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14 Novembre 2017
Chronique de l’économiste et analyste Tchadien, Kébir Mahamat Abdoulaye

Cela traduit-il un aveu d'impuissance face à la crise économique ? « Avec le pétrole, de nouveaux langages sont sortis : augmentation des prix, augmentation de salaire, augmentation, augmentation… La réalité nous a rattrapés, maintenant on refuse de revenir en arrière. Mais on est obligés de revenir en arrière, on va être là où on était en 2003... », explique sans détour Idriss Deby aux antennes de la Radio France Internationale (RFI).
Si« on va être là où on était en 2003 », voilà ce qu'il donne suivant ces quelques exemples : « En 2003, le budget de l'Etat était à 270 milliards de FCFA contre 936 milliards de FCFA en 2017 et 1877 milliards de FCFA en 2016. En 2003, la masse salariale était de 40 milliards de FCFA par an contre 365 milliards de FCFA en 2017 et de 396 milliards de FCFA en 2016. En 2003, le nombre des fonctionnaires était de 33.000 personnes contre 84.000 en 2017 sans le personnel militaire qui dépasse les 40.000 soldats. En 2003, les dépenses militaires représentaient moins d'un (1) % du PIB, soit une trentaine de milliards de FCFA par an contre plus de 9% du PIB en 2009 et de 2,5% en 2016 soit de centaines de milliards de FCFA. En 2003, le budget de la présidence était à 6 milliards de FCFA contre 15. En 2003, il n'existait qu'une seule université publique contre 8 aujourd'hui et plusieurs dizaines des écoles et instituts publics supérieurs. Faut-il fermer tous les hôpitaux, centres de santé…crées après 2003 ? Que faut-il faire de la dette intérieure qui dépasse les 22% du PIB et qui se chiffre à plus de 800 milliards de FCFA si on veut revenir à la situation de 2003 avant le pétrole et faut-il retirer les troupes tchadiennes dans les autres pays ? En septembre 2016, le gouvernement a entrepris selon lui des mesures de nature budgétaire pour combattre la crise économique et faire éviter une situation de banqueroute financière du pays. Pourquoi malgré ces mesures, l'incertitude économique est plus forte et le désarroi se dessine dans les discours du président ? »
Enfin, le président de la République doit-il entreprendre des politiques publiques et actions salutaires pour résoudre la crise économique, améliorer les conditions de vie des populations ou annoncer des tragédies à venir ? Les Tchadiens sont plus intéressés à la capacité des dirigeants à apporter des solutions à leurs dures conditions de vie économique et sociale qu'au discours des conséquences funestes de la crise économique. Pourtant des solutions existent pour combattre la crise économique et améliorer la gouvernance !