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23 Novembre 2017
« Parole au peuple », est une nouvelle page réservée au grand public par la Rédaction comme une tribune d’expression ouverte qui s’intéresse à tous les sujets abordés par les utilisateurs des réseaux sociaux. Les réactions et commentaires les plus pertinents vous seront soigneusement sélectionnés et publiés par la Rédaction. Le but étant de contribuer à rendre compte aux lecteurs de la richesse des débats contradictoires et dépassionnés sur les réseaux sociaux qui dénoncent souvent des actes ignobles ou des décisions dérisoires. Aujourd’hui les Tchadiens débattent sur la xénophobie, l’incivisme, le racisme de certains groupes ethniques à l’égard d’autres. La question du Nord-Sud, Chrétien-Musulman, qui est vrai Tchadien et qui ne l’est pas, divise les Tchadiens ? Ce débat est lancé par un certain Ramadji A. Doummande. Voici ci-dessous sa réaction et le vrai débat est né.
Quand les Tchadiens débattent de leurs problèmes intérieurs!

Ramadji A. Doumnande lance le débat:« Après recoupage de l’information et vérifications auprès de sources dignes de foi à N’Djaména, il se trouve que l’information publiée à la Une du journal N’Djaménois « Abba Garde » n’est pas un canular. Ce n’est pas un autre « fake news » comme on en voit ces derniers temps un peu partout. Et ce n’est pas non plus de l’intox comme certains esprits malins voudraient le faire croire sur les réseaux sociaux. Les faits rapportés par « Abba Garde » se seraient effectivement déroulés comme décrits. Le DirCab du Président Idriss Deby Itno, Monsieur Issa Ali Taher, aurait menacé le Ministre de l’Economie et de la Planification du Développement, Ngueto Tiraina Yambaye, le traitant de « Kirdi », « d’esclave », de « sale traître » et aurait promis de « le faire payer très cher » pour ce que le Ministre lui aurait fait. Qu’est-ce que Monsieur Yambaye a fait pour recevoir ces injures et menaces indignes d’un Directeur de Cabinet à la Présidence ? Le DirCab, non content de n’avoir pas pu placer les siens lors d’un récent sommet de la CEMAC tenu le 31 octobre dernier, aurait blâmé Monsieur Ngueto T. Yambaye pour son fiasco.
Les candidatures du Tchad seraient venues directement du Président Deby lui-même, pas du Ministre de l’Economie. Mais pour le DirCab, Monsieur Yambaye lui aurait joué un « sale coup » et était devenu le parfait bouc-émissaire. Les mêmes sources nous disent que ce n’était pas la première fois qu’Issa Ali Taher se serait pris à Ngueto T. Yambaye. « C’est pour la nième fois » que le DirCab aurait « verbalement attaqué » le Ministre de l’Economie. En avril dernier, lors des réunions du printemps du FMI et de la Banque Mondiale à Washington, D.C., Issa Ali Taher se serait pris à Ngueto T. Yambaye parce que le Ministre de l’Economie aurait programmé l’ancien Directeur Général de la Banque de l’Habitat du Tchad (BHT), Germain Myambaye, pour qu’il intervienne lors de la soirée de présentation du Plan National de Développement, « Spot On Chad », au Ritz Carlton. Les tensions entre les deux hauts responsables Tchadiens seraient parties de là. Notre source nous dit que « c’est un problème de jalousie des gens munis de faux diplômes, sans compétence professionnelle ». La source d’ajouter qu’à l’opposé du Ministre de l’Economie, un docteur en économie qui a fait sa carrière au FMI et a même été le représentant d’un groupe de pays Africains pendant plusieurs années au siège de l’institution à Washington, DC avant d’atterrir dans le gouvernement de Pahimi Padacké Albert en 2016, la seule référence d’Issa Ali Taher, est le fait qu’il soit un ancien rebelle contre le régime de Déby.Quels que soient les raisons du DirCab, c’est scandaleux et honteux que ces genres de scènes se passent au sommet de l’Etat au Tchad en 2017 et que les hauts responsables de la République y soient impliqués. Ça continue à ternir l’image déjà malmenée du Tchad à l’intérieur et à l’extérieur.
