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13 Novembre 2017

Surnommée la « veuve noire », une ancienne millionnaire japonaise, Chisako Kakehi âgée de 70 ans a été condamnée à mort par pendaison mardi dernier pour avoir assassiné trois de ses conjoints et une tentative de meurtre sur la quatrième, au terme d’un rocambolesque et captivant procès, rapporte l’AFP cité par RTBF. Outre le qualificatif de « veuve noire » en référence à cette araignée dévorant les mâles après l’accouplement, elle était considérée aussi « d’empoisonneuse » car elle avait parfois recours à du cyanure pour arriver à ses fins. Pour la juge du tribunal de Kyoto, Ayako Nakagawa « l’accusée a fait boire du cyanure avec l’intention de tuer dans les quatre cas », selon des propos rapportés par la chaîne télévisée NHK. Son mode opératoire consiste à supprimer ses amants après avoir veillé à ce qu’ils la désignent comme héritière. Les avocats de Mme Kakehi avaient plaidé que leur cliente était atteinte de démence, donc elle ne pouvait être pénalement tenue pour responsable de ses actes. En dix ans, elle avait accaparé une fortune d’un milliard de yens (7,6 millions d’euros environ) sous la forme d’assurance vie, de biens immobiliers et de dépôts bancaires, selon la presse. Elle avait été arrêtée en novembre 2014, après avoir perdu une bonne partie de sa fortune dans des placements financiers hasardeux.
Selon les médias, depuis la mort de son premier conjoint en 1994 des suites d’une maladie, elle aurait eu des relations avec une dizaine d’hommes, dont six sont morts. Elle s’est mariée avec quatre d’entre eux, et les attirait vers elle via des agences matrimoniales qui lui présentaient, à sa demande, des hommes plus âgés, fortunés, sans enfants et vivants seuls Par ailleurs les enquêteurs avaient retrouvé des traces du poison dans les poubelles de sa maison à Kyoto et plus grave encore, du cyanure a été détecté dans les corps d’au moins deux de ses anciens conjoints. D’autres objets suspects tels que du matériel pour administrer des médicaments, ainsi que des livres médicaux ont été découverts par les enquêteurs dans un autre appartement qu’elle possédait à Kyoto. Mme Kakehi avait eu une attitude pour le moins surprenante car elle avait d’abord clamé son innocence, puis refusé de s’exprimer au début de son procès. Mais elle a subitement reconnu avoir tué son quatrième conjoint. « Je l’ai tué (…) parce qu’il donnait à d’autres femmes des dizaines de millions de yens, mais qu’à moi il ne donnait rien », s’est-elle défendue devant le tribunal selon l’agence de presse Jiji. Plus tard, elle avait déclaré aux juges qu’elle était disposée à affronter la peine capitale : « Même si j’étais exécutée demain, je mourrai avec le sourire ». Cependant ses avocats ont annoncé qu’ils envisagent de faire appel devant une plus haute juridiction, selon les médias japonais.
Moussa T. Yowanga