Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !
6 Novembre 2017

Cette question n’est-elle pas bien posée ? Apparemment oui ! Mais l’essentiel n’est pas de savoir la manière où elle est posée et l’intérêt qu'elle porte, mais plutôt les réactions des populations Saoudiennes face à un prince qui donne l'air en étant très loin de ce Royaume, d’un patron qui s’impose par sa nouvelle philosophie qui paraîtrait s'opposée à la politique de ses prédécesseurs. En revanche il reste à vérifier cette pluralité d’informations provenant des médias étrangers commentant en bien ou en mal sa nouvelle politique. Une chose est sûre, ça bouge beaucoup dans ce Royaume et Mohammed Ben Salmane est l’image d’un prince héritier qui n’a pas peur de s’attaquer aux valeurs non démocratiques entretenues depuis des longues dates par une dynastie,dont il provient lui-même, bloquant ainsi la reforme positive de son pays. Les deux articles ci-dessous sélectionnés par la Rédaction, vous feraient probablement savoir les décisions souvent courageuses de ce prince qui n’a peur de rien. Il ne veut épargner personne.
(Sources RTBF) Le prince héritier d’Arabie saoudite a mené une opération de purge sans précédent qui doit lui permettre de consolider son pouvoir. Mais qui est exactement Mohammed ben Salmane et quelles sont ses intentions ? Mohammed ben Salmane Al Saoud, est né le 31 août 1985 à Riyad. Membre de la dynastie saoudienne, il est le prince héritier d'Arabie saoudite et vice-Premier ministre depuis le 23 juin 2017. Depuis samedi, il est à la tête d'une commission anticorruption qui vient d’être créée par décret royal. Cette commission a entraîné l’arrestation de 11 princes et des dizaines de ministres, anciens et actuels. Depuis plusieurs siècles, les rois se passaient le pouvoir entre frères, mais c’est la première fois que le fils du Roi devient prince héritier. Il est le fils du Roi actuel, ce qui est unique dans l’histoire de l’Arabie saoudite.
Il a annoncé plusieurs projets et lois qui vont réformer le pays et lui offrir une nouvelle image dans le cadre d’une « vision 2030 ». « Il a annoncé de projets économiques gigantesques d’une valeur de centaines de milliards d’euros. Il veut également réformer l’image conservatrice religieuse du pays », analyse Maid Kalifeh, journaliste expert du Moyen-Orient pour la VRT. Il souhaite à la fois maintenir la stabilité économique interne du pays et envoyer un signal positif au monde extérieur. Il y a quelques jours, l’Arabie saoudite a aussi déclaré la mise en place d’une commission sur l’interprétation du Coran. Majd Kalifeh explique : « L’objectif est d’analyser les causes de la mauvaise interprétation des propos du prophète, notamment les propos qui seraient liés aux actes terroristes. » Le prince héritier a également arrêté les « Rois de l’économie de l’Arabie saoudite », comme Al-Walid ben Talal, qui est par ailleurs le deuxième actionnaire de Twitter. Le journaliste de la VRT conclut : « C’est un signal fort pour dire à la population que ce n’est pas la énième fausse opération pour s’attaquer à la corruption. Cette fois-ci, c’est sérieux et cela n’épargne personne. »
Arabie Saoudite : le prince héritier fait arrêter 11 princes et des dizaines de ministres et ex-ministres (Sources AFP). Onze princes et des dizaines de ministres, anciens et actuels, ont été arrêtés samedi soir en Arabie saoudite, selon des médias, au cours d'une purge sans précédent qui doit permettre au jeune prince héritier de consolider son pouvoir. Parallèlement, les puissants chefs de la Garde nationale saoudienne, une force d'élite intérieure, et de la Marine ont été limogés. Ces arrestations et limogeages sont intervenus quelques heures après la création, par décret royal, d'une commission anticorruption dirigée par le prince héritier et homme fort du royaume ultra-conservateur, Mohammed ben Salmane, âgé de 32 ans et surnommé MBS. Selon la chaîne satellitaire Al-Arabiya, à capitaux saoudiens, onze princes, quatre ministres et des dizaines d'anciens ministres ont été arrêtés alors que la commission a lancé une enquête sur les inondations qui ont dévasté en 2009 la ville portuaire de Jeddah (ouest), sur la mer Rouge, à la suite de pluies torrentielles, faisant une centaine de morts.L'agence de presse officielle saoudienne SPA a indiqué que le but de la commission était de « préserver l'argent public, punir les personnes corrompues et ceux qui profitent de leur position ».Le conseil des religieux a rapidement réagi sur son compte Twitter en affirmant que la lutte contre la corruption était "aussi importante que le combat contre le terrorisme ».Parmi les personnes arrêtées figure le prince et milliardaire Al-Walid ben Talal, selon des sites web saoudiens. Cette information n'a pas été confirmée officiellement.
Une source aéroportuaire a par ailleurs indiqué à l'AFP que les forces de sécurité avaient cloué au sol des avions privés à Jeddah, pour empêcher que certaines personnalités quittent le territoire. « L'étendue et l'ampleur de ces arrestations semblent être sans précédent dans l'histoire moderne de l'Arabie saoudite », a affirmé à l'AFP Kristian Ulrichsen, spécialiste du Golfe à l'institut Baker de l'université Rice, aux Etats-Unis. « Si la détention du prince Al-Walid ben Talal se confirme, elle constituera une onde de choc sur le plan intérieur et dans le monde des affaires internationales », estime cet expert. Contrôlant les principaux leviers du gouvernement, de la défense à l'économie, Mohammed ben Salmane semble chercher à étouffer les contestations internes avant tout transfert formel du pouvoir par son père, le roi Salmane, âgé de 81 ans.
Fin octobre, MBS, issu de la jeune génération princière saoudienne, a promis une Arabie « modérée », en rupture avec l'image d'un pays longtemps considéré comme l'exportateur du wahhabisme, une version rigoriste de l'islam qui a nourri nombre de jihadistes à travers le monde. « Nous n'allons pas passer 30 ans de plus de notre vie à nous accommoder d'idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant », avait-il assuré sous les applaudissements des participants à un forum économique baptisé le « Davos dans le désert » qui avait attiré 2500 décideurs du monde entier. Il a lancé plusieurs chantiers de réformes -- droit de conduire pour les femmes et ouvertures de cinémas notamment -- qui marquent le plus grand bouleversement culturel et économique de l'histoire moderne du royaume, avec une marginalisation de fait de la caste des religieux conservateurs. Dans le même temps, il a œuvré pour renforcer son emprise politique sur le pouvoir, procédant notamment en septembre à une vague d'arrestations de dissidents, dont des religieux influents et des intellectuels. Selon des analystes, nombre de ces dissidents critiquaient la politique étrangère musclée du jeune prince héritier, comme le boycott du Qatar, ainsi que certaines réformes comme la privatisation d'entreprises publiques et la réduction des subventions de l'Etat.
Choix et commentaire de Ahmat Zéïdane Bichara