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8 Novembre 2018

Dans sa publication de mardi 06 novembre, l’agence Belga rapporte pour le compte du site RTBF que le procès du journaliste marocain Taoufik Bouachrine, jugé pour des violences sexuelles présumées qu’il nie, est entré dans sa dernière ligne droite, et le verdict pourrait tomber dans la semaine, selon des informations recueillies auprès de ses avocats. Directeur du quotidien indépendant Akhbar al-Yaoum, il a été inculpé le 23 février et détenu en prison. Depuis plusieurs mois, il est jugé à huis clos pour trois chefs d’accusation à savoir «traître d’êtres humains», «abus de pouvoir à des fins sexuelles», «viol et tentative de viol» par la chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca.
Selon ses avocats, les plaidoiries ont pris fin dans la nuit de lundi à mardi dernier et leur client risque d’écoper jusqu’à 20 ans de prison. Le journaliste, 49 ans, connu pour son ton critique et son influence estime que c’est un procès politique. L’incrimination se base notamment sur deux plaintes, trois témoignages à charge et 50 vidéos saisies dans les locaux du journal lors de l’arrestation de l’accusé. Une bataille juridique concernant les images oppose les avocats des plaignantes et ceux du journaliste. Les avocats des parties civiles estiment que les images montrent «des pratiques abjectes», alors les avocats de la défense y voient de simples «montages» à travers ces images. Cela a poussé le parquet et les parties civiles à solliciter une expertise technique.
L’authenticité des images a été confirmée par l’analyse du laboratoire scientifique de la gendarmerie royale sans que celles-ci «ne montrent jamais que l’homme filmé est bien Taoufik Bouachrine», tentent de démontrer la défense. La défense a plaidé l’acquittement pour son client lors des dernières plaidoiries, a indiqué mardi à l’AFP Me Abdelmoula Marouri, l’un des avocats du journaliste. Un des avocats de la partie civile en l’occurrence Me Zahrach Abdelfattah avait «démontré le préjudice subi pour les victimes » présumées. Le procès est très médiatisé depuis son démarrage le 8 mars en raison de la personnalité de l’accusé et des faits graves qui lui sont reprochés. L’affaire a depuis connu plusieurs rebondissements : quatre femmes considérées comme «victimes» par l’accusation ont démenti être concernées par cette affaire et d’une d’elle a été condamnée à six mois de prison ferme pour avoir accusé la police d’avoir falsifiée sa déclaration.
M.T.Y