Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
REGARDS D'AFRICAINS DE FRANCE

Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !

Publicité

Russie : La messagerie cryptée "Télégram" bloquée par décision judiciaire sur tout le territoire national  

Longtemps dans le collimateur des autorités russes, le Telegram, messagerie cryptée fondé en 2013 par les frères Pavel et Nikolaï Dourov se voit infliger vendredi une ordonnance judiciaire de blocage de l’application sous  réserve de fournir aux services spéciaux les moyens de lire les messages des utilisateurs de Telegram, qui a aussitôt annoncé vouloir contourner l’interdiction, selon l’information publiée sur le site du journal de Montréal rapportant la dépêche de l’AFP. Avec 200 millions d’utilisateurs à travers le monde, l’application cofondée par deux frères de nationalité russe est réputée pour offrir une confidentialité élevée et refuse depuis des mois de se plier aux injonctions des autorités, dans un contexte de restriction croissante de l’usage de l’internet en Russie.

Par un arrêt de justice rendu dans un tribunal de Moscou, juge Ioulia Smolina a ordonné le blocage de la messagerie sur l’ensemble du territoire jusqu’à ce qu’elle remplisse « l’obligation de donner aux services de sécurité les informations nécessaires pour décoder des messages électroniques écrits, transmis et reçus » par les utilisateurs. La justice avait été saisie par l’agence de régulation Roskomnadzor qui avait indiqué jeudi que la décision, une fois rendue, serait mise en application «immédiatement».Les représentants de Telegram ont choisi de boycotter l’audience en expliquant ne pas vouloir légitimer une «farce». Pavel Dourov, cofondateur de l’application qui ne vit plus en Russie depuis 2014, s’est montré inflexible dans son refus de se plier aux demandes des autorités, au prix d’une interdiction : «La confidentialité n’est pas à vendre, et les droits de l’homme ne devraient pas être compromis par peur ou avidité ». Il a tenu à rassurer les utilisateurs que la messagerie aurait recours à «des méthodes intégrées pour contourner les blocages, qui ne requièrent aucune action de la part des utilisateurs », tels les services de connexion privée dits ‘VPN’ ». Les utilisateurs de l’application avaient été actifs vendredi se partageant des conseils techniques pour contourner le blocage imposé par les autorités russes.

Pour le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, le blocage de Telegram « n’était pas un objectif en soi »,  en revanche, « il existe des dispositions législatives qui exigent de fournir un certain nombre de données (...) malheureusement, un consensus n’a pas été trouvé ». Les frères fondateurs de Télégramme sont également les créateurs auparavant de VK. La messagerie cryptée Télégramme a profité, grâce à la sécurité qu’elle offre à ses utilisateurs, des débats controversés de ces dernières années sur la protection de la vie privée lors de l’utilisation des nouvelles technologies. Les médias ainsi que les administrations russes y compris le Kremlin apprécient pour leur communication ces «chaînes» qui permettent à un utilisateur de diffuser des messages à un grand nombre d’abonnés. L’application Télégramme est régulièrement décriée dans plusieurs pays pour son utilisation à des fins politiques, en Iran notamment, mais aussi par les djihadistes du groupe Etat islamique pour préparer des attentats. «Les informations diffusées par Télégramme peuvent contenir des données utilisées par des organisations terroristes et extrémistes», a dénoncé à l’audience une représentante de Roskomnodzor. Ce régulateur avait déjà donné le 20 mars derniers, 15 jours à Télégramme pour fournir ses clés cryptage, ce à quoi la messagerie privée avait répondu que les exigences des autorités étaient « inacceptables » techniquement en raison justement du système très complexe de cryptage, selon lequel la messagerie n’a elle-même pas accès à certaines communications.

L’avocat de l’application cryptée Pavel Tchikov a dénoncé une décision qui « démontre une nouvelle fois que la justice sert fidèlement les intérêts du pouvoir ». Ce verdict « rapproche la Russie de pays où la haine triomphe, où l’on coupe des têtes et on fait la guerre contre le progrès et la liberté », a-t-il expliqué sur son compte Telegram. Amnesty International avait dénoncé dès jeudi « la dernière attaque en date du gouvernement contre la liberté d’expression sur internet ». Plusieurs lois ont été adoptées pour contrôler internet, au nom de la lutte contre l’extrémisme ou le terrorisme depuis le retour de Poutine au Kremlin. Cependant, les organisations de la société civile en ont dénoncé une utilisation à des fins politiques, pour faire taire les critiques contre le pouvoir, d’autant que l’opposition, ignorée des télévisions officielles, se montre très active sur les réseaux sociaux. La messagerie privée cryptée avait déjà  évité un blocage en juin après avoir accepté de fournir au régulateur russe des informations pour être intégrée au registre des diffuseurs d’information. Ce jugement n’a pas échappé à l’opposant russe Alexeï Navalny qui a dénoncé  la «bêtise» des autorités, estimant qu’elles feraient mieux d’«être fières » du succès d’un entrepreneur russe plutôt que de le «considérer en ennemi» 

Moussa T. Yowanga

 

 

 

 

 

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article