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26 Juin 2019

L'été démarre sur des chapeaux de roues en Europe où les températures ont sensiblement augmenté entraînant une vague de plaintes généralisées. C’est également le cas de mauvaises nouvelles qui parviennent de tous les horizons et relayées par des médias en ligne tels que Le Devoir, la RTBF, la Belga ou l'AFP. La Rédaction vous invite à prendre connaissance des événements qui se sont déroulés au cours de la dernière semaine de juin 2019, un peu partout dans le monde.
En RDC dans les pays de grands lacs, le retour de Jean-Pierre Bemba provoque de vives tensions renseigne la Belge pour le compte de la RTBF : « Des tensions ont éclaté dimanche à Kinshasa autour du cortège de l'opposant et ex-chef de guerre Jean-Pierre Bemba pour son deuxième retour en moins d'un an en République démocratique du Congo, après son acquittement en juin 2018 par la Cour pénale internationale (CPI). Des inconnus ont lancé des pierres contre le cortège de M. Bemba à son arrivée près de la place d'un quartier populaire où des milliers de personnes sont venues l'écouter dans l'après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP. Un proche de M. Bemba a été légèrement touché à l'oreille, de même source. Des incidents avaient aussi éclaté en marge de la procession de plusieurs heures de M. Bemba et de ses supporteurs entre l'aéroport de Ndjili et cette place, la place Sainte-Thérèse. Des manifestants ont lancé des pierres et la police a riposté par des tirs de gaz lacrymogènes, a constaté un photographe de l'AFP qui a entendu plusieurs types de détonations et vu au moins un homme blessé à la jambe. A sa descente le matin d'un jet privé en provenance de Bruxelles, M. Bemba avait été accueilli par Martin Fayulu, qui revendique la victoire à l'élection présidentielle du 30 décembre dernier face à Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur par la commission électorale et la Cour constitutionnelle. Lors de son premier retour d'exil le 1er août 2018, après onze ans d'absence, M. Bemba n'était resté que quelques jours en RDC, le temps de déposer sa candidature à l'élection présidentielle finalement invalidée par la commission électorale. Il était alors rentré en Belgique d'où il a animé à distance la coalition Lamuka autour de la candidature de M. Fayulu avec un autre ténor de l'opposition, l'ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi. Des divergences sont apparues depuis au sein de la coalition Lamuka. M. Fayulu incarne une opposition radicale et réclame la « vérité des urnes ». A son propre retour d'exil il y a un mois, Moïse Katumbi avait déclaré qu'il ne combattrait pas Félix Tshisekedi mais défendrait une « opposition républicaine et exigeante ». « Jean-Pierre Bemba est revenu prêter main forte à Martin Fayulu », a déclaré lors du meeting l'une de ses proches politiques, Eve Bazaiba.
Présent sur l'estrade aux côtés de M. Bemba, M. Fayulu a été ovationné par la foule qui a en revanche sifflé le nom de Moïse Katumbi, a constaté le journaliste de l'AFP. « Donnez-nous des armes », ont scandé certains dans la foule à plusieurs reprises. « Nous sommes des démocrates. On veut avoir le pouvoir par les élections », a dit M. Bemba durant son meeting d'un peu plus d'une heure. « Je te demande pardon pour le sang des innocents qui a été versé intentionnellement ou par simples erreurs ». Au moment même du meeting de M. Bemba, le président Tshisekedi participait à une « journée nationale d'action de grâce » en présence de plusieurs cultes religieux devant des milliers de personnes au stade des Martyrs, dans une autre commune de la ville. Au nom de toutes les autorités anciennes comme présentes, je te demande pardon pour le sang des innocents qui a été versé intentionnellement ou par de simples erreurs », a déclaré le président Tshisekedi tout de blanc vêtu dans des propos rapportés par le site actualité.cd. Candidat malheureux à la présidentielle de 2006 face à l'ancien président Joseph Kabila, l'ex vice-président Bemba a passé dix ans à la prison de la CPI pour des crimes commis pas ses troupes en Centrafrique, avant d'être acquitté et libéré en appel. "Il revient en RDC alors que le président Tshisekedi est lié par un accord de coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila, qui a gardé une large majorité au Parlement. Cet accord n'a toujours pas débouché sur la formation d'un gouvernement." Les leaders de la coalition Lamuka ont prévu des manifestations dimanche prochain, jour de la fête de l'Indépendance, pour protester contre l'invalidation de l'élection d'une vingtaine de leurs députés par la Cour constitutionnelle. « On ne veut pas de violences », a prévenu M. Bemba.»
