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REGARDS D'AFRICAINS DE FRANCE

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Parole au peuple (31ème) : « La gestion et la conduite des affaires publiques (Etat) doivent suivre aussi certaines logiques d'ordre stratégique et fonctionnel… », prône Kébir Mahamat Abdoulaye

La température ne retombe pas après quelques jours du remaniement gouvernemental et de la visite officielle du président turc Recep Tayyip Erdogan qui s’en est suivi. Les internautes tchadiens se sont affrontés arguments contre arguments sur les réseaux sociaux sur la nécessité de remanier le gouvernement la veille des fêtes de fins d’année et l’incidence protocolaire possible la veille d’une importante visite d’un chef d’Etat étranger au Tchad. De prime abord, les questions posées par le citoyen Kébir Mahamat Abdoulaye peuvent parâtre anodines et insignifiantes, mais on ne peut pas les évacuer d’un revers de la main lorsque l’on veut juger le sérieux, la crédibilité et la pertinence des actes posés par les autorités Tchadiennes. Le remaniement ministériel était irréversible et attendu depuis le départ du ministre des Finances et de la secrétaire d’Etat pour des raisons abondamment traitées surtout par la presse locale. Le Tchad est confronté à d’innombrables défis qui nécessitent une approche différence et exigeante de prendre les décisions.

Le temps faste de vaches grasses où l’on se gargarisait des slogans vaseux « Tchad pays émergent, N’Djamena vitrine de l’Afrique » est à mille années-lumière de kilomètres. Cette époque où les chantiers fleurissent comme le nénuphar, les gens se pavanaient sur les artères de la capitale dans de grosses cylindrés est définitivement révolue. L’économie est dans un état d’hibernation qui inquiète autant les autorités tchadiennes que les bailleurs internationaux. Et pire les perspectives d’avenir sont loin d’être rassurantes pour tous les Tchadiens. L’heure est très grave et le peuple tchadien attend des résultats concrets de ce nouveau gouvernement, qui n’est pas forcément le plus professionnel qui soit.

 Lorsqu’en période de crise aigüe comme celle-ci, nommés aux ministères clés comme celui des finances et de l’économie, respectivement un juriste et un géographe, on imagine aisément à quel bazar les Tchadiens vont être confrontés dans les prochaines semaines. Mais il vaut mieux leur accorder le bénéfice du doute et leur souhaiter bonne chance. Le président de la République est fondé à nommer qui il veut où il veut quand il veut mais à une seule condition : c’est l’obligation de résultat, sur ce point tous les internautes voire l’ensemble des Tchadiens devraient approuver. L’improvisation à tous les échelons des responsabilités est à proscrire si le Tchad veut  réellement faire son entrée dans les concerts des nations. Le chef de l’Etat, le gouvernement, les grandes institutions, l’administration civile et l’armée sont appelés à faire leur mue et à revoir de fond en comble leurs pratiques et leur gouvernance pour s’adapter aux dures réalités imposées par une mondialisation impitoyable. Kébir Mahamat Abdoulaye a bien eu raison de proposer un tel débat à la communauté d’internautes. Ils ont spontanément réagi d’où ce 31eme numéro de Parole à la parole.

Kébir Mahamat Abdoulaye s’interroge encore au lendemain du remaniement de l’équipe gouvernemantale : « Le remaniement gouvernemental au Tchad, un casse-tête protocolaire ? D’abord pourquoi faire un remaniement gouvernemental à la veille de la visite officielle du Président Turc au Tchad, demain, 26 décembre 2017 et à la veille de deux fêtes nationales (Noël et nouvel an ? Un problème d'ordre protocolaire sera posé lors de la visite du Président Turc. D'abord aucune passation des membres du gouvernement ne sera possible aujourd'hui en raison de la fête de Noël, ni même demain en raison de la mobilisation pour accueillir le président Turc et sa délégation. Est-ce que ce sont les anciens membres du gouvernement qui accueilleront la délégation turque ou les nouveaux ? Quels ministres signeront certains accords et conventions avec les Turcs ? Pourquoi ne pas attendre jusqu'à la fin de l'année après le voyage du président Turc, Erdogan, attendre aussi après l'adoption de la loi des finances 2018, le discours du chef de l'Etat à la nation à l'occasion du nouvel an au cours duquel, certaines orientations de politiques générales seront citées avant de remanier le gouvernement ? Comme dans tout domaine, la gestion et la conduite des affaires publiques (Etat) doivent suivre aussi certaines logiques d'ordre stratégique et fonctionnel afin d'assurer l'harmonie et la cohérence des actions pour une meilleure efficacité et des résultats meilleurs. Pourquoi cette action de précipitation ? Quelle urgence qui peut justifier la date choisie pour ce remaniement gouvernemental ? »

