancienne lauréate du prix Nobel de la paix et dirigeante birmane Aung San Suu Kyi va finalement s’exprimer devant la nation sur la crise des Rohingyas qui touche son pays. La communauté internationale n’a pas apprécié ces dernières semaines son mutisme face à la situation dont la minorité musulmane Rohingya est victime en Birmanie. Selon, des sources gouvernementales, elle s’adressera à ses concitoyens mardi prochain à la télévision. Cette prise de parole s’inscrit dans l’intérêt de « la réconciliation nationale et de la paix », fait-on savoir. Par ailleurs, l’annulation de sa participation mercredi à l’Assemblée générale des Nations unies, se justifie par le fait qu’elle entend « coordonner l’assistance humanitaire », selon son porte-parole. Moussa T.Yowanga

Encadré : « Rohingyas : Amnesty accuse l'armée birmane de « politique de la terre brûlée ». Depuis hier jeudi 14 septembre 2017, l’Amnesty international a réagi contre le comportement de l’armée birmane qu’elle accuse de « politique de la terre brûlée ». Selon cette ONG humanitaire « Plus de 80 sites (ont été) incendiés depuis le 25 août dans le cadre d'une campagne planifiée. Des témoignages attestent du caractère planifié, délibéré et systématique des attaques ». Selon le communiqué d’Amnesty international, les tensions entre musulmans et bouddhistes sont vives depuis des années dans cette région de la Birmanie, majoritairement musulmane alors que le reste du pays est à plus de 90% bouddhiste. Les autorités birmanes et un puissant mouvement de moines radicaux voient les Rohingyas comme une menace à l'identité bouddhiste du pays. Les rebelles de l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA), auteurs des attaques contre plusieurs dizaines de poste-frontières birmans depuis le 25 août, disent vouloir défendre les droits de cette minorité, qui est la plus importante population apatride au monde.

Amnesty se base sur des images satellites montrant dans l'Etat Rakhine (ouest) les villages avant et après, mais aussi sur des témoignages recueillis des deux côtés de la frontière, alors qu'il est quasiment impossible pour la presse d'accéder à la zone de conflit.« Les preuves sont irréfutables les forces de sécurité du Myanmar mettent le nord de l'État d'Arakan (autre nom de l'Etat Rakhine, ndlr) à feu et à sang dans le cadre d'une campagne ciblée visant à faire partir les Rohingyas du Myanmar. Ne vous méprenez pas : il s'agit bien de nettoyage ethnique », estime Tirana Hassan, directrice du programme Réaction aux crises à Amnesty International. « Nous sommes face à une politique claire et systématique qui se traduit par des violations des droits humains. Les forces de sécurité encerclent un village, tirent sur les habitants qui fuient dans la panique, puis mettent le feu aux maisons. Sur le plan juridique, ce sont des crimes contre l'humanité des attaques systématiques et l'expulsion forcée de civils », dénonce Mme Hassan. « Les tentatives du gouvernement de rejeter la responsabilité sur les Rohingyas sont des mensonges éhontés. Notre enquête fait clairement ressortir que ses propres forces de sécurité, appuyées par des milices, ont mis le feu aux maisons des Rohingyas », dénonce-t-elle, alors que la Birmanie accuse les rebelles d'être les auteurs des incendies. Elle appelle la communauté internationale à « intensifier les pressions sur Aung San Suu Kyi et les hauts dirigeants de l'armée ». Selon l'ONU, près de 389.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh ». La Rédaction

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