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REGARDS D'AFRICAINS DE FRANCE

Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !

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Parole au peuple(23ème) : Affaires faux diplômes au Tchad. Quand les petits poissons avalent les gros !

Le Tchad peut s’accommoder des faux diplômés, mais compétents. Il est en retard à cause de ses « hauts diplômés incompétents », renchérit le juriste Tchadien Lyadish Ahmed

Le Tchad s’est lancé dans une hypothétique bataille contre la crise économique et sociale qui sévit au pays depuis 2014, dont personne n’est capable de prédire la sortie du tunnel. Le gouvernement ne parvient plus à honorer ses engagements tels que le paiement régulier des salaires, le paiement de ses dettes etc. Cela a conduit les autorités à instaurer les 16 mesures parmi lesquelles celle relative à l’audit des diplômes de l’ensemble des fonctionnaires et agents du service public. L’opération si louable aura pour finalité d’identifier les faux diplômes qui écument la fonction publique tchadienne. L’audit concernera les diplômes de Bac, le BEPC, ou diplômes équivalent, ainsi que le dernier diplôme qui a servi au recrutement des agents et au reclassement du travailleur sur la période 1996-2016, soit vingt ans. L’argent devenu de plus en plus rare pour le trésor public, cette mesure permettra de mieux maîtriser les sommes que l’Etat alloue chaque année au paiement des salaires. Pourquoi a-t-on attendu si longtemps pour mettre en place une mesure si importante ? Les Tchadiens se demandent ira-t-elle jusqu’au bout ? Le gouvernement a habitué les Tchadiens aux effets d’annonce et à des initiatives sans lendemain. Pourquoi l’audit se limite-t-il à vingt ans ? Autant des questions qui interpellent les citoyens, et Lyadish a choisi de mettre en débat sur les réseaux sociaux. Le sujet est délicat et complexe mais il mérite d’être ainsi posé. Disons-le souvent l’on tire de ses malheurs des avantages que l’on n’aurait pas obtenus sans eux.

Juste après, Lyadish clarifie sa pensée  : « Il paraît que le gouvernement va charger un cabinet d'expertise international pour déterrer les faux diplômes. Il est vrai qu'avec 18 faux diplômes seulement découverts après plusieurs mois d'investigations la chasse a été plutôt maigre. Surtout quand on sait que des centaines de millions ont été dépensées dans cette entreprise. Ne faudrait-il pas mettre l'accent sur la formation obligatoire continue des fonctionnaires et cesser définitivement avec les recrutements de complaisance dans la fonction publique ? ».

Djido Djibrine s’interroge sur la nécessité de confier l’audit à un cabinet spécialisé : « En toute honnêteté a-t-on besoin d'un cabinet international pour faire une mission d'audit des diplômes ? Et puis ont-ils besoin jusqu'a 6 mois pour une telle mission ? Franchement j'aimerais bien savoir le montant des honoraires ».

Lyadish Ahmed lui semble avoir la même préoccupation : « Et le pourcentage des commissions occultes ».

Abderaman Koulamallah approuve absolument ce qui vient d’être dit : « Comme c’est bien dit ! »

Eva Souleyman suggère la fermeté absolue qui passe par la révocation pure simple de l’agent de l’Etat faussaire, notamment dans certains domaines : « Dans certains domaines, il faudra les éradiquer de la fonction publique notamment en médecine, infirmerie et enseignement ».

Adoum Bedeye Daoussa montre avec un pourcentage effarant que le mal si profond   : « Presque 92% de tout le système est pourris. Il faut un « deep clean ». Just passing ».

Pierre Dibabei admet immédiatement : « Tout à fait vrai, tout à fait compétents qu'ils ont géré les revenus du pétrole avec doigté ».

 Mahamat Nour Youssouf Issa suggère : « Le mieux c'est de revoir tout le système. Nous avons un problème de gouvernance, car les compétents sont des stagiaires ».

