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16 Janvier 2018

Le débat suggéré par le journaliste camerounais Rémy N’Gono s’articule autour des réactions des internautes suite à la rencontre du président français avec les étudiants burkinabè fin novembre 2017 : « Les dirigeants Burkinabé ont recruté les derniers de la classe et les militants du parti au pouvoir pour aller applaudir Emmanuel Macron à l'université. Arrivés dans l'amphithéâtre, certains ne parvenaient plus à lire les questions qu'ils ont passées une semaine à réciter par cœur. Interventions dans un désordre bien organisé, questions à l'envers, rires et cacophonie comme dans une cour de récréation. Et clou de la soirée, une militante s'est déguisée en opposante pour se plaindre auprès de Macron que les universités du Burkina fonctionnaient avec les chandelles et les lampes-tempête faute d'électricité. Boum ! Roch Kaboré s'est levé en transpirant et s'est barré comme un condamné. Voilà ce qui arrive quand un régime de pantins paie une bande de totos et de zozos d'aller prendre la place des vrais étudiants qui manifestent contre la fermeture des écoles et la vénération du colon. Après avoir humilié leur Président devant Macron, les totos sont priés de passer à la caisse ou à la casse. »

Soumaïla Laratalma Bayire utilise un style imagé pour dépendre les relations franco-africaines : « le film intitulé " Elysée" est réalisé en France dont les acteurs sont les membres du Conseil Présidentiel de Macron pour L'Afrique. La plupart de ses membres sont d’origine africaine. L’Afrique est toujours vendue par ses propres fils. Le film est réalisé en France mais le lancement se fera à l'université de Ouagadougou en présence de milliers de Cinéphiles dont le Président Roch Kaboré et tout son gouvernement, voire toute l'administration publique et le monde universitaire. Après 60 années d'indépendance, ils vont venir nous dire comment se développer alors qu’ils ne connaissent même pas notre culture. J'ai honte face à des dirigeants sans idéologie, sans un plan développement propre à nos réalités. J’ai honte de voir mon pays transformé en un département français. J’ai mal pour l’Afrique et pour nos frères vendus comme du bétail en Libye. La fin du film, c’est toujours le brave qui gagne. »

Abdoulaye Kabore estime que : « Thomas Sankara a dû se retourner trois fois dans sa tombe. Devant un président étranger, c’est l’affaire de climatisation, d’électricité qui vous intéresse. Votre histoire d'impérialisme là ce disque est rayé. On parle de la mondialisation, la globalisation. Quelle honte pour notre Afrique !»
Bakary Diabaté accable les autorités plutôt les étudiants : « Vous vous en prenez inutilement à ces jeunes. Face à un régime capable de fermer ses écoles pour un étranger, l'on est en droit de douter sérieusement de sa capacité et de sa volonté d'ériger un système éducatif efficace et compétitif pour sa jeunesse. Mon pays fait face au même problème où le niveau de l'éducation ne cesse de dégringoler année après année. »
Joses Biants dresse la liste des récriminations contre la France : « Un discours truffé d'ironie, d'hypocrisie et de démagogie. La France est responsable de tout ce qui se passe en Libye et par conséquent, elle doit prendre ses responsabilités plutôt que de nous faire croire qu'elle est là par amitié et salutairement. La France a armé les rebelles en Libye et ces armes se sont éparpillées dans toute la région favorisant ainsi le terrorisme et là encore leur responsabilité est engagée et elle doit en assumer les conséquences. Malheureusement, ces militaires de l'armée française ne sont pas là que pour lutter contre le terrorisme. Mais pour aussi prendre les dirigeants africains en otage en échange de bons et loyaux services. Lamentable ces étudiants sans niveau incapables de poser des vraies questions concernant la Françafrique. Ils sont venus écouter naïvement un haut-parleur sans réfléchir. Imaginez si aujourd'hui on refusait à la France de ne plus exploiter nos ressources, je crains que nous soyons en guerre. Voilà le vrai visage de la France !»
