Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !
12 Décembre 2017
La guerre de communication entre l’économiste et analyste politique Kébir Mahamat Abdoulaye et le jeune analyste tchadien Don Ebert aura-t-elle lieu ? Apparemment non…Don Ebert lance la bombe vers Kébir : « Savez-vous que débattre est « un sport de combat » ? Savez-vous vraiment ce c’est que de « débattre avec quelqu’un » ? ». Mais l’économiste Kébir Mahamat Abdoulaye ne répond pas, car il eut déjà lancé le premier cette bombe de communication déclenchant ce combat d’idées entre ces jeunes approximativement d’une même génération. Quelque part, monsieur Kébir considère que beaucoup de jeunes Tchadiens participant à l’ensemble des débats qu’il anime via réseaux sociaux se lancent à des attaques interpersonnelles ou à des procès d’intention parfois diffamatoire. Donc ils ont un esprit pauvre sans incapacité de tenir pendant longtemps face à un débat de haut niveau (N.D.L.R). C’est ce que Don Ebert refuse. Il estime :« Débattre », mon cher Kébir Mahamat Abdoulaye, c’est faire preuve d’« intelligence », non pas de « ruse ». Or qu’est-ce que c’est que d’être intelligent ? » Toujours aucune réponse de la part de monsieur Kébir. Face à ce qui ressemble à un black-out communicatif ou de manque de réplique de la part d’un interlocuteur lointain, Don Ebert décide de lui dresser pour la seconde fois une lettre ouverte. Voici ci-dessus la lettre ouverte de Don Ebert à monsieur Kébir Mahamat Abdoulaye.

Don Ebert a écrit : Cher Kébir Mahamat Abdoulaye, qu’est-ce que c’est qu’un « débat » ? Puisque vous ne cessez d'en parler... Vos compatriotes aimeraient bien le savoir, non !? En tout cas moi j'aimerais bien le savoir. Savez-vous que débattre est « un sport de combat » ? Savez-vous vraiment ce c’est que de « débattre avec quelqu’un » ? Si deux hommes sont d’accord sur tout, c’est qu’un seul des deux réfléchit. Vous confondez « débat », « discussion » et « causerie ». Vous confondez « débat de (ou entre) personnes » et « débat sur des personnes » … « Débattre, surtout en politique », c’est avancer dans la différence des opinions, dans la diversité, le rassemblement et les compromis. Ce qui implique que chercher à imposer sa vision des choses ou son opinion, c’est régresser au plan spirituel et culturel. Un homme qui se veut politique devrait le savoir… « Débattre », mon cher Kébir Mahamat Abdoulaye, c’est faire preuve d’« intelligence », non pas de « ruse ». Or qu’est-ce que c’est que d’être intelligent ?
L’intelligence c’est de concevoir immédiatement et de douter juste après ; c’est de prendre spontanément un peu de recul, pour renoncer à la vanité, pour se décider ; c’est de tomber d’accord et d’admettre que c’est là où commencent le vrai combat, la vraie divergence ; c’est de savoir l’économie des mots, savoir ne pas dire les mots en trop ; c’est de savoir le silence qui met les mots en évidence ; c’est de savoir le regard et les gestes qui interrogent ; c’est de savoir la brièveté qui ramène la tension ; c’est de savoir l’admiration qui peut conduire à l’erreur ; c’est de savoir la fatigue qui peut engendrer une force ; c’est de savoir l’infini qui peut amener à la clarté, le doute qui peut projeter vers la croyance, la peur qui peut nourrir le courage ; et, finalement, c’est de savoir la profondeur qui suppose que l’on se taise parfois entre deux pensées, deux idées, deux faits qui sont si évidents et abondants…« Débattre », c’est aussi avoir l’esprit critique, mon cher Kébir Mahamat Abdoulaye . Or avoir l’esprit critique, ce n’est pas critiquer toujours et facilement ; ce n’est pas l’évasion constante de la sincérité et de la responsabilité ; ce n’est pas la doxa, ni la contestation superficielle des choses ; c’est l’épistémè, la raison au lieu de la simple passion, la rigueur et la méthode au lieu de la facilité et la légèreté. C’est le souci de creuser, de comprendre, de savoir, de connaitre, d’analyser..., ensuite de remettre en examen. C’est entrer dans le cœur des choses, interroger, trouver des réponses. L’esprit critique, c’est surtout le devoir du présent, le nôtre : celui de l’engagement et de l’action… « Débattre », c’est aussi être parfois silencieux, cher grand frère. Parce qu’un langage sans mot transmet parfois plus de mots que des mots du langage.
Mais si vous voulez toujours faire usage du « débat », du débat public, sachez que la chose n’a de sens que dans l’usage que l’on fait de la chose… « Débattre », cher « analyse économiste », cher « juriste-politologue », ce n’est pas toujours faire « l’effet de loup » ; ce n’est pas toujours « attribuer des rôles aux autres » ; ce n’est pas toujours « l’habillage des mots » ; ce n’est pas toujours « pousser son adversaire à l’erreur », non. C'est savoir s'élever et se hisser tout en étant à la fois humble et modeste...Dans un « débat », il y a des moments forts et des moments faibles, et il faut savoir faire son choix. Vous tombez dans l’abaissement sans vous rendre compte, et je vous l'avoue humblement. Il y a un moment pour parler, pour se taire, un moment pour se remettre en question, un moment pour observer, un moment pour informer, un moment pour inciter à l’action, un moment pour émouvoir, un moment pour distraire, un moment pour comprendre, un moment pour apprendre…Dans un « débat », mon cher Kébir Mahamat Abdoulaye, on ne sait pas tout, on n’a pas réponse à tout et on ne peut pas tout…Votre compatriote Don, depuis quelque part.… »
Choix de la Rédaction