Maintenant que les propos du DirCab du PR, rapportés par le journal Abba Garde, sont confirmés par d’autres sources concordantes, c’est une preuve de plus qu’au sommet de l’Etat Tchadien, au cœur du pouvoir, se retrouvent encore des Africain(e)s noir(e)s, supposé(e)s être éduqué(e)s, censé(e)s être au-dessus de la mêlée, qui taxent leurs compatriotes de mécréants et d’esclaves. Un Africain noir qui insulte un autre Africain noir « d’esclave », c’est l’apogée de la stupidité et de l’ignorance. Malheureusement, ces genres d’énergumènes avec un complexe de supériorité basé dans leur imagination, sont encore nombreux dans certaines communautés chez nous au Tchad et dans d’autres pays du continent. Ils se retrouvent non seulement dans les couches les moins éduquées mais pire, ils sont légions dans les cercles dits « d’intellos ». Ou plutôt de pseudo-intellos. Et dans ce cas, au cabinet civil du président. Et on rêve de bâtir une Afrique unie ? Et on parle des États Unis d’Afrique ?
Au moment où les yeux sont tournés vers la Libye où les Africains noirs sont maltraités, battus, vendus aux enchères par les esclavagistes, au sommet de l’Etat au Tchad, c’est comme si les mêmes mentalités esclavagistes et de supériorité religieuse persistent. Il est vraiment triste et scandaleux qu’il y ait encore, en 2017, des Tchadiens, des Africains, qui puissent traiter leurs compatriotes de « Kirdi », d’esclaves. Malheureusement, ils ont nombreux et existent jusqu’au sommet de beaucoup de nos États. Et pourtant, si par malheur nous nous retrouvons tous, Kirdis et non-Kirdis,...quelque part sur un marché d’esclaves en Libye en Algérie, nous serons tous traités de la même façon violence et brutale, sans distinction, sans un autre avantage pour les non-Kirdis. Nous serons tous des Kirdis et des esclaves, bon à être vendus aux enchères pour quelques dinars. Aucune différence. Alors, pourquoi nous haïr, nous détester autour de ses subjectivités et ses bassesses ? Ça n’avance pas le Tchad et ça n’avance pas l’Humanité dans sa globalité. Le ridicule et la honte ne tueront décidément jamais au Tchad. Nous avons encore un long chemin à parcourir pour nous aimer et nous accepter avec nos différences et dans notre riche diversité. Laquelle diversité et lesquelles différences devraient plutôt nous unir et nous rendre plus forts, pas nous diviser. Kirdi, esclave, sale traître, venant du Directeur de Cabinet Civil à la Présidence ? Triste. Vraiment triste. Mais je suis sûr que certains feront des acrobaties et toutes sortes de masturbations pour nous convaincre qu’il n’y a rien à voir et qu’il faille circuler ».
Mouss Moussa a immédiatement réagi : «La seule question qui me taraude la tête mais pourquoi une personne de la trempe de Ngueto avec tout son pedigree continue à se faire humilier à ce point ? A un moment donné, on peut beau égosiller les poumons à vouloir expliquer, raisonner mais l'attitude la plus simple et efficace à faire, c'est de rendre son tablier. Les gens doivent se montrer courageux et fermes sur certains principes. Quand on dépend d'un chef hiérarchique en l'espèce le PM qui se montre peu enclin à vous soutenir, alors on claque la porte. On ne reste pas pour endurer les mêmes humiliations. La dignité d'un homme n'est pas négociable. Tant que les gens feront comme si ce n'est pas grave, ils se feront traiter de moins que rien à longueur de temps. Ce ne sont pas des explications de bon sens comme vous le faites qui feront entendre raison à des gens aux idées bien arrêtées, des bornés comme le DirCab ».
Souleyman Mahonte considère : «Vous m'arrachez le mot à la langue ils ont accepté de subir et bien qu'ils subissent Sankara disait « l’esclave qui n'est pas prêt à assumer sa révolte ne mérite pas qu'on s'apitoie sur son sort».