Mahamat Béchir déplore qu’en homme averti et analyste politique, monsieur Kébir Mahamat Abdoulaye se borne à faire de telles analyses :« Cher Kébir Mahamat Abdoulaye, vous faîtes des analyses politiques dans ce pays depuis un certain temps et vous semblez ignorer la ligne politique dans notre pays. Vous devez comprendre que la seule logique est la « non logique ». D’ailleurs vous avez annoncé l'imminence du remaniement donc vous êtes au parfum. Normalement c'est à nous autres d'être surpris de vous voir poser de telles questions ».

Ali Ben Hamata Achene tente de clarifier un peu les choses : « Lorsqu’on dit « le décret prend effet à compter de la date de sa signature...et abroge toutes dispositions antérieures » ce qui veut dire les ministres sortants ne sont plus ministres dès l'instant de la publication du décret et par ailleurs ne peuvent plus signer un document même courant ou représenter le ministère juridiquement parlant. Maintenant la passation de service est une simple formalité administrative qu'on peut la faire ou pas ».

Mahamat Senoussi Halidou tout en appréciant certaines analyses de Kébir, est en désaccord avec lui sur le sujet du jour et apporte une contribution : « Kébir Mahamat Abdoulaye vous faites des analyses parfois pertinentes…. Et objectives…mais hélas cette fois ci vous êtes égarée de la bonne analyse. Les actes réglementaires sont du ressort de droit administratif. L’Acte prend effet à compter de la date de publication. Dès que ce dernier est rendu public, les anciens ministres sont démis de leur fonction et les nouveaux sont déjà en poste sans autant prendre service parce que l’acte juridique est signé par l’autorité compétente en la matière. La passation de service n’est qu’un rituel protocolaire pour permettre aux nouveaux ministres de prendre officiellement et publiquement service la signature du procès-verbal de passation peut se faire à huit clos sans cérémonie. Je pense que dorénavant pour éclairer vos lectures il sied de faire des analyses objectives afin de gouverner la lanterne de vos lecteurs que nous sommes ! ».

Andeguekwani Kemenekumaga intervient en y apportant un exemple concret relatif à la passation de   service : « C'est très complexe. J'étais proviseur. Le défunt Koko devrait remettre un prix de non-violence à mon établissement. Alors que j'étais sortant. Le nouveau s'est précipité pour recevoir des mains du ministre ce prix. L’actuel protocole du ministre de l'éducation l'en avait empêché. Et demande à ce que je vienne moi-même recevoir le prix ! Quittant la tribune pour venir l'entrant s'est vu humilié pour les réactions de foule et celle du protocole du ministre, s'est glissé dans la foule pour de bon jusqu'à la fin de la cérémonie ! Je pense que pour la signature des accords le président lui est le garant, il peut tout signer ça ne causera pas de problème ! Le ministère est un département du gouvernement, si le chef du gouvernement signe même ça engage forcément le ministre pour un suivi ou l'exécution ».

Mahamat Senoussi Halidou insiste sur l’essentiel concernant les actes administratifs en l’espèce : « La date de signature oui mais par principe de prudence c’est la date de publication, car un acte peut être signé aujourd’hui et publier une semaine après. Le temps de l’Etat n’est pas le temps de l’individu. Car il y a des enjeux d’ordre politique ».

Djibrine Khirachi appuie les explications de Mahamat Senoussi : « La date est en principe celle de sa publicité mais varie selon la nature de l'acte administratif posé. Dans notre cas de décret ce n'est pas une semaine mais une fois les choses cuites c'est au lendemain de sa publication au journal officiel »

Bonne interventi de Adramane-Djido Toumba Kimono pour mettre tout le monde d’accord : « À mon avis, je crois que ce dont vous veniez de relever ne pourrait constituer un obstacle au déroulement des activités, tout simplement parce l'une des fonctions du secrétaire général du ministère est d'assurer l'intérim du ministre en cas d'absence ou de maladie de ce dernier. La passation de service n'a donc pas un grand impact sur les activités sectorielles du ministère. En revanche le président de la république sur proposition du Premier ministre, peut en fonction d'une nécessité prendre à tout moment un décret de remaniement ministériel ».

