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23 Septembre 2017

Après la débâcle de la présidentielle au cours de laquelle la candidate frontiste Marine Le Pen était sèchement battue par le nouveau phénomène en politique Emmanuel Macron, la bataille interne pour le contrôle du parti s’est vite installée. Après une défaite si amère, il fallait nécessairement trouver des explications rationnelles pour relancer la machine et parmi celles-ci le courant idéologique porté par Florian Philippot, à qui certains attribue la défaite de Marine Le Pen en fait partie. Nul n’ignore que la crise couvait bien avant la présidentielle au sein du parti d’extrême droite autour des questions de lignes idéologiques, entre Marion Maréchal Le Pen et sa tante d’une part, entre Florian Philippot et la présidente Marine Le Pen d’autre part. Si le départ surprise de Marion Maréchal, de la vie politique pourrait être considéré comme une épine en moins dans le pied de sa tante, il n’en demeure pas moins, pour la refondation en marche du parti, l’équation Florian Philippot reste entière à résoudre
Acculée de toutes parts, la présidente du Front national a fini par lâcher celui avec qui, elle entretient des relations privilégiées, au point d’en faire un bras droit très écouté. Il y avait un an lors d’un entretien télévisé, elle tenait des propos fort élogieux à propos de leurs liens : « La rencontre avec Florian était d’abord une forme de coup de foudre intellectuel. On s’est rencontré et nous réfléchissions de la même manière. Je pense que c’est un élément essentiel du Front national, et d’ailleurs ceci est vrai que je l’ai nommé vice-président et donc je n’ai pas eu à le regretter ». Cette belle époque fait désormais partie du passé puisque le vice-président du Front national Florina Philippot a annoncé jeudi qu’il « quittait » sa formation politique après avoir été rétrogradé mercredi par la présidente au rang de vice-président sans délégations (stratégie et communication) pour avoir refusé de quitter la présidence de son association « Les Patriotes ». Pourtant avant d’être déchargé mercredi, il était le responsable du pôle communication, aujourd’hui confié à l’ex-directeur de campagne pour la présidentielle, David Rachline. Florian Philippot était l’homme des chaînes d’information, celui qui portait la parole de son parti, et apportait imperturbable contradictions et commentaires concernant divers évènements et actualités sur le plan national et international.
Fervent pourfendeur de l’euro et l’Union européenne, depuis quelques semaines, il constate impuissant, d’autres conseillers comme Philippe Olivier et Bruno Bilde lui ravir la vedette auprès de la présidente. « Je vois Marine qui laisse faire... », Confie-t-il mercredi sur le plateau de CNews. Il accuse lesdits conseillers de faire opérer au parti « un retour en arrière terrifiant, qui affole des milliers de gens ». Il y voit à travers cette trajectoire idéologique, le retour du temps de la grosse caisse anti-immigration et pour la défense de la France éternelle. Il prévient du changement soudain du ton d’un journal bien particulier : « Le journal Minute, la pire tendance de l’extrême droite, qui depuis des années crachait sur le FN, ce qui était très positif, pour la première fois a fait l’éloge du nouveau FN. Il faut s’inquiéter », assène Florian Philippot. Pour justifier son départ du Front national, Florian Philippot évoque son maintien au poste de vice-président sans attribution : « On m’a dit que j’étais vice-président à rien... Ecoutez, je n’ai pas le goût du ridicule, je n’ai jamais eu le goût de rien faire, donc bien sûr je quitte le Front national », a-t-il déclaré sur les antennes de France 2.L’annonce de cette démission a donné lieu à de nombreuses réactions politiques, dont certaines sont venues de certains militants du FN, à l’image du député Louis Aliot qui publie un tweet jeudi matin « Le FN va enfin connaître l’apaisement face à un extrémiste sectaire, arrogant et vaniteux qui tentait de museler notre liberté de débattre ». On entend également un autre son de cloche au sein du FN qui regrette le départ de Florian Philippot qui incarne un courant social-souverainiste.
Invitée de Jean Jacques Bourdin, animateur de l’émission matinale de BFMTV, Marine Le Pen a tenté d’apporter sa version des faits par rapport à la démission de son ex-bras droit qu’elle déplore le départ et l’accuse en même temps d’être déloyal à son égard. « Les ruptures en politique comme dans la vie, hélas ça fait partie d’une existence. Mais c’est la manière dont ça se passe. Florian m’aurait dit, je lui ai d’ailleurs suggéré. Voilà moi, je veux mener une aventure personnelle, j’ai envie d’être patron chez moi, je pense avoir une offre politique qui peut être spécifique, en tout cas, en termes de priorité sur l’euro etc. J’aurais parfaitement compris. Et ceci se serait déroulé dans de meilleures conditions », se justifiait-elle. S’agissant, de son maintien au poste de vice-président sans attribution, elle se défend d’avoir été en quelque sorte obligée de lui enlever la délégation de communication car dit-elle, c’était impossible pour lui de la conserver même si elle n’apporte pas des raisons valables, En revanche, elle ne comprend pas que son vice-président se serve de cet argument pour démissionner : « Non, je trouve que ce n’est pas à la hauteur.
On peut partir par le haut d’un mouvement politique. Vous savez le Front national ce n’est pas une secte. On peut y entrer et on peut aussi en sortir. Et ce n’est pas dramatique », dit-elle. Marine Le Pen éprouve des regrets de voir partir Florian Philippot qu’elle partage ensemble les idées. : « J’ai le sentiment d’un gâchis, parce que je sais que Florian va perdre son énergie. Je sais très bien qu’il n’a pas et je pense qu’il le sait aussi, d’espace politique. Parce que nous pensons la même chose, nous défendons la même chose et parce que quelque part nous avons la même sensibilité ».Le divorce est consommé entre Florian Philippot et le Front national à l’exemple des époux qui n’ont plus rien en commun sinon juste le souvenir d’avoir vécu ensemble pour le meilleur et pour le pire dans un contrat à durée déterminée.
Moussa T. Yowanga