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12 Février 2019
Salah Khashoggi serrant la main de Mohammed Ben Salman(Photo AFP)

La dépouille de l’éditorialiste et citoyen saoudien Jamal Khashoggi assassiné en Turquie reste mystérieusement introuvable jusqu’aujourd’hui. Selon l’agence Belga, les autorités saoudiennes ignorent jusqu’à présent, malgré l’arrestation des meurtriers venus de Ryad pour l’assassiner à Istanbul, où se trouve le corps démembré du journaliste Jamal Khashoggi, déclare le ministre d’Etat saoudien au Affaires étrangères Adel al-Jubeir dans un entretien diffusé dimanche. Jamal Khashoggo, critique du régime saoudien qui écrivait notamment pour le célèbre journal américain Washington Post et vivait en exil aux Etats-Unis, a été sauvagement tué le 2 octobre 2018 et son corps démembré dans l’enceinte du Consulat de son pays à Istanbul, où il est allé récupérer un document pour son mariage. Cet ignoble assassinat a été commis par des agents saoudiens. Sa dépouille n’a toujours pas été retrouvée. Embarrassé par une question gênante d’une journaliste de la chaîne américaine CBS qui lui demandait où se trouve le corps, le ministre Adel al-Juheir rétorque sèchement, dans cet entretien enregistré vendredi : «Nous ne savons pas ». Il prétend que le procureur saoudien en charge de ce dossier attend encore des informations de la Turquie. «Nous enquêtons toujours », a répondu monsieur al-Jubeir à la journaliste qui lui demandait cette fois-ci pourquoi les agents saoudiens écroués n’avaient pas pu dire où se trouvait le corps.
Selon le New York Times qui a exhumé les propos tenus en 2017 par le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed Ben Salmane, celui-ci menaçait clairement en disant qu’il irait jusqu’à utiliser « une balle » contre le journaliste Jamal Khashiggi si ce dernier ne cessait pas ses critiques contre le royaume. «Je ne ferai pas de commentaires sur des informations basées sur des sources anonymes », a esquivé le ministre des Affaires étrangères sur la chaîne CBS. «Le prince héritier, nous le savons, n’a pas donné l’ordre de faire cela. Il ne s’agissait pas d’une opération approuvée par le gouvernement ». Le président américain Donald Trump a préféré ignorer vendredi, l’appel du Congrès américain désireux de voir l’administration Trump se prononcer clairement sur le rôle dans cet assassinat du prince Mohammed Ben Salmane, surnommé affectueusement « MBS ». L’administration Trump n’a sans cesse fait de protéger Ryad depuis le déclenchement de cette affaire qui a profondément écorné l’image des dirigeants saoudiens. Elle se cache derrière un fallacieux alibi de ne pas disposer de preuves irréfutables de l’implication directe du prince saoudien, et souligne avoir déjà sanctionné mi-novembre 17 saoudiens suspectés avoir joué un rôle prépondérant dans cette affaire. Le Sénat contrôlé par les républicains a unanimement adopté une résolution jugeant le prince héritier « responsable » du meurtre après avoir été informé à l’automne, en commission à huis clos, des conclusions de l’enquête menées par la CIA. Jeudi dernier, une proposition bipartisane censée interdire certaines ventes d’armes aux autorités saoudiennes, a été présentée à la Chambre.
La Rédaction