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17 Décembre 2017

La justice militaire congolaise a eu la main lourde en condamnant mercredi une douzaine de miliciens congolais à la prison à perpétuité pour des viols massifs commis, notamment sur les enfants. Ce sont des actes très graves qualifiés de « crime contre l’humanité » par la justice congolaise. Verdict qualifié d’historique par certains congolais, il n’a pas laissé indifférent le gynécologue et défenseur des droits humains Denis Mukwege qui s’est exprimé au micro de nos confrères de la RTBF : « C’est la première fois que je voyais des bébés avec des lésions comme ça ». Surnommé également « l’homme qui répare les femmes », ce médecin salue cette condamnation. Il n’hésite pas un seul instant pour approuver le qualificatif de crime contre l’humanité employé par la justice de son pays. Il précise : « Quand une population civile est visée –les bébés- et qu’il y a une organisation derrière, c’est un crime contre l’humanité.
Il y avait une méthode et une planification. Ces filles étaient enlevées, violées et puis ramenées. Il était l’un des premiers lanceurs d’alerte à s’être indigné contre cette barbarie au Congo. Il affirme : « Quand vous recevez deux fois par semaine dans votre hôpital des enfants de moins de 5 ans avec une destruction indescriptible du périnée suite à un viol, ça pose question. Après une dizaine de victimes, j’ai commencé à m’inquiéter. C’est la première fois que je voyais des bébés avec les lésions comme ça. J’ai alors essayé d’alerter l’opinion nationale et internationale. Ça a pris beaucoup de temps pour que les présumés organisateurs de cet acte puisse être arrêté ». Pour autant, il est convaincu d’une chose : « parler de la fin de l’impunité sur place, c’est trop. On peut peut-être dore que c’est le début de la lutte contre l’impunité. ».
C’est pourquoi le Dr Mukwege reste lucide « On ne peut pas crier victoire trop vite Il y a plus de 600 crimes contre l’humanité qui ont été identifiés par le Haut-commissariat des droits de l’homme. Nous voulons voir les responsables de ces crimes amenés devant les tribunaux. ». Pour être en contact direct avec les victimes et les réalités atroces évoquées, le médecin avoue être profondément marqué ces actes ignobles. Lorsque vous vous retrouvez devant de telles situations « vous vous interrogez sur l’humanité, sur vous-même. J’ai vécu des mois très difficiles. Comment l’homme peut-il aller si bas dans sa volonté de détruire ? ». Alors il formule un vœu assez simple, il faut parler encore plus de cette forme de terrorisme. Ça ne se passe pas qu’en RDC. Nous avons besoin d’un mouvement qui se soulève pour condamner cette forme de terrorisme que je trouve atroce ».
Moussa T. Yowanga