Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !
26 Novembre 2017
« Parole au peuple », est une nouvelle page réservée au grand public par la Rédaction comme une tribune d’expression ouverte qui penche sur tous les sujets abordés par les utilisateurs des réseaux sociaux. Les réactions et commentaires les plus pertinents vous seront soigneusement sélectionnés et publiés par la Rédaction. Le but étant de contribuer à rendre compte aux lecteurs de la richesse des débats contradictoires et dépassionnés sur les réseaux sociaux qui dénoncent souvent des actes ignobles ou des décisions dérisoires. Aujourd’hui, Kébir Mahamat Abdoulaye, économiste et analyste tchadien n’a pas encore enterré la hache de guerre provoqué par la vente des migrants subsahariens en Libye. Son analyse pertinente a suscité malgré tout un riche débat contradictoire sur les réseaux sociaux.

Kébir Mahamat Abdoulaye décrit avec précision son analyse sous forme d’un débat populaire : « En Libye, la peau noire est vendue comme une marchandise et nous sommes vendus à vil prix comme de poulets. C'est le témoignage d’une femme avec son enfant qui a subi l'ignominie et la barbarie en Libye. C’est horrible d'écouter et à quel point l'horreur faite par des libyens bouleverse toute valeur humaine, religieuse et de la civilisation moderne. »
Ce débat n’a pas laissé indifférent Alifa Abba Guemé perplexe au point de se demander ouvertement : « À défaut d'avoir un État digne de son nom en Libye en ce moment, que faut-il préconiser afin d'arrêter ce drame ? Personnellement, je suis contre la haine envers tous les Libyens. Mais l'humanisme m'oblige à condamner ces actes barbares avec la dernière énergie possible. »
Kébir Mahamat Abdoulaye reprend la parole en expliquant l’ampleur et l’étendu de ce phénomène tout en dénonçant le silence coupable de tout le monde y compris des libyens eux-mêmes : « Ce n'est pas des cas isolés c'est carrément un phénomène de grande ampleur bien organisé et pratiqué en Libye. Aucun libyen, même pas le gouvernement libyen, ou une organisation politique, ONG libyenne n'a dénoncé et condamné cette pratique avant la révélation de la chaîne télé CNN ».
Ahmat Ramadane Gurside intervient avec beaucoup de questions et considère que : « Kadhafi et les siens ont toujours traité ainsi les noirs. Ce n'est pas nouveau pour un intellectuel bien averti. Pour les tchadiens, ce n'est pas nouveau non plus. Kadhafi a occupé une grande partie de notre territoire, a tué des milliers de tchadiens et il continue de faire la guerre par mines interposées, plus de trente ans que ça dure avec des victimes chaque jour que Dieu fait. Oui de tout temps les noirs sont persécutés, humiliés et tués et ce n’est pas du tout nouveau. Il y a aussi des noirs libyens qui sont victimes du racisme de ce peuple blanc majoritaire et qui sont longtemps été marginalisés y compris les Touaregs et les Amazigh. En plus, le terme « libyens » n'est pas approprié pour désigner les auteurs d'actes aussi barbares que la vente des êtres humains. Il y a en Libye des arabes, majoritaires, il y a aussi des Touaregs, des Toubous et des amazighs qui sont bien minoritaires, mais des libyens. Enfin, il faut bien connaître le contour pour en discuter. Oui, il y a eu bien vente d'hommes. Mais il est aussi légitime de se poser des questions pour quelle fin on les achète ces noirs ? Pourquoi les médias occidentaux ont diffusé les images et maintenant ? Pourquoi s'intéressent-t-ils uniquement du sort des noirs migrants ? Ces occidentaux en savent sûrement quelque chose concernant la persécution des noirs. Mais les images qui déferlent les chroniques ce dernier temps ne sont que des détails sur une situation vécue par les noirs plus de 40 ans. »
Alifa Abba Guemé en fin connaisseur de la Libye reprend pour la seconde fois la parole en déclarant : « Cette autorité centrale érigée par les puissances occidentales moins encore les ONG libyennes ne peuvent s'opposer aux miliciens qui contrôlent la grande partie de leur territoire national. Donc, cela confirme la logique de l'absence d'une autorité dans ce pays. Dans l'anarchie, tout est possible bien que triste et fâcheuse... cette situation présente ».
Chaïb Ahmat s’invite dans le débat avec un exemple précis il raconte : « Je ne suis pas étonné car j'avais déjà lu un témoignage d'un fils du BET, relatant les horreurs qu'ont vécus nos compatriotes de cette région pendant la période de l'occupation libyenne du nord du Tchad. Ce peuple est barbare car si je me souviens bien notre frère a décrit comment les militaires libyens ramenaient les enfants dans la palmeraie pour ensuite les égorger. Le chaos aidant, ils s'attellent à leur distraction favorite. Malheureusement, ces actes de mépris pour l'homme Noir n'a pas encore disparu malgré l'évolution du temps, dans beaucoup de pays du monde. Sachons que nos frères sont interdits d’utiliser les transports en commun en Algérie, au Maroc c'est l'enfer, en Tunisie, Arabie Saoudite, Koweït etc. Dieu merci le Saint Coran a été descendu dans cette langue à un de leur (SAW). Sinon ??????? Soubhan Allah, que DIEU nous rende justice ».
Brahim Moussa Djimi Souleyman, un autre intervenant se lance dans le débat en posant juste une question : « Que dire maintenant des noirs qui transportent leurs frères noirs en Libye pour ensuite les vendre aux libyens ? ».
Ali Senoussi Ali Haggar estime que : « Le problème doit être circonscris ici en Afrique noire. La peine de mort à celui qui organise ce voyage macabre ! Je parle des convoyeurs, eux-mêmes noirs et qui amènent leurs frères noirs vers une mort certaine. À ce que je sache les libyens ne sont pas venus chercher les gens au sud du Sahara. Il faut que les gens sachent que ce business huilé par eux. Ceux qui veulent aller coûte que coûte de l'autre côté ! Aucune famine ou une dictature implacable ne peuvent obliger un homme d’aller se faire vendre moins qu'un mouton ! ».
Izadine Ahmat Tidjani pense selon lui en accusant les Occidentaux que : « Les Libyens ont été poussés par l'Occident pour commettre cette barbarie afin que les africains laissent la route de l'Occident ».
Ousmane Tanko termine le débat avec une note assez dure : « Ces égarés-là, même en leur sein ce genre de comportement existe. Combien de fois vis à vis des noirs. C'est une manière de nous montrer qu'ils sont maudits par le Tout puissant ».
Moussa T. Yowanga/Ahmat Zéïdane Bichara