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23 Juin 2018

Les usagers du net désapprouvent totalement les décisions prises par les autorités éducatives algériennes et mauritaniennes de couper la connexion internet. Selon les responsables du ministère de l’Education de ces deux pays, cette mesure vise à lutter contre la triche et la fuite des épreuves de l’examen du baccalauréat considérée comme le diplôme le plus important qui permet l’accès aux études universitaires. En Algérie comme en Mauritanie, les phénomènes de la triche et de fuite des épreuves ont considérablement explosé depuis plusieurs années. Si en Mauritanie, la coupure a lieu de 8h à 18h 30 durant toute la période du déroulement du Bac, en Algérie,les autorités ont décidé de couper la connexion internet une heure avant le début de chaque épreuve de l’examen, à partir du 20 jusqu’au 25 juin, date de fin des épreuves écrites. Sont également interdits l’introduction du téléphone mobile, des tablettes et autres gadgets électroniques de communications dans les centres d’examen en Algérie. En 2016, le gouvernement algérien avait organisé une seconde session à cause de fuites massives des sujets via les réseaux sociaux. Les avis sont diversement partagés sur ces mesures.
Selon la ministre de l’Education nationale algérienne, Noura Benghebrit, l’interruption d’internet est considérée comme étant «la seule alternative pour donner une chance égale aux candidats, en attendant une solution définitive qui ne peut être que pédagogique », a-t-elle justifié. Elle est appuyé en cela par son collègue de la Mauritanie, Eslamou Ould Sidi El Mohair, qui tente de défendre les actes posés par son département dans ce cadre : «Nous accordons une grande importance à ce diplôme national qui ouvre la voie de l’enseignement supérieur aux futurs bacheliers. C’est pourquoi nous renforçons les mesures de surveillance des épreuves». Il projette de la coupe également à partir du 15 juillet lors de la session complémentaire du Bac. Des gros moyens ont été utilisés en Algérie pour cette opération relative au déroulement de cet examen. Les centres de dépôts des sujets sont ultra protégés par des brouilleurs et des caméras de surveillance. En outre, 18 000 agents de police sont mobilisés autour des centres d’examen qui accueillent quelque 700 000 candidats, dont 40% de candidats libres.
Quoique la mesure touche en premier lieu les candidats, mais elle n’épargne pas également les enseignants, surveillants et le personnel administratif. Du côté des autres usagers, tant particuliers que professionnels, ces mesures passent très mal. Un utilisateur du service internet, comme Mohamed ne cache pas sa déception voire son indignation «Déjà que nous avons un internet qui a un débit très faible. Et avec cette histoire de baccalauréat, on nous coupe internet pendant cinq jours soi-disant pour rendre le Bac crédible, pour que les candidats au baccalauréat ne trichent pas. On a besoin d’internet pour bosser. Cela n’est jamais arrivé, dans n’importe quel pays du monde ». Finalement l'Algérie emboîte le pas à la Mauritanie dans le continent africain, et peut-être d’autres pays suivront cet exemple à l’avenir. Selon Abdourahmane, un autre usager du net, la coupure du service internet l’a pénalisé : «Il faut à un moment donné cherché d’autres alternatives qui ne pénalisent pas le secteur privé en général, tout ce qui est restaurants, tourisme, fast-food qui veulent se connecter via internet pour voir les informations au niveau mondial ».
Moussa T. Yowanga