Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
REGARDS D'AFRICAINS DE FRANCE

Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !

Publicité

RDC : La Cenco s’inquiète du statu quo politique actuel.

Malgré tant de promesses et de déclarations rassurantes, le calendrier électoral n’a toujours pas été publié par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Pourtant, dans un communiqué publié à la fin des travaux de la première réunion d’évaluation du processus électoral fin août, les participants ont indiqué avoir doté à la CENI, une feuille de route pour l’élaboration du calendrier électoral. La CENI s’est alors engagée à publier " incessamment" un calendrier « réaliste ». L’absence de ce calendrier électoral suscite beaucoup de tensions au sein de la classe politique et de la société congolaise. Cette situation confuse a amené la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) à exprimer mardi à Bruxelles ses vives inquiétudes par rapport à l’éventuelle impossibilité de tenir dans les délais des élections, prévues en principe d’ici la fin de l’année pour assurer une « alternance démocratique ». La Cenco s’inquiète aussi de la détérioration générale de la situation en RDC, "Plus on avance (vers cette échéance), plus notre inquiétude augmente", a déclaré le président de la Cenco, Mgr Marcel Utembi Tapa, en visite de plaidoyer en Europe. La possible non-tenue des élections présidentielles, législatives et provinciales fixées normalement "au plus tard en décembre 2017", en vertu d’un accord conclu fin 2016, sous l’égide de l’église catholique Congolais reste la principale source des surenchères verbales actuelles de tous côtés. Cela ne contribue pas de loin à l’apaisement du climat politique.

 

L’opposition congolaise n’est pas unanime à l’appel à la désobéissance civique prévu à partir du 1er octobre, si le corps électoral n’est pas convoqué au scrutin présidentiel avant le 31 décembre. Pendant ce temps, le président Joseph Kabila, dont le second mandat constitutionnel a expiré le 19 décembre dernier, déclare samedi lors de la 72ème Assemblée générale que le cap vers des élections était "définitivement fixé", sans toutefois avancer de date. Le premier ministre belge a sûrement évoqué avec lui cette question importante de calendrier électoral lors de leur tête à tête au siège des Nations unies. Une délégation de la Cenco effectue actuellement en Europe (Belgique et Paris), une visite, dont le but est d’alerter les partenaires internationaux de la RDC sur l’évolution de la situation dans le pays. « Nous sommes là pour prévenir les violences qui peuvent survenir dans notre pays, nous demandons un calendrier électoral consensuel », s’est confié le père Clément Makiobo, faisant observer par ailleurs que l’enrôlement des électeurs par la CENI, se déroulait en dehors du calendrier électoral, alors qu’il est censé en faire partie intégrante. Débuté en juillet 2016, le recensement électoral devrait s’achever au mieux à la moitié de décembre, tandis que le parlement congolais, réuni en session ordinaire du 15 septembre au 15 décembre, doit adopter plusieurs lois en rapport avec la tenue des scrutins."Malheureusement, dans l’ordre du jour du parlement, on n’en parle pas", a déploré le père Makiobo.

 

A ce jour, la CENI communique les chiffres de 42 millions d’électeurs potentiels enregistrés sur un total de 45 millions attendus, dans 24 des 26 provinces. Cependant, les évoques catholiques réclament surtout un « audit citoyen » du fichier électoral. " Parce que la fraude commence à ce niveau-là", a insisté le père Makiabo. Le prêtre catholique n’a pas manqué de dresser un constat sans complaisance de la situation actuelle de son pays : "Les choses ne sont pas arrangées. Les violences se font sentir de plus en plus, la situation des droits humains est catastrophique. Nous assistons à la réduction de l’espace politique. C’est vraiment un recul » par rapport il y a quelques années" a commenté le père Makiobo. "Tout d’un coup, tout s’est arrêté", a-t-il poursuivi. L’église catholique prévient la classe politique congolaise qu’elle n’était pas prête de superviser un 3ème dialogue entre la majorité présidentielle et l’opposition, lamentablement divisée." Nous sommes logiques et cohérents envers nous-mêmes, L’accord du 31 décembre souffre de sa mise en œuvre à 90%. Nous ne pouvons pas piloter un 3ème dialogue alors que le précédent n’est pas appliqué", s’est demandé Mgr Utembi, archevêque de Kisangani. Pour l’évêque de Kisantu, dans la province du Kongo central, " A voire la délinquance de l’homme politique congolais, un autre dialogue irait dans le sens de saper l’accord du 31 décembre. C’est possible de sortir de la crise sans un autre dialogue. Tout est encore possible", veut-il croire.

Moussa T. Yowanga

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article