En Europe, le populisme défie la démocratie, selon l'article signé Christian Rioux du journal Le Devoir daté de mardi 25 juin 2019 : « L’an dernier, les politologues américains Yascha Mounk et Roberto Stefan Foa jetèrent un froid. À la suite d’une vaste enquête internationale, ils nous révélaient que seulement 30 % des Américains et 40 % des Européens nés dans les années 1980 jugeaient essentiel de vivre en démocratie. Ils soutenaient même, chiffres à l’appui, que cette désillusion démocratique était particulièrement forte parmi la jeunesse instruite. C’est pour y voir plus clair dans ce malaise démocratique que la philosophe Chantal Delsol publie ces jours-ci avec con collègue Giulio De Ligio La démocratie dans l’adversité(Cerf). À l’heure des populismes, des démocraties dites « illibérales » et de la révolte des gilets jaunes, elle a réuni plus de 80 intellectuels du monde entier afin de s’interroger sur l’état d’un régime dont personne ne doutait, au lendemain de la chute du mur de Berlin, qu’il triompherait partout. Parmi eux, on trouve des auteurs aussi différents que le Canadien Daniel A. Bell, admirateur du système méritocratique chinois, et le Québécois Mathieu Bock-Côté, qui voit dans le populisme une tentative de recentrer la démocratie « autour du principe oublié de la souveraineté populaire ». Après la chute du communisme, dit la philosophe, « on a remplacé les lendemains qui chantent par la démocratie. Comme pour le communisme, on pensait qu’il y avait une fin de l’histoire. Or, rien n’est éternel. Il n’y a donc ni fin de l’histoire, ni paradis terrestre, ni lendemains qui chantent. Il n’y a qu’une vie humaine tragique. Et il est donc normal de croire que la démocratie peut disparaître. De là à le souhaiter, c’est autre chose… ». Dans les années 30, rappelle la philosophe, on a pensé qu’une « bonne dictature » valait mieux qu’une mauvaise démocratie. Heureusement, on n’en est plus là. « On s’est vite rendu compte qu’une mauvaise démocratie valait toujours mieux que n’importe quelle dictature, comme disait Churchill.
Notre situation est donc radicalement différente de celle des années 30. » Ce qui n’empêche pas certains de souhaiter des démocraties moins libérales ou une forme de « gouvernance » favorisant ce que d’autres appellent un « gouvernement des experts ».« C’est un peu ce que représente la technocratie européenne, avoue Chantal Delsol. Cette technocratie n’est qu’une autre forme d’autoritarisme. L’Europe institutionnelle, où il n’y a pas d’élus, ne parle d’ailleurs jamais de lois, mais de directives. Or, qu’est-ce qu’une directive sinon une manifestation d’autoritarisme ? ». Selon la philosophe, la montée des populismes s’explique en bonne partie par la révolte des peuples contre cet autoritarisme. Le populisme reposerait en effet sur « une critique de ces gouvernements qui sont sortis de l’enracinement des peuples, qui ne veulent plus entendre parler d’identité et prônent l’indifférenciation. Or, les peuples demeurent enracinés quelque part et veulent conserver leur identité, dit Chantal Delsol. Peut-être ont-ils parfois tort et parfois raison, mais c’est ce qu’ils veulent. Pour eux, les élites sont trop détachées de la réalité des choses. ». Bien sûr, les élites sont toujours portées à s’éloigner du peuple. Mais cette tendance s’est accélérée avec la mondialisation, selon la philosophe, qui n’hésite pas à comparer nos élites mondialisées à celles du siècle de Louis XIV, qui délaissaient leur terroir pour Versailles. « Maintenant, au lieu d’aller à la cour, elles sont cosmopolites, vivent dans tous les pays et parlent plusieurs langues. À l’époque, cela avait provoqué la Révolution française. Aujourd’hui, le populisme exprime la même révolte de ceux qui, eux, demeurent enracinés quelque part. »
