Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !
19 Février 2019

Beaucoup des gens, notamment des Africains semblent de plus en plus préoccupés par le comportement inintelligent de certains opposants africains pendant et après des scrutins électoraux. Carence stratégique, soif du pouvoir, ou entêtement stupide? Difficile d'apporter de réponses pertinentes à des questions elles-mêmes délicates. En effet dans une publication de la RTBF du lundi 18 février 2018 signée Belga, l’opposant congolais Martin Fayulu Madidi, qui se proclame toujours vainqueur de l’élection présidentielle RDC, est reparti en campagne pour demander la «vérité des urnes», comparant sa situation avec celle du président autoproclamé Juan Guaido au Venezuela.Monsieur Fayulu, qui conteste l’élection de l’autre opposant Félix Tshisekedi, est arrivé lundi à Goma, après deux précédentes étapes à Beni et Butembo dans l’est de la RDC en proie à la violence des groupes armés.Comme à Beni dimanche et Butembo vendredi, il a été accueilli par plusieurs centaines, voire quelques milliers de personnes, qui l’ont accompagné de l’aéroport vers le lieu de son meeting, des scènes déjà vues pendant la campagne des élections générales du 30 décembre.«La communauté internationale est en train de voir que le peuple est derrière Fayulu »,a-t-il déclaré dimanche à Beni.Il a encouragé la communauté internationale à ne pas reconnaître le président «nommé», qualificatif qu’il utilise pour désigner monsieur Tshisekedi.«Au Venezuela, ils sont en train de reconnaître celui qui s’est autoproclamé président. Moi j’ai été élu par le peuple congolais», a-t-il poursuivi.Une référence à l’opposant Juan Guaido, le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne qui s’est autoproclamé président de la République par intérim face au président Nicolas Maduro, avec le soutien de grands pays de l’Union européenne et des Etats-Unis. Les leaders africains ont cependant déjà adoubé le nouveau président congolais lors du sommet de l’Union africaine (UA) début février. Mais comparaison n'est pas toujours raison. L'Amérique latine est loin d'être l'Afrique. Les opposants africains devraient savoir faire le deuil de leur victoire volée, si victoire il y a eu réellement, et se projeter plutôt vers l'avenir en cultivant la proximité avec les électeurs. Le seul combat qui vaut d'être mené, est celui de renouveler de fond en comble l'instance chargée d'organiser les élections et œuvrer pour un ancrage territorial des partis de l'opposition. Bien sûr, le récent sommet de l'UA a adoubé monsieur Tshisekedi mais à quel prix?
Lors de ce sommet selon le reporter de Belga pour la RTBF, monsieur Tshisekedi a aussi rencontré la cheffe de la diplomatie européenne, Frederica Mogherini, et le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Cette tournée de monsieur Fayulu est aussi un test de solidité de la coalition Lamuka constituée autour de l’opposant lors de la campagne électorale. La coalition intègre deux poids lourds de l’opposition, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, totalement silencieux depuis la proclamation de la victoire de monsieur Tshisekedi. L’un des proches de monsieur Katumbi en RDC, le vétéran Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, a indiqué lundi qu’il quittait la coalition Lamuka. Dans sa tournée, monsieur Fayulu est accompagné d’un seul soutien de poids, l’ex-Premier ministre Adolphe Muzito. L’opposant avait annoncé sa tournée et une campagne de «résistance pacifique» lors d’un premier meeting le 2 février à Kinshasa devant plusieurs dizaines de milliers de personnes. En RDC,monsieur Fayulu revendique la victoire avec 61% des voix, un pourcentage également repris par le Groupe des experts du Congo (GEC) de l’Université de New York et de titres de la presse internationale, citant des fuites de la Commission électorale et les observateurs de l’Eglise catholique. La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) puis la Cour constitutionnelle ont proclamé monsieur Tshisekedi vainqueur avec 38,5% des voix et monsieur Fayulu deuxième avec 34%. Ce dernier accuse le président de la CENI, Corneille Nangaa, d’avoir « fabriqué » les résultats et dénonce un «putsch électoral» orchestré par l’ex-président Joseph Kabila.
La Rédaction