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REGARDS D'AFRICAINS DE FRANCE

Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !

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Œil de Fabien : « Le Maniement des hommes »

Voilà un autre sujet abordé par l’œil de Fabien et qui est d’ailleurs très intéressant ! La gestion des ressources humaines est un travail qui nécessite vraiment de la bravoure. En effet, comme dit cette expression biblique « Si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de… ». Or il s’avère que dans le management des hommes, la gestion des sensibilités, caractères est un vrai travail du parcours du combattant, alors comment les politiques s’y prennent-ils pour gérer leurs équipes ? Le livre de Raphaëlle Bacqué (titré : « l’Enfer de  Matignon : Ce sont eux qui en parlent le mieux. » paru en Aout 2008 aux éditions Albin Michel) dresse quelques propos sur certains premiers ministres français pour l’avoir exercé sur cette question. Ainsi on constatera que manager un gouvernement composé de fortes personnalités, de favoris du président ou de véritables rivaux est lié à la personnalité du leader ! De l’art de gouverner les hommes et de neutraliser ses adversaires potentiels.

François Fillon dans l’exercice de sa fonction du premier ministre, va s’inspirer des expériences d’autres avant lui, pour lui permettre d’avoir un bon équilibre et gérer plus aisément son équipe. Et il déclare à ce propos: « J’avais connu, comme ministre, trois premiers ministres, Alain Juppé, Edouard Balladur et Jean-Pierre Raffarin, dont les types de management étaient fort différents, et qui m’ont inspiré ensuite, lorsque j’étais nommé à Matignon. Edouard Balladur avait sans doute le management des hommes le plus sophistiqué et le plus efficace. Il était toujours affable, très disponible pour les membres de son gouvernement, y compris pour les plus modestes d’entre eux. Il décrit Alain Juppé comme étant tout le contraire. Des décisions très abruptes et souvent pour les ministres le sentiment qu’ils n’avaient pas eu le temps de s’expliquer et de défendre leur position. Cependant Jean-Pierre Raffarin lui donnait le sentiment de ne pas être en mesure de trancher les sujets. Soit parce qu’il ne voulait pas le faire, soit parce qu’il voulait que le président de la République le fasse. Nous avions des réunions très longues, assez confiantes, mais dont il sortait rarement une décision. De ces expériences apprises par ses ainés, François Fillon se forge un modèle pour son propre management à Matignon, et livre ces propres expériences en ces termes : J’essaie à Matignon de tenir compte de ces expériences-là, c’est-à-dire d’être disponible, de pouvoir voir les ministres parce que je sais ce que c’est qu’un ministre en difficulté, qui sent tout d’un coup qu’il n’y a plus personne autour de lui. J’essaie de trancher, de ne pas laisser les ministres dans l’ambiguïté car je m’aperçois qu’à chaque fois qu’on laisse une question dans l’ambiguïté, cela se termine toujours très mal. »

Or Jean-Pierre Raffarin constate que « manager » à Matignon revient à arbitrer des décisions qui sont pas facile à prendre, car il semble qu’il y’a toujours un groupe de personnes qui ne sont jamais satisfait. D’ailleurs cette anecdote l’illustre bien : « le match de quart de finale retour en champions league2017/2018 opposant le Réal Madrid au Juventus de Turin, ou l’arbitrage a suscité des mécontents d’un côté et des heureux de l’autre’. Et donc Jean-Pierre Raffarin dit :« Matignon est une machine à arbitrer, vous avez beaucoup de réunions de ministres, et dans ces réunions vous arbitrez à la hache et vous avez toujours un ministre content et l’autre mécontent. Le mécontent est souvent très, très grognon. Alors, quand il s’appelle Sarkozy, quand il s’appelle Villepin, quand il s’appelle Untel, vous traînez ça trois, quatre jours avec un certain nombre de petites pollutions qui font que ça rend la vie un peu compliquée. »

Cependant Pierre Mauroy trouve que c’est un travail ou tu te fais beaucoup d’ennemi, et il s’illustre ainsi : «  Il est toujours difficile de travailler avec tous ceux qui ne souhaitent pas forcement votre place, mais veulent conserver leurs liens privilégiés avec le président. J’en ai eu un paquet dans mes équipes ministérielles. Il y’avait d’abord ceux qui avaient connu Mitterrand vingt ans auparavant, à la Convention des institutions républicaines. Les ombrageux autoritaires comme Pierre Joxe, qui me snobait. Et puis Jack Lang, invité en permanence à dîner le dimanche soir et qui en profitait pour passer des projets auxquels j’avais dit non. Les protégés, comme Edith Cresson, mais elle, elle a toujours joué à la régulière. Ceux qui allaient à Latché le week-end. Ceux qu’on appelait les visiteurs du soir. Toute une ribambelle de gens plus ou moins influents. Dans ces cas-là, mieux vaut avoir un rapport confiant avec le président… »

Et Raymond Barre : « Je me suis toujours souvenu d’un propos que m’avait tenu le général de Gaulle. Au cours d’une audience qu’il m’avait accordée et où nous avions parlé de diverses difficultés, il m’avait expliqué : « Dites-vous bien que lorsqu’il s’agit de grands problèmes, il est important de répéter constamment des choses simples. » Je crois que c’est vrai. 

Choix et commentaire Fabien Essibeye Fangbo,journaliste stagiaire

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