Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !
2 Février 2018

Le Tchad est entré véritablement dans une zone de turbulence à tous points de vue. L’année 2018 n’augure rien de bon ni pour les populations réduites à la misère ni pour le pouvoir arrivé au bout de souffle et incapable d’apporter des solutions idoines à la crise qui sévit depuis fin 2014. Le journaliste camerounais Rémy NGono, observateur averti ne s’est pas du tout trompé en mettant le focus sur le Tchad, où tous les clignotants sont au rouge. Il aborde la dimension sociale de la crise sous le prisme du mouvement de contestation lié à la décision injuste et irréfléchie d’abattement des salaires de fonctionnaires. Six jours après la grève très suivie des transporteurs à N'Djamena et cinq jours après la marche interdite initiée par une frange de la société civile contre la vie chère, les enseignants ont entamé hier une grève pour protester contre la diminution des salaires rendue effective dès le mois de janvier.
Les élèves n’ont pas hésité un seul instant pour prêter main forte à leurs éducateurs mais le gouvernement s’est encore illustré comme d’habitude par son manque de dialogue et d’écoute. Il a usé de la même méthode de brutalité, d’intimidation et de répression pour disperser les grévistes. Les Tchadiens silencieux et amorphes commencent à comprendre qu’ils ont le devoir d’arracher leur liberté face à un groupuscule sans scrupule insensible aux souffrances humaines, tels comme des robots programmés. Aujourd'hui comme hier, le régime impopulaire du MPS incarné par Idriss Deby, de part ses agissements tombe sous le coup de ces deux alinéas du préambule de la Constitution tchadienne qui stipule : « Proclamons solennellement notre droit et devoir de résister et de désobéir à tout individu ou groupe d’individus, à tout corps d’Etat qui prendrait le pouvoir par la force ou l’exercerait en violation de la présente constitution », et la seconde partie continue : « Affirmons notre opposition totale à tout régime dont la politique se fonderait sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice, la corruption, la concussion, le népotisme, le clanisme, le tribalisme, le confessionnalisme et la confiscation du pouvoir ».
Durant 28 ans de règne Idriss Deby et les siens n’ont sans cesse piétiné et violé allégrement cette disposition constitutionnelle sans qu’une réponse de résistance appropriée ne leur soit apportée. Les Tchadiens ont compris qu’Idriss Deby est un homme changeant, versatile comme le caméléon. Il change au gré des circonstances privilégiant toujours ses intérêts égoïstes et ceux de son clan au détriment de ceux de tous les Tchadiens. Les négociations avec les partenaires ou les opposants sont pour lui un jeu de poker menteur. Il n’a jamais respecté sa parole ni avec la Banque mondiale qu’il a floué dans l’affaire des 10 % des revenus réservés aux générations futures, ni avec les opposants pour la plupart tués ou discrédités et tombés aux oubliettes. Il n’est pas rare de trouver encore en Afrique des soi-disant Panafricanistes pour défendre bec et ongles Idriss Deby considérés à leurs yeux comme un Président courageux, le seul capable de tenir tête aux impérialistes occidentaux. Mais c’est une erreur de prendre ses rêves pour la réalité.
Si Idriss Deby est un Panafricaniste convaincu, il aurait pu démanteler la base militaire française au Tchad, contribuer à se doter d’une monnaie africaine après l’abandon du FCFA et de cesser de venir se soigner en Europe, comme il le fait si régulièrement et éviter de se rendre matin midi à Paris en France. Un Panafricaniste ne déstabilise pas les autres pays et l’exemple de la RCA prouve tout le contraire. Enfin, un Panafricaniste aurait enjoint à son épouse de sursoir à la naturalisation française dans le contexte actuel et de s’abstenir d’aller tenir à Paris la table ronde pour le financement du PND. Affamer son peuple, paupériser par sadisme ses compatriotes, favoriser et/ou encourager la corruption, l’injustice, l’immoralité, la braderie de la nationalité tchadienne, s’entourer par-dessus tous des courtisans dociles et corvéables à merci, telle est la marque de fabrique de ce Panafricaniste un peu paradoxal décrié par son peuple mais adulé par certains africains mal renseignés sur l’homme et ses pratiques. Rémy NGono permet de discuter arguments contre arguments sur le volet grève des enseignants de la crise sociale au Tchad. C’est le 42ème numéro de votre rubrique Parole au peuple..Lisez et conviez les autres à faire autant. Bonne lecture !
Rémy NGono officiel rapporte : « École morte ce lundi au Tchad. Les enseignants sont entrés en grève à cause de la diminution de leurs salaires décidée par Idriss Deby. Les élèves ont suivi. Et comme d'habitude, Idriss DÉBY a envoyé sa milice en uniforme tabasser et tirer sur les civils. Avec tout le magot du pétrole récolté par le régime depuis des décennies, il manque de bancs, de craies, de salles de classes, d’amphithéâtres. Mais il ne manque rien à l'armée grassement payée pour terroriser le peuple. 28 ans de pillages, de gabegie, Deby et ses compagnies de souris armées jusqu'aux dents, ont tout volé pour aller stocker les réserves dans les paradis fiscaux. Le pays est surendetté. Entre Boko Deby et Boko Haram, qui tue plus le peuple tchadien ? Le chef de gang armé jusqu'aux dents ».
