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8 Janvier 2019

L’attente des résultats des élections en République Démocratique du Congo (RDC) se prolonge et commence déjà à susciter moult interrogations et de sérieuses inquiétudes chez les Congolais et la communauté internationale, comme le témoigne la réaction mordante du ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders, dont les propos sont repris dans un article publié le lundi 07 janvier sur le site de la RTBF. Répondant au micro de l'émission Matin Première de la Radio Télévision Belge Francophone, à cette délicate question : le clan Kabila cherche-t-il à rester au pouvoir ? L’homme politique belge répond sans ambiguïté par l’affirmatif. Mieux, il développe son point de vue : «On sait depuis quelques temps puisque les élections ont été reportées depuis plus de deux ans, elles auraient déjà dû avoir lieu en novembre 2016 ».
Il va plus loin en ajoutant : «Après des report d’élections, après l’interdiction faite à plusieurs candidats de se présenter, l’interdiction à de citoyens de pouvoir voter dans plusieurs villes, on assiste à un certain cafouillage pour l’annonce des résultats. On sent qu’il y a une volonté de garder la main, de ne pas abandonner le pouvoir ». Monsieur Reynders plaide pour le rétablissement de l’espace public au Congo. C’est la chose la plus importante à ses yeux dans le contexte actuel congolais. Puisque l’Internet est toujours coupé, des journalistes en sont dépourvus, notamment ceux de la RTBF. Il prône qu’il y ait une publication des résultats même s’ils ne font pas plaisir au pouvoir, donc même si c’est un candidat de l’opposition qui l’emporte. Le ministre belge des Affaires étrangères estime que ; «La démocratie, ce n’est pas seulement organiser des élections, c’est aussi annoncer un résultat correct par rapport aux choix des Congolais et congolaises et puis c’est en tenir compte dans la passation du pouvoir». Il ajoute : «Ce que je dis simplement c’est qu’il faut que l’on respecte la Constitution et qu’on donne la possibilité aux Congolais, es de choisir leur dirigeant parce que c’est ce qu’ils ont voulu».
Didier Reynders déclare également qu’«on a prévu une Constitution à la suite d’un très long conflit armé allant dans ce sens. Pour ça il faut organiser des élections et la transmission dans de bonnes conditions».Selon le chronogramme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les résultats devraient être proclamés dimanche 6 janvier, mais le dépouillement effectué s’établit encore qu’à 53%. Ce qui pousse le ministre des Affaires étrangères à l’inquiétude. «Nous n’avons pas pu organiser d’observation internationale réelle, donc ni de l’UE, ni des Etats-Unis, ni de l’ONU. Il y a un peu d’observation de l’Union africaine, mais il y a surtout eu de l’observation interne de la Conférence Épiscopale Nationale Congo (CENCO), la conférence des évêques ». Selon monsieur Reynders, aujourd’hui, avec des milliers d’observateurs, la CENCO est manifestement déjà capable de donner l’orientation du résultat parce que les écarts sont très importants.
Pour ce qui est de l’avenir de Joseph Kabila, le diplomate belge souligne que « Si on veut une transition démocratique, il faut garantir un certain nombre d’éléments en termes de sécurité notamment au président sortant. Jusqu’à une certaine limite, on ne peut pas lui garantir l’impunité ». La situation risque-t-elle de dégénérer en raison de cette longue attente ? A cette question si délicate, le ministre belge n’est sûr de rien mais il estime que la Belgique ne dispose pour l’heure «d’aucune information concernant des menaces sur les expatriés, quelle que soit leur nationalité». Mais «on craint toujours qu’il y ait des incidents dans des pays comme celui-là. Nous avons renforcé notre présence diplomatique à Brazzaville de l’autre côté du fleuve, nous avons aussi renforcé notre collaboration avec d’autres pays de la région.»
Moussa T. Yowanga