Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !
11 Octobre 2017
(La photo de Guemona Djimet,doctorant à Toulouse).
A l’occasion de la septième édition de la Journée Internationale de la Fille qui se célèbre aujourd’hjui 11 octobre 2017 sur le thème « Autonomiser les filles: Avant, pendant et après les crises », la Coordination Nationale des Associations des Jeunes pour la Lutte contre le Sida (CONAJELUS) se joint aux appels à l’action à travers un communiqué de presse parvenu hier mardi 10 octobre 2017 à la Rédaction de Regards d’Africains de France par le biais d’Eric Mocnga Topona son correspondant spécial à Bonn en Allemagne, afin de mettre fin au mariage des enfants au Tchad.
Selon cette Coordination Nationale des Associations des Jeunes pour la lutte contre le Sida(CONAJELUS), le mariage des enfants entrave les efforts visant à améliorer l’éducation au Tchad. Les filles-épouses ne bénéficient pas des opportunités éducatives et économiques qui pourraient les aider à s’extraire de la pauvreté et qui sont nécessaires à la construction d’un avenir pérenne et prospère pour leurs communautés et notre pays. Mais les bénéfices de l’éducation des filles sont néanmoins largement tangibles : le taux de mortalité des enfants dont la mère a suivi au moins sept ans d’éducation scolaire est jusqu’à 58 % inférieur à celui des enfants dont la mère n’a pas reçu d’éducation scolaire. Une femme ou fille sur trois est victime de violence pendant sa vie. Le mariage des enfants est une manifestation de cette violence, car les femmes et les filles sont exposées au risque de violence sexuelle, physique et psychologique tout au long de leur vie. D’après l’administrateur de la CONAJELUS, monsieur Adam Abakar Kayaye, au cours des dernières années, une attention sans précédent a été portée au mariage des enfants en tant que question centrale des droits de l’homme et du développement : En 2013, la Commission de la Condition de la Femme des Nations Unies, le principal organe décisionnel à l’échelle mondiale consacré à l'égalité des genres et la promotion de la femme, a reconnu le mariage des enfants comme étant une forme de violence et a demandé à ce qu’il y soit mis fin. En 2013, l'Assemblée Générale des Nations Unies et le Conseil des Droits de l'Homme ont adopté des résolutions unanimes soutenues par plus de 100 États avec l’objectif d’appuyer les efforts visant à mettre fin au mariage des enfants.
En Juillet 2014, le Groupe de Travail Ouvert des Nations Unies sur les Objectifs de Développement Durable a recommandé la cible "d’éliminer toutes les pratiques nocives, telles que les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés et l’excision » dans l'agenda pour l’après-2015. En Juillet 2014, la Charte du Sommet de la Fille, a attiré plus de 450 signataires et stimulé l’engagement d’un ensemble d'acteurs à accélérer l'action pour mettre fin au mariage des enfants. Il rappelle qu’en mars 2015 le Tchad a signé la loi 29 portant interdiction des mariages d'enfants. Ces engagements doivent être traduits en actions visant à améliorer de manière tangible la vie des filles au Tchad. Nous aurons besoin de leadership à tous les niveaux ; dans les communautés, les écoles, les établissements de santé, au Parlement, et dans l'ensemble du gouvernement, et il faudra reconnaitre que tous les secteurs de la société ont un rôle à jouer pour mettre un terme au mariage des enfants. La CONAJELUS appelle le Gouvernement pour l’inclusion du mariage des enfants dans les programmes nationaux de développement, en vue des négociations gouvernementales dans le cadre du Plan National de développement 2017-2021.
Ahmat Zéïdane Bichara