Djibrine Khirachi fustige les faussaires avec surtout un regret amer : « haut » diplômé malhonnêtes, hypocrites, égoïstes, pervers... Mais mon inquiétude ce que la jeunesse les prend pour modèle ! ».

Lyadish Ahmed adhère dans l’appréciation totale : « Tu fais bien de mettre des griffes en haut. Si on en juge par la qualité de leur travail, alors on n'est pas sûr que la plupart d'entre ceux qui gravitent au sommet soient de véritables « hauts diplômés ».

Djibrine Khirachi tout en parlant à l’auteur de ce sujet de débat considère que : « C’est un capharnaüm leur club des hauts et donc il faut s'en méfier de haut dans ce climat ».

Mahamat Saleh Abderahim Dahab explique : « Le problème ce que, lorsqu'on cumule faux diplômes et incompétence, ça portera préjudice au bon fonctionnement de l'Etat. Ça fait partie intégrante des conséquences de la mal gouvernance qui est instituée en mode de gouvernement dans notre pays ».

Et Charfadine Galmaye Salimi apparaît du haut de la falaise littéraire pour dénoncer le soi-disant audit pour amuser la galérie : « Cette cirque, coûteuse, détourne l'attention sur les vrais enjeux : l'audit des compétences et la gestion des carrières des fonctionnaires et autres contractuelles des administrations et entreprises parapubliques, qui connaît quoi et fait quoi à ce poste ? Les faux diplômés représentent dix pour cent des faussaires, l'écrasante majorité détient ce qu'on peut appeler des « vrais-faux » « diplômes ». Des individus qui passent d’un à deux ans en villégiature dans certains pays du Maghreb et d'Amérique du Nord et reviennent nanti d'une licence ou d'un Master avec la complicité de ces pseudos universités. Il faut assigner un double rôle à ce cabinet : audit des diplômes et dans la foulée celui des compétences. L'exercice devrait se dérouler ainsi: rassembler tous les fonctionnaires dans la cour de chaque ministère: pour ceux des finances, un exercice de comptabilité, ceux des affaires étrangères, un petit QCM de culture générale, au ministère de l'administration territoriale, un formulaire à cocher sur les quatorze préfectures et une rédaction de deux paragraphes sur le service public et un ensemble de définitions, au ministère de l'élevage, des images de la faune et de la flore du Tchad à reconnaître et cocher, etc. Pour certains ministères, le calcul mental et des dictées suffiraient. Procédé ainsi, c'est 80% des fonctionnaires de certains ministères qui risquent de se retrouver dehors, dans un pays où le chômage des jeunes diplômés est l'un des plus élevé en Afrique, un aspect du problème sera résolu ».

Rich Ross ne fait pas confiance à ce travail d’audit : « Machallah votre tête a une pensée positive contradictoire à celle de Deby. Le grand problème est que ce sont ceux-là qui détiennent notre administration alors qui pourra faire pour ôter l’autre de la ou tous ils tirent profit ? »

Abakar Torh semble partiellement comprendre le débat posé par Lyadish Ahmed : « Je n'ai pas trop compris cette assertion qui consiste à dire que le « Tchad peut s'accommoder de ses faux diplômés, mais compétents... », Je ne partage pas cette opinion, surtout venant d'un juriste de votre gabarit. Concernant les hauts diplômés incompétents, je suis tout à fait d'accord qu'en débarrassent d'eux pour placer des personnes beaucoup plus responsables et qui ont le sens de l'autorité, mais pas ceux sans principes, ni dignité ».

Lyadish Ahmed s’explique immédiatement : « Le but étant de travailler et de bien travailler, l'important ce n'est pas le diplôme. Dans le système anglo-saxon, on apprécie votre valeur sur ce que vous savez fait et non pas sur le nombre de vos diplômes. Le système français met l'accent sur les diplômes. Du coup, beaucoup de gens ne sachant rien faire, sont tentés par l'achat de diplômes. Ceux-là, même s'ils ont des faux diplômes ils sont capables de se donner à fond dans leurs tâches. Mais que dire des hauts diplômés incompétents, c'est-à-dire ceux qui n'ont aucun parcours scolaire ni aucune compétence mais qui vont acheter des diplômes pour être nommés à des hauts postes de responsabilité ? Sur la base de leurs faux diplômes, ils occupent des postes de décision sans en avoir la compétence. Ils sont la cause des retards multiformes que connait notre pays. ».