Eric Kabore pense que les questions posées étaient pertinentes malgré la forme : « Même si certaines questions étaient inadéquates, nous avions là l'occasion d'obtenir des réponses à des sujets très délicats. C’est chose faite. Nous connaissons maintenant la position de la France et cela nous permettra de repenser notre politique intérieure. En plus, ce n’est pas parce que nous croulons sous le poids de la misère que nous allons laisser l'impunité perdurer dans ce pays. Si l'insurrection a eu lieu c'est bien pour que cela cesse et ne se déroule plus jamais au pays des hommes intègres. »
Pascal Diendere interpelle tout le monde concernant la défaillance liée au niveau académique douteux des étudiants : « Frères et sœurs, on ne doit pas se cacher la vérité sur le niveau nul des étudiants afin de trouver une thérapie appropriée. Ces jeunes se retrouvent déjà ou se retrouveront bientôt dans les hôpitaux mouroir comme médecins, les juridictions aveugles et corrompues ainsi que dans des salles de classes Rood Woko comme enseignants chercheurs. Dieu sauve l’Afrique »
Ali Dao appelle à l’engagement et la lutte : « Vraiment honteux. Je ne sais pas pourquoi l'homme noir à tant d'estime et de crainte pour l'homme blanc. Notre lutte est d'autant plus que mentale. Et il faut vraiment conscientiser notre génération. Comme Thomas Sankara, il faut une révolution des consciences. J'ai vraiment honte de ce que nos dirigeants ont fabriqué comme étudiants aujourd'hui. Ça montre à quel point on est soumis.»
Gildas Bêbê Kambou épingle également le pouvoir : « Rémi MERCI en grand caractère. Je n'avais jamais imaginé ça d'un Burkina post-insurrectionnel, d'une Afrique souveraine en mouvement. Pourquoi choisir des moutons de cette nature pour mettre en mal et en doute la relève tant attendue ? Je sentais Macron surexcité parce que sûr de maîtriser son sujet lui qui entré dans l'amphi plein d’anxiété ça se lisait sur le visage. Merde néanmoins nous sommes en mouvement et plus rien ne nous arrêtera. A bon entendeur salut ! »
Vianney Christian donne des explications : « C'est le stress qui les emmène jusqu'à cet état car pour eux et pour bon nombreux des Africains qui ont toujours une grande considération envers le blanc qui est vu comme un être supérieur alors que mon grand-père Barthélémy Boganda disait devant De Gaules : parler sans équivoque mon le président. Il devait renverser le terme pour être à l'aise. »
Koundouno M'bemba distribue les rôles : « Comme toujours le prêtre incarne Dieu sur terre évoquant des versets de courtoisie et de tolérance, les disciples à leur tour applaudissent. Je cite : "il n’y a plus de politique africaine de la France ". Eh bien M. Macron, nous n'avons plus besoin de ce même scénario comme l'ont été vos prédécesseurs. L’Afrique a de potentialités. Elle n'est pas abandonnée à elle-même, nous ne voulons plus cette image franco-africaine, celle qui détruit notre âme profonde. Les forces françaises qu'elles laissent l'Afrique résoudre ses propres problèmes.»