Saleh Torsidi relève le paradoxe : « Voilà encore une preuve de ton incohérence ! Je ne suis pas soldat et tu oses te prononcer ici parce que tu es Tchadien. J’ai eu à supporter personnellement les charges de ces soldats dont tu parles »
Domadoum Yaina voit les choses autrement :«Déby n'a jamais tenu tête aux blancs et ne leur tiendra jamais tête, Il ne faut pas se voiler la face ! Si vraiment il leur tenait tête comme tu le dis, il aurait démissionné et ne pas modifier la constitution pour continuer à opprimer son peuple puisqu'il a dit vouloir partir mais que ce sont eux qui ont envoyé un expert le convaincre de rester et de modifier la constitution ! »
Serge Toukam fait de la digression : « Saleh Torsidi bois un verre d’eau, ça te ferait du bien. C’est toujours bien si tu supportais déjà les charges des soldats tchadiens (dans tes rêves bien sûr) »
Djourna Zamane appelle au bon sens :«MonsieurToukan ! Les soldats tchadiens sont allés combattre au Mali aux côtés de la France, l'a dit Deby lui-même. Alors que le Mali est un pays africain. C'est ça le panafricanisme ! Au pouvoir depuis 1990, jusqu'aujourd'hui, il n'arrive pas à délocaliser la base militaire française installée depuis les années 1950. C'est ça le panafricanisme ! S’il te plait, frère, cherches à définir d'abord le panafricanisme. Je ne veux pas parler de la gestion du pouvoir de Deby au pays de TOUMAI, car c'est honteux d'en parler. »
Serge Ndoa met en garde : « Hum.... C'est très grave... Comme quoi bien parler le Français n'est pas synonyme de raison... L'éloquence c'est bien, mais le discernement est meilleur. Quand tu entends des gens raisonner de la sorte tu te dis tout de suite que l'Afrique est réellement un continent de merde ».
Saleh Dourwé Timna Salekéo juge sévèrement : « Quand les médias vantent les mérites d’un chef d'Etat corrompu comme Deby et certains le qualifient de panafricaniste, vraiment c’est désolant ! »
Odilon Limet accuse : « Serge Toukam, moi je ne suis pas Tchadien, mais la chose qui pourrait me plaire, c'est la tête de ce sanguinaire d'Idriss Debil qui a envoyé des mercenaires tchadiens massacrés mon peuple gratuitement. Tôt ou tard il paiera »
Djebe Regis appuie l’initiateur du débat : « Merci Trump NGono ! Le pays est devenu de la merde. Le Tchad est un Cartel des Caïd... dans les Amphithéâtres de Toukra, il n’y a pas l'électricité, la vie est chère, l'intégration zéro ! Mieux vaut quitter les choses à temps avant que les choses vous quittent !»
Constant Regio Idany exprime sa déception et son scepticisme : « Et dire que ce Deby incarne le panafricanisme pour certains démontre à quel point la route de l'émergence africaine n'est pas encore définie »
Jeanpy Juk Nkashama attaque: « Trump a raison : les chefs des Etats africains sont des merdes. Ils se croient dans les maisons de leurs mères »
Mathieu Kengue défend le président tchadien :«Laissez ldriss Deby tranquille Rémy, c’est un courageux !»
Rémy NGono Officiel irone sur le courage de Deby :«S'il était courageux, il allait marcher au Tchad sans être entouré de sa milice. Qu’attend-il pour sortir du franc CFA ? Le plus menteur des Panafricains ! »
Abakar Dinamou se délecte également : « Je vois les bourreaux diront qu'il est courageux »
Pierre Lirssi veut comprendre: « Je ne comprends pas de quel courage Mathieu parle-t-il? Tuer son peuple, c'est ça le courage ? Opprimer son peuple est là le courage ? J'ai honte si Mathieu est Tchadien, c'est qu'il est dans le cercle »
Madjiam Honoré Damane se demande : « Est-ce que celui-ci connaît quand même le Tchad pour dire qu'il est courageux ? Par rapport à qui et à quoi ? »
Mathieu Kengue insiste et signe : « Monsieur Gérard, l'excellence Deby est un grand homme. Parler ce n’est pas facile mais il a eu au moins le courage de s'exprimer pour dénoncer le FCFA. Je pense qu’il ne manque pas des actes car les actes seront faits et la Tchad prendra son destin en main d'où tu ne parles même pas. Il reste la même dans l'ombre au moins Idriss Déby après le courage et s'exprimer le franc CFA n'est pas un sujet tabou. Je pense que les paroles des deux bébés nous devons simplement le soutenir pour que les paroles deviennent les actes »
Gerard Ngutog met en cause le courage supposé de Deby :«Pourquoi quand le panafricaniste Kemi Seba organisait les journées pour protester contre le Franc CFA, il ne l’a pas invité au Tchad? D'une manière succincte, un courageux est une personne qui fait preuve de l’audace verbale, par action. Malheureusement pour toi, ton client Déby ne remplit aucun critère. Il est un vrai poltron, Rien que ses déplacements prouvent à suffisance. Actuellement tous ses molosses sont dehors comme si le pays est en guerre. En un seul mot, Me Mathieu l’avocat commis d'office de Déby, votre client est une marionnette de la France. Patrice Talon, lui est un vrai courageux, il n'a pas peur de sa population. La preuve en est qu’il va au stade sans ses gardes corps. »
Monfils Ayilerou contredit le défenseur de Deby : «Monsieur Mathieu Kengne, on a déjà vu Vladimir Poutine marcher sans garde du corps sans que personne ne traverser plusieurs voies et carrefours. Donc ne dites pas de conneries s'il vous plaît »
Gérard Nguetog est catégorique : «Moi ! Soutenir mon oppresseur ? Jamais de ma vie. J'ai fait mon entrée à l’université de N'Djamena depuis 2014 sans reprendre un niveau mais jusqu'à présent, je n’ai pas ma licence, la faute à qui ?»