Abakar Torh semble maintenant au clair et donne alors des explications  : « Je cerne l'analogie au système anglo-saxon par leur pragmatisme, mais nous devons reconsidérer que le diplôme est le fruit d'une longue ou courte formation (compétences logiquement). Maintenant qui aux employeurs de prendre des dispositions pour détecter les vrais grains de l'ivraie. Et aux diplômés de faire valoir leurs diplômes et non diplômés d'en faire autant, mais sans faux diplôme, qui pour moi un principe sacro-saint. Une fois, il était en Russie, pays qui organise chaque année des concours du « meilleur employé de l'année » dans différents domaines de compétences avec des critères bien définis. En effet parmi les lauréats, il s'était avéré que ceux désignés « meilleurs médecin et instituteur » étaient détenteurs des faux diplômes. Non seulement, ils étaient radiés, mais aussi remis entre les mains de la justice. »

Lyadish Ahmed entend bien les arguments d’Abakar Torh, et en même, il exprime quelques nuances : « Oui, dans les pays occidentaux où des compétences ne manquent pas, il est possible de se passer des faux diplômés mêmes très compétents. Mais dans un pays comme le Tchad, où 75% de la population est analphabète, la fonction publique pourra toujours faire avec des non-diplômés mais compétents. En revanche, c'est une grave erreur que de donner des postes de responsabilité et de prise de décision à des « hauts diplômés » incompétents et dont personne n'ignore comment ils ont réussi à avoir leurs hauts diplômes. Savez-vous qu'en France un président d'Université a été radié de la fonction publique parce qu'il faisait partie d'un réseau de distribution de faux diplômes aux ressortissants chinois notamment ? Rien ne dit que des Tchadiens qu'on voit gravité au sommet de certaines administrations nationales et sous-régionales n'aient pas profité de ce genre de réseau pour "décrocher" leurs diplômes ».

Kedellah convoque le passé glorieux du Tchad pour mieux convaincre « Exactement. Pendant les premières années post-independances, nos cadres étaient assimilables à des Agrégés de CAMES sans en avoir fait des longues études. Parce qu’ils sont sages, humbles, pieux et dévoués. Aujourd'hui ces vertus ont déserté l'esprit de nos cadres et de nos intellectuels. Repensons notre enseignement ! »

Kadjangaba Takobo exprime ses émotions : « Quelle tirade ! Alors là suis sans voix, un diplômé incompétent est un 'diable' qu'on connait et vaut mieux qu'un 'ange' analphabète sans aucune qualification qui se retrouve aux commandes rien que pour sa kalachnikov en bandoulière et ça c'est le cancer de ce pays depuis 1979... ».

Baradine Berdeï Targuio pose une question très pertinente : « Et le Tchad, moderne, a quelle histoire sans le Frolinat, n’eut été son indépendance octroyée par André Malraux ? On connaît la catégorie des complants qui veulent être admis au statut d’intellectuels”, qui espèrent à tort, un après Deby sans « Frolinat » toutefois, admettez que le Frolinat fût le résultat de la gestion du Tchad par des gens qui n’avaient ni vrai ni faux diplôme ».

Idriss Mahamat Yaya Gourdémi conclut en reconnaissant que : « c’est une affirmation ou bien une solution, parfois la diaspora regarde tout ce qui sort de l’intérieur sous l'angle d’ignorance. Arrêtez de gaver les gens de vos plumes empruntées ».

Choix et commentaire de Moussa T. Yowanga/ Ahmat Zéïdane Bichara

 

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