Zigoundi Karima dénonce la sous-représentation des Sudistes et le poste occupé par Sabre Abdoulaye : « Je trouve que Abdoulaye Sabre n'est pas à sa place au Ministre des Finances et du budget. Certes il a assuré pendant quelques semaines l'intérim de ce ministère, mais ce n'est pas un critère suffisant. Si réellement le Tchad était en crise comme on nous laissait croire, ce n'est pas Abdoulaye Sabre qui va redresser les problèmes de banqueroute totale, et de la faille de l'État tchadien. La logique veut qu’en ce temps de crise, il faut un financier au ministère des finances susceptibles de comprendre et de parler le même langage que nos partenaires et les responsables des Brotton Woods. N'oublions pas Sabre Abdoulaye est aussi un militaire. Autre chose ! J'ai remarqué aussi que les cadres sudistes sont sous-représentés dans ce nouveau gouvernement. Le ministère des Affaires étrangères, celui des finances, intérieur et sécurité, économie, infrastructures, la Santé, économie et industrie, Agriculture, élevage. Tous ces ministères sont confiés à des cadres nordistes. Dans ce cas comment peut-on redresser ? »

Ferry Yanyabé revient encore sur la question de passation de service et l’opportunité de remanier maintenant : « Ils restent ministres jusqu'à la passation de service ou bien selon. Ce sont les nouveaux qui iront accueillir en attendant la passation. Vous parlez de précipitations dans quel sens ? A cause de la venue du président turc le Tchad doit attendre pour faire ce remaniement ? Dans ce cas où est la souveraineté du pays ? ».

Mahamat Abba Bary complète les autres sur cette préoccupation : « Le présent décret prend effet à compter de sa date de signature, sera enregistré et publié au journal officiel de la république. Juridiquement les ex-ministres n'ont aucun pouvoir de prendre une décision engageant l'État Tchadien. Quant aux nouveaux, même s'ils peuvent prendre service sans le protocole de passation de service, ils sont tout nouveaux et ne maîtrisent aucun dossier pour signer des accords. Comme beaucoup ont dit « wait and see » ça sera « lessons learned » pour nous ».

Ousman Mahamat Youssouf ne dit pas vraiment autre chose : « Il a bien mentionné le problème d'ordre protocolaire qui va se poser, qui va représenter et signer les différentes conventions, les anciens ou les nouveaux ministres qui n'ont pas encore pris fonction ? Donc je pense il n’y a rien de question de souveraineté ici ».

L’auteur du débat Kébir Mahamat Abdoulaye sort de son silence pour restituer quelques faits : « Hier, pendant que la République est mobilisée pour accueillir le président Turc et sa délégation, la passation de service se déroulait entre certains nouveaux et anciens membres du gouvernement. C'est un fait indice ne sont pas les SG des ministères qui accueilleront la délégation turque à sa tête leur chef d'Etat et signeront des conventions, contrats. Enfin oui je sais un remaniement gouvernemental est en cours mais tu m'apprends que j'ai obtenu une promesse non tenue et donc je suis déçu. Ce n'est pas vrai ».

Jean-Pierre Baptiste est très sceptique et dénonce la mauvaise gouvernance : « Naviguer à l'aveugle est devenu l'une de nos spécialités. La question que je me pose est : un changement de gouvernement pourquoi faire. Est-ce que les nouveaux ministres avec tout le respect que je leur dois vont pouvoir changer les choses je réponds non. Essayez de compter le nombre de ministres que nous avons eu depuis 1990.C'est plutôt le système de gouvernance qu'il faut améliorer et changer les mentalités de ceux qui nous gouvernent. Plus penser à notre pays, au bien être de sa population et ses besoins les plus élémentaires. Tout le reste n'est que futilité ».

Ouledhille s’adresse directement à monsieur Kebir : « Pourquoi tu cherches des embrouilles là où il n’y a pas ? La fonction publique n’a pas d’arrêt donc on peut remanier mais ceux en place vaquent à la gestion de la chose publique. C’est ça la continuité de la vie publique...la passation peut s’effectuer plus tard...de plus c’est un président qui arrive donc juste le président et le protocole d’Etat suffisent...pas besoin de faire venir tout le monde ».

Kébir Mahamat Abdoulaye se justifie : « Il y a plusieurs événements importants en cours (adoption du budget 2018, deux fêtes nationales, discours du chef de l'Etat le 31 décembre pour la fin d’année) pas seulement la visite officielle du Président Turc au Tchad. Rien ne m'empêche de faire le remaniement gouvernemental juste après quelques jours et jusqu'à la fin de l'année ».

Malloum Soultan veut comprendre à Kebir que les dispositions devraient être prises par les autorités compétentes : « Si vous êtes au courant que lors de cette visite des contrats et conventions seront signés. Je suppose que les signataires de ce décret, étant organisateurs de cette visite, devraient être au courant de ces projets de contrats et conventions à moins que notre administration soit tellement par terre que ces choses sont dans l'ordre du possible.

