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REGARDS D'AFRICAINS DE FRANCE

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Tchad: Toute l'intelligentsia tchadienne n'est-elle pas issue, pour le plus grand nombre des milieux pauvres ?

"L'enseignement supérieur n'a jamais été pour les enfants des pauvres". Répondant indirectement aux propos tenus depuis le 16 octobre sur le site Tchadinfos par l’ancien journaliste indépendant, aujourd’hui directeur général des Droits de l’Homme au ministère de la justice, Abdelnasser Garboa qui eut déclaré que : « L’enseignement supérieur n’a jamais été pour les enfants de pauvres. Tu as les moyens tu fais tes études supérieures, tu n’en as pas tu te cherches un métier. Voilà, c’est aussi simple que cela. Le Tchad ne saura être une exception. Le gouvernement peut instaurer une bourse d’excellence pour les enfants de parents démunis et qui font montre de capacités particulières ; pour les étudiants régulièrement inscrits doivent revendiquer des meilleures conditions d’études et de recherche. Enfin les choses reviennent sur les vrais fondamentaux. La fuite en avant des politiques qui ne veulent pas assumer la rupture de l’époque où tous les étudiants Tchadiens atteignaient à peine deux à trois cents personnes et bénéficiaient même des billets d’avions de vacances doit s’arrêter… »

Arrêtons-nous seulement un instant sur cette partie qui suscite de vives polémiques tant sur les réseaux sociaux qu’ailleurs. Notre correspond spécial Nadjikimo Benoudjita n’est pas resté de marbre par rapport à des propos qu’il qualifie de « stupides ». Comme tout bon démocrate, il privilégie le combat des idées à travers un débat contradictoire c’est-à-dire argument contre argument. Autant Jésus aime profondément l’Homme et hait le pêché en lui, autant Nadjikimo ne partage pas du tout les déclarations péremptoires de son jeune confrère et tient à lui démontrer qu’elles sont fausses et ne peuvent être considérées comme des postulats crédibles. La Rédaction publie intégralement le point de vue de Nadjikimo Benoudjita.

 D'où vient celui qui a écrit une telle stupidité qui ne peut sortir que d'un esprit ignare. Toute l'intelligentsia tchadienne, celle qui a donné toutes les générations de cadres de l'administration publique comme privée n'est-elle pas issue, pour le plus grand nombre des milieux pauvres ? Le meilleur pourvoyeur de l'enseignement supérieur au Tchad n'est-il pas l'enseignement catholique ? Et dans quel vivier a-t-il toujours puisé : au Guéra, au Moyen-Chari, au Moyen Logone, au Chari Baguirmi ? Les établissements primaires et secondaires du public ne sont-ils pas, depuis la colonisation jusqu'à nos jours, ouverts aux enfants des lambdas ? Ne sont-ils pas, en quantité tout au moins, les premiers pourvoyeurs de la fonction publique ? Au Moyen-âge, l'église recrutait ses moines, cette intelligentsia de l'ombre au sein des milieux pauvres. Et au final, qui a dit que l'intelligence est le domaine exclusif des riches et que ce n'est que dans ce milieu que sortent les génies ? Non, il ne faut pas divaguer. Cette volonté d'exclure à tout prix qui a commencé par la géopolitique et qui perdure, de nos jours, condamne les ressources humaines du pays. Que la finalité des études ne soit pas nécessairement l'enseignement supérieur est tout à fait défendable comme point de vue.

Le Tchad a mortellement besoin de bons techniciens et ouvriers qualifiés. Et la multiplication de bonnes écoles qui prennent en compte cette dimension des besoins en ressources humaines de cette catégorie de travailleurs, est d'une nécessité qui relève de l'urgence. Mais ce mensonge qui cache une politique ouverte de discrimination doit cesser. Nul n'ignore que, sous la table, de dizaines de jeunes de certaines régions et de certaines familles, envahissent chaque année des compagnies telles la RAM, Turkish, ou Ethiopian nantis de bourses d'études pour le Cap, Joe Burg, Durban, Tunis, Kuala Lumpur, le Canada ou les États Unis...Pour répondre aux besoins des étudiants et résoudre cette crise, ne devrait-on pas, simplement, par exemple, réduire les missions et l'effectif des membres de ces missions excessivement coûteuses et improductives; supprimer le coûteux carnaval annuel des chameliers dont le caractère discriminatoire et arrogant ne laisse pas de surprendre? Ou encore supprimer les mille et un postes de conseillers qui ne conseillent rien et des députés qui ne contestent ou ne revendiquent jamais rien pour les populations ? Ou encore, j'allais oublier, fermer Tchadinfos, ce canard, partial, flagorneur et obséquieux animé par ces journalistes de formation « désinformateurs »?

Nadjikimo Benoudjita, correspondance particulière

 

 

 

 

 

 

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