Sandra Solkem Lohékane pense en expliquant terre à terre les choses ce qu’elle ressent : « Rendre son tablier c’est ce qu’ils attendent pour clouer définitivement le Tchad. Il faut surtout ne pas se rabaisser à leur niveau. M. N’Gueto a pour objectif d’apporter son savoir à son pays ce fameux DirCab son objectif c’est de piller le Tchad il faut leur barrer la route par tous les moyens possibles. Il peut insulter mais il n’arrivera jamais à la cheville de Monsieur N’gueto. On a vécu toutes sortes d’humiliations déjà. Il faut se battre intellectuellement maintenant».
Ndabo Sylvie Koutou Nonkar soutient la thèse de Sandra: «Je suis parfaitement d'accord, vaut mieux se battre intellectuellement car s'il faut agir comme ces DirCab, on ne serait pas différents d'eux».
Lamaye Favitsou Boulandi donne les expériences qu’il a vécu : «J’ai grandi a Abéché et je puis confirmer qu'entre le paysan Maba et mon père, il n'y avait pas de différence. Tous faisaient face à la même nature, cette terre aride de laquelle ils tentaient de sortir de quoi nourrir leur progéniture. Alors, je ne vois vraiment pas pourquoi certains mettent devant leur appartenance religieuse pour se croire supérieurs à d'autres. A ce que je sache, les Saintes Ecritures prônent toutes l'amour de Dieu et du voisin !».
Solal Alladoumngue apporte aussi son soutien à Sandra Solkem : « Tu as tout dit. Mais dites-moi Kirdi ou mécréant ça nous apporte quoi ? En tout cas on doit se battre pour notre pays. Courage NGueto encaisse ça ne va jamais te rabaisser ton nom sera écrit dans le livre d'histoire tchadien comme beaucoup des courageux qui ont accepté d'être humiliés mais ils apportent quelques choses de valeur à notre patrie le Tchad. Peuple tchadien debout et à l'ouvrage.........».
Abdelbassid explique les choses à sa façon : Quelle est la différence entre un Kirdi du nord ou du sud ? Lui-même c’est un Kirdi si vous le connaissez vraiment. Vous ne savez pas qu’il y a des Kirdi au nord ? Il n’y a même pas une mosquée dans son village».
Moukhtar Abdadine temporise le débat » Nous sommes tous des Tchadiens. Cherchons à faire avancer notre cher pays au lieu d’insulter les autres de Kirdi. Ngueto courage ça va aller. Si tu trouves les mabas (Ouaddaiens) d'Abéché ou d’ailleurs comme Boulandi dit, il n’y avait pas de différence quand tu vas à Abéché tu peux vivre sans problème même si tu es sudiste. Mais va dans certaines régions par exemple comme Bahr el ghazel si tu ne connais pas la langue on va t'insulter. C'est vraiment lamentable au 21e siècle ».
Ali Mahamat analyse les réactions de tout le monde en donnant aussi le sien : «Au-delà du débat «clivagiste & politique», Il ne faut pas nier que le système de castes (qui établit les classes sociales en différentes parties) existe bel et bien au Tchad. Les Diyas (les prix du sang) sont par exemple réglés au quotidien sur la base de ce système de par le pays tout entier. Ceci dit, je suis d’accord que c’est un fait culturel qui a grandement besoin d’être harmonisé avec l’Etat de droit. C’est un chantier sociétal qui reste, au jour d'aujourd’hui, depuis la construction de la fontaine de l’union, inachevé depuis l’indépendance ! Par ailleurs, pour revenir à votre redécoupage, pouvez-vous précisément citer vos sources concordantes et dignes de foi Abba Garde étant une faible référence ? Ça serait aussi intéressant, pour motiver les futurs étudiants, de donner le nom de l’école, le sujet de sa thèse du doctorat en économie de notre cher ministre. Quels étaient aussi les œuvres achevées concrètement (sans langue de bois) du Ministre pendant son passage au FMI pour le Tchad et pour la sous-région ?».
La Rédaction