 Kébir Mahamat Abdoulaye continuer à s’inquiéter : « Déjà le Ministre de la justice et des Droits humains sortant s'apprête à aller aujourd'hui au Maroc avec sa délégation suite à une invitation de son collègue Marocain dans un cadre de coopération judiciaire entre les deux pays. Une rencontre très importante et très attendue par les Marocains. Mais apparemment il ne peut se rendre après ce remaniement d'hier soir avec toutes les conséquences fâcheuses. C'est la deuxième rencontre annulée dans le même cadre. D'autres ministres sont en pleine préparation avec la délégation turque mais ils sont remplacés à la veille de la visite du chef de l'Etat turc. Qui seront les interlocuteurs avec les Turcs ? Sans oublier la session budgétaire est prévue du 28 au 30 décembre où des Ministres sont « auditionnés » par la commission Finances de l'Assemblée Nationale avant le débat et l'adoption de la loi des finances. Enfin aujourd'hui l'esprit est orienté aux deux fêtes nationales (Noël et nouvel an) et en général un remaniement gouvernemental intervient après la fête du nouvel an donc après le discours à la nation du chef de l'Etat qui fera un bilan et indiquera un nouveau cap ou les grandes actions à venir. Bref c'est un remaniement gouvernemental qui intervient dans un contexte moins favorable face aux défis soulevés ».

Au vue de toutes les interventions précédentes, monsieur Ahmat Yacoub Mahamat fait un constant personnel:«J’ai l’impression que les dirigent Tchadiens ne veulent pas du tout le développement de ce pays sinon pourquoi ce désordre totale ? Notre pays ne mérite pas un diplôme ». 

Kébir Mahamat Abdoulaye s’en explique encore:« Après la nomination il faut faire la passation de service avec son prédécesseur avant d’exercer la fonction ministérielle. Au cas contraire il est difficile de justifier d'aller accueillir et se faire représenter devant la délégation turque sans avoir fait la passation donc de transfert de pouvoir avec son prédécesseur lequel, estime être ministre qui gère les affaires courantes jusqu'à la passation de pouvoir. La passation de service est un acte administratif qui rend officiel le transfert de pouvoir suivant un procès-verbal. C'est une procédure juridique et administrative presque universelle.

Abderaman Koulamallah recadre un peu monsieur Kébir:« Le décret de nomination est supérieur à la passation de service qui comme tu le dis est un acte administratif. Quand on met fin aux fonctions d’un ministre, il n’y a pas de passation si son successeur est nommé dans la foulée. Vous êtes ministre du moment où le président vous nomme par un acte réglementaire publié au journal officiel, le reste est accessoire et l’on peut sans problème exercer même en dehors d’une passation qui est un acte administratif et protocolaire qui ne prime pas sur la nomination par décret car ce même décret met fin aux fonctions de votre prédécesseur qui ne peut plus exercer aucun pouvoir et si vous n’êtes pas là il ne peut assurer les affaires courantes qui seront assuré par un ministre nomme dans les mêmes conditions que vous ».

Ali Aboubakar pense que:« Les acteurs de ce remaniement savent pourquoi ont-ils choisi cette date qui est comme tout autre jour. Sûrement qu'ils ont aussi étudié le calendrier dans les jours qui viennent et surtout les visites des étrangers comme celle du président turc. Il n'y aura aucun impact sur ce changement car soit les anciens ou les nouveaux ministres l'accueilleront ou signeront les accords entre les deux parties dont ça serait valide et resteront dans les archives du gouvernement tchadien. Chercher trop des raisons ou des critiques est aussi ignorer les pensées des autres ».

 Ahmat Rassadaby félicite est en parfaite symbiose avec l’analyse de Kebir et il va même plus loin dans son raisonnement avant de mettre un terme à ce débat : « Très bonne réflexion, Monsieur Kébir. Le Tchad « que nous voulons » réserve toujours des surprises. Il n'y a que dans ce pays que les politiciens posent des actes sans mesurer véritablement les conséquences. Le Tchad ne peut pas évoluer avec des ministres opportunistes, des ministres de circonstances ou des ministres aux esprits hantés par le nomadisme ministériel. Tous les maux du Tchad sont créés par ceux-là et à la première occasion profitent pour régler des comptes à certains collègues ministres « indésirables ». Le Tchad que nous voulons ne doit pas être classé aux abonnés absents sur tous les plans, et doit pouvoir prôner l'excellence, objectivement, à tous les services de l'administration publique ».

Choix et Commentaire de Moussa T. Yowanga/ Ahmat Zéîdane Bichara

 

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