Sibidi Buama Lankoande dénonce le favoritisme : « Vraiment c'est lamentable. On ne peut pas comprendre que ceux qui ont humilié les étudiants burkinabé ont été appelés encore à la caisse pour recevoir quelque chose. C'est ça le problème des africains, Il faut être le fils ou la fille d'une personnalité bien placée même si tu es dernier de ta classe. Voilà que notre pays ne peut pas se développer. Tout cela pour qu’on ne puisse pas dire les réalités auxquelles sont confrontés les étudiants burkinabé. Les fils des paysans qui réussissent lors des examens du baccalauréat avec de bonnes moyennes ne gagnent même pas des bourses nationales. N'en parlons pas de bourses extérieures. C'est pourquoi Thomas Sankara disait : <Malheur à ceux qui bâillonnent leur peuple>. Merci camarades ! »
Mamou Myriam justifie le drame africain par l’attitude de victimisation permanente : « C'est la conséquence que les africains passent tout leur temps à accuser les autres sans se mettre au travail, même en cas de maladies on accuse les autres qu'on qualifie de sorciers. »
Farnop Emmaped rappelle l’époque où la colonisation régentait tout : « J'ai l'impression que l'on est toujours ä l'époque coloniale où le peuple devait se plier et vénérer ces opportunistes français ! Dans un pays qui se dit indépendant, comment peut-on arrêter les cours juste pour la venue d'un président, et le pire, on laisse ce dernier s'entretenir avec des cancres qui ne peuvent lui poser des questions pouvant le déstabiliser ! C'est une humiliation aussi bien pour le Burkina Faso mais aussi pour toute l’Afrique noire sans occulter nos ancêtres qui se sont sacrifiés dans le but de sauver l'honneur de notre race. J'ai le cœur qui saigne. »
Alain Ekoule y voit un aveu d’impuissance : « C'est une blague si vous me dites que vous pensiez, vous tous, que le président Kaboré devait offrir pareille tribune aux vrais étudiants, aux vrais Sankaristes. Non, non et non. Pour qu'il se fasse sermonner après comme un gosse, Rémy. Il n'y a pas un proverbe africain là, Rémy, pour qualifier la scène de film manquée de ces faux étudiants !»
Papyrus Papy Power constate l’inutilité des formations supérieures : « Fermons nos universités publiques ici au Burkina Faso, nos étudiants manquent de niveau. Ils passent leur temps à grever et à revendiquer du n'importe quoi au lieu de bosser. Donc ne soyez pas étonnés de voir ces étudiants mendiés. Ils ont versé la face du pays. Après c'est pour venir dire que nous sommes la jeunesse consciente ».
Aziz Inouss Savadogo distingue les étudiants : « Mr. Rémy vraiment merci et pour plus d'informations les étudiants qui ont pris la parole n'étaient pas de l'université publique de Ouagadougou. Pour éviter que les vrais étudiants prennent part à la cérémonie, ils ont déprogrammé notre devoir de 08h et l’ont programmé à 12h. Vraiment merci pour le constat. Tu es un modèle pour la jeunesse Africaine.»
Amedée Fritz Pehan a le sentiment d’un échec : « Je ne suis pas dedans. Toto et zozo vous avez échoué et même si Macron vous a insulté, vous n'allez pas le savoir. Mais qu’on organise une conférence de presse pour demander à Rock s'il a pu bien dormir après cette bombe à retardement et de honte ».
Rahim Kaboré n’est pas surpris de la situation : « Mais ça doit être comme cela puisque les étudiants qui ont l'art de la parole sont considérés comme des voyous et ceux qui font 1 mois sans aller à l'université, ceux qui ne lisent pas ont la parole. Je me pose la question vers où l'enseignant burkinabè s'en va ? Les étudiants qui ne peuvent pas se défendre. C’est lamentable, revoyons ce problème ensemble. »
Remy Ngono : « Je valide ».
Soulé Sero Monra note le gâchis occasionné par la visite : « Deux jours fériés pour la visite de Macron chez Roche que dis-je chez Roch, vraiment c’est malheureux pour nous les africains. Quand est-ce qu’on va changer de mentalité ? Avec des soi-disant étudiants qui avaient à peine le Niveau d’un écolier de CE1, c’est vraiment regrettable. Pendant que les vrais étudiants souffraient le martyr dehors. On est allé transformer des passants en étudiants pour poser de questions à « Mark kron ».