Mahalat Saleh Moustafa s’étonne : «Je trouve bizarre qu'un chef d'État ordonne de tuer son propre peuple qui descend pacifiquement dans la rue. Il a vite oublié que dès son arrivée au pouvoir il a promis la liberté et la démocratie au peuple Tchadien ! DEBY doit être amnésique, Il faut qu'il sache bien que la même justice qui a jugé Habré est encore ouverte, Il est temps que ces derniers dictateurs du monde partent, Le temps de l'intimidation est terminé ! Vive le peuple Tchadien et à bas la dictature»
Jean-Marie Zerbo y voit une répétition : « C’est toujours comme ça en Afrique...On dirait un jeu de ping-pong...Tandis que chez nous au Burkina on est en train d'en sortir, eux ils y rentrent. Ils veulent finalement nous manger dans quelle sauce ? À quand la Renaissance des Thomas Isidore Noël Sankara ?»
Hassane Oumar se rappelle : «Bonsoir Zerbo, je ne suis pas burkinabé mais mon cher tu m’as fait rappeler un homme qui avait l’amour de son pays et son peuple, Sankara l 'immortel»
Abdoulaye Mané lance un cri de coeur : «A quand l'Afrique va se civiliser car nos dirigeants nous parlent de civilisation mais en réalité ils sont les premiers à ne pas appliquer cela et tous ses peaux cassées, ce sont nous, les pauvres et simples innocents qui allons payer cela. Je me pose la question de s'avoir si les dirigeants africains ne vont pas des ‘je m'en foutiste’ à nos yeux?»
Abba Djimet Ousman se lamente : «Rien à dire, abattement des salaires, hausse de prix de carburant, hausse des frais d’inscription.....bref la vie est très dure. Aujourd'hui, il y a des dizaines des élèves, lycéens arrêtés dans la rue. Le tunnel ne vient que de commencer ici »
Bobaka CM Fabro accuse : «Les médiocres sont partout pas seulement au Congo vraiment et je donne raison à Trump »
Ferdinand Njifon s’indigne : « Nos dirigeants sont mille fois dangereux que Boko Haram »
Mathias Nguetoina attaque frontalement: « Un pays avec un président inconscient et des ministres voyous et malades ! On vit trop mal au Tchad. La situation est pire»
Alouma Makrada Jude se résigne face à la situation : «Nous avons que des yeux pour regarder et pleurer, pauvres Tchadiens si Dieu ne nous vient pas en aide Deby et Béchir finiront par nous dévorer »
Bienvenu Yémanlin me garde Deby : «Idriss est un homme dont la mémoire est bornée. Que Dieu te pardonne mais l'enfer t'attend»
Ousman Ali Issa salue le courage du peuple: « Malgré tout ça, les manifestations sont strictement interdites. Personne n'a le droit de dire un mot. Nous les peuples Tchadiens, nous souffrons beaucoup avec un président qui ne mérite jamais ce poste. Les milices tirent des balles réelles sur les peuples »
Ambi-né Prosper Gane dénonce vigoureusement : « Un régime de médiocrité dirigé par des médiocres qui n'ont pas une vision positive pour leur peuple et qui se base sur leurs égoïsmes afin d'atteindre leurs objectifs, la somme de leurs intérêts personnels, comment peuvent-ils se soucieux de leur peuple »
Sow Amadou Sow s’indigne, se résigne et s’inquiète : « Pour l'Afrique, je gueule, mais parfois je me résigne. Un continent en forme de guen, c'est vraiment un mauvais signe »
Gadji Abdouraman temine le débat en mettant en garde le jeunes : « Maintenant, c’est Déby, ce n’est plus Hussein Habré. Oh ! Les africains, les « mal partis ». N’acceptez plus les jeunes au pouvoir, ils doivent passer par recyclage étape par étape. Tous ceux qui ont dirigé l’Afrique et se sont cramponnés à vie sont venus jeunes jusqu'à la vieillesse. Nous voulons les plus de soixante-dix ans maintenant pas question de Mons »
Choix et commentaire de Moussa T. Yowanga/Ahmat Zéïdane Bichara