Martial Toubi fait une à postériori de la rencontre entre le président français et les étudiants : « Je comprends mieux maintenant Rémy, car Macron s'est donné en spectacle pour ridiculiser l'Afrique, une bande de totos inapte à la formulation d'une problématique ! Plus grave, des étudiants de Master de surcroit, une sur huit a pu être digne de parler en public de manière sensée. Non ça ne peut plus continuer comme ça, la manipulation par personnes interposées...Nous valons mieux que ça ! »
Jonas Tegourbé se lâche : « C'est une honte internationale pas nationale. C’est ça l'Afrique comment voulez-vous que les jeunes conscients de leur avenir restent dans ce continent. Les blancs sont pour nous ce que les balistiques sont pour un candidat en salle d'examen. Tant qu'on ne cesse pas de penser à eux on va demeurer immature. Continuons à vivre comme des Homos sapiens, c'est le choix de nos dirigeants. »
Sie Nansou Momo se demande : « Jusqu'à présent ce que je n'arrive pas à comprendre de notre gouvernement, c'est le fait de faire croire à l'occident que l'éducation va mal lorsqu'ils vont jusqu'à choisir ces fainéants ou c'est parce que les bons vont dire : les vraies difficultés qu'ils vivent dans les différentes universités. Pourtant nos mêmes dirigeants disent d'enseigner l’honnêteté. Etre intègre c’est fini ça. Je n'enseigne plus ce titre la aux élèves hummmmm! Pourquoi les proches de Roch l'ont flatté à prendre une telle décision.»
Kouadio Martial est mi-figue mi-raisin : « Toujours en train de tricher. Ça coûtait combien de prendre au moins les étudiants les plus méritants un jour et un seul jour pour ce seul jour exceptionnel... Plusieurs jours pour le voleur et un jour pour le voleur. Et l'histoire retiendra que les étudiants burkinabés sont nuls, alors que les corps habillés en complicité avec les autorités du pays ont empêché les plus méritants (étudiants) d'avoir accès à l'amphi. J'ai mal à la place de ces braves étudiants burkinabé »
Hm Kouse pointe le manque de niveau des étudiants : « Franchement ces étudiants nous ont fait honte. Aucune question sur le transfert de la technologie, ni sur l’émancipation des femmes. C’est qui est marrant et choquant au lieu de poser des questions, ils ont fait de la diplomatie et de la comédie. Nos dirigeants doivent songer à réformer notre système éducatif. On a un système bidon qui nous mène à nulle part. Chapeau à Macron, un président très humble et très intelligent. »
Joseph N'da Yao ne décolère pas : « La honte est à mon avis pour les dirigeants si vous laissez les leaders charismatiques qui ont le verbe pour prendre des gens mascotte qu’on a appris le "par cœur" il ne fallait juste qu'une phrase au petit Micron heee pardon Macron pour les désorientés. Quand je pense que pour de l'argent leur cœur à dû battre comme un moteur. Pauvre Afrique. »
Magan Sidibe fait preuve d’indulgence envers les étudiants : « Les moins intelligents pense que c'est une question de niveau ! Ne soyez pas idiot, c'est la bonne manière d'accueillir un président français, en lieu et place d'un poulet et un bélier comme Sankara l'a fait à Mitterrand.... On devrait plutôt poser les questions en Dioula, Mossi, et Peulh et un interprète lui traduira... Chapeau pour le boulevard Thomas Sankara. »
Koundouno M'bemba referme la discussion : « La vraie jeunesse burkinabé courageuse et intelligente. Ils sont nombreux ces étudiants qui ont l'éloquence, la perspicacité et l'improvisation de Thomas Sankara en de pareilles circonstances. Malheureusement le tonton Roch Kaboré en voulant se comporter en bon esclave a été froidement douché par son jeune frère Macron tout comme le vieux Mitterrand l'avait été par le jeune Sankara. Mais cette fois-ci le plus jeune est blanc. Macron est venu donc venger son aîné Mitterrand. Depuis l'au-delà où Sankara, Mitterrand et Houphouët Boigny suivaient ce classico retour (après celui de Sankara-Mitterrand) ont compris que les Messi, Christian, Ramos etc. n'avaient pas leurs noms sur la feuille de match. Sankara pleure toujours pendant que Mitterrand et Houphouët sont au maquis tranquillos avec des nanas. J’étais de passage. »
Choix et commentaire de Moussa T. Yowanga/ Ahmat Zéïdane Bichara