Parmi les conséquences de ce fossé grandissant, on assiste à un étonnant retour de la lutte des classes, affirme la philosophe. Or, la lutte des classes, dit-elle, est sinistre. « Les luttes idéologiques opposent des idées entre elles, indépendamment de ce que nous sommes. La lutte des classes vise ce que nous sommes. Selon votre visage, la façon dont vous vous exprimez, votre allure, vous serez automatiquement associé à une certaine classe. » Chantal Delsol en veut pour preuve la façon méprisante dont certains dirigeants traitent les électeurs des milieux populaires. Pensons à Hillary Clinton, qui qualifiait les électeurs de Trump de « groupe de gens déplorables ». Ou à Emmanuel Macron, qui a affirmé le 28 septembre 2018 : « Montrez-moi une femme, parfaitement éduquée, qui décide d’avoir sept, huit, neuf enfants. » La philosophe s’est sentie directement visée, puisqu’elle a elle-même… six enfants ! Sans nécessairement épouser les thèses de Viktor Orbán, Chantal Delsol constate que, dès qu’on parle de lui dans une salle, tout le monde se met à hurler. L’ambassadeur de Hongrie lui a récemment confié que de nombreuses personnes refusaient de lui serrer la main. Pourtant, dit-elle, « on peut être “illibéral”, simplement parce qu’on pense qu’il faudrait imposer certaines limites aux démocraties libérales. Des limites à l’économie mondialisée, par exemple, ou à la circulation des personnes. Contrairement aux dirigeants polonais, Orbán a un discours tout à fait articulé. Il sait très bien où il va. On ne peut pas se contenter de le traiter de crétin. Il faut en discuter ».
On touche ici au fondement même de l’idée de démocratie. Car, dit Chantal Delsol, en démocratie, il n’y a pas d’ennemis, mais seulement des adversaires. « La démocratie est un débat entre gens qui pensent différemment, certes, mais qui discutent. En démocratie, rien n’est sûr, c’est le royaume du doute. Dès lors qu’il s’agit de se mettre tous ensemble pour combattre un ennemi, on n’est plus en démocratie, mais en guerre ! » Le bon fonctionnement de la démocratie imposerait donc, dit-elle, que l’on revienne à cette vieille idée aristotélicienne selon laquelle toute activité humaine doit avoir une limite. « En philosophie politique, nous avons l’habitude de dire que ma liberté s’arrête là où commence celle des autres. Mais cet affrontement permanent des libertés individuelles est une jungle. Car tout a une limite. Nous avons une limite en tant qu’homme. Notre puissance a des limites, de même que l'immigration et les droits de chaque groupe particulier. Il n’y a pas d’identité sans limites. On peut certes discuter de là où il faut mettre le curseur, mais il faut une limite. Malheureusement, notre époque veut toujours aller plus loin. Nous sommes les élèves de Prométhée, de Faust… mais aussi de Frankenstein ! »
La robotisation du travail à travers le monde devient un sujet de préoccupation au regard de l'ampleur du phénomène, renseigne l'AFP pour le compte du journal de Montréal depuis le lundi 25 juin : « Les robots pourraient remplacer 20 millions d’emplois industriels d’ici 2030 dans le monde, aggravant ainsi les inégalités sociales et géographiques, tout en étant facteurs de croissance économique, selon une étude à paraître mercredi. Selon le cabinet britannique Oxford Economics, les emplois les moins qualifiés seront les plus touchés, et ce de façon très inégale d’un pays à l’autre ou à l’intérieur d’un même pays. Les robots ont déjà pris la place de millions d’humains dans l’industrie et progressent désormais dans les services, grâce aux avancées d’analyse visuelle, de reconnaissance vocale ou d’apprentissage des machines, autant de facettes de l’intelligence artificielle, note aussi cette firme d’analyse et de consulting. Cette étude intervient alors que le débat ressurgit régulièrement autour des avantages économiques, mais aussi des dangers pour l’emploi que représentent les voitures autonomes, les plats préparés par des robots ou encore l’omniprésence des systèmes robotisés dans les usines ou les centres logistiques par exemple. Beaucoup d’experts relèvent que si l’automatisation a de façon générale contribué à plus de créations d’emplois que de destructions, cela a aussi créé une fracture entre emplois qualifiés et moins qualifiés, laissant nombre de travailleurs sur le bord de la route. L’étude d’Oxford Economics estime pour sa part que la vague actuelle de « robotisation » devrait vraisemblablement augmenter la productivité et la croissance économique, tout en créant autant d’emplois qu’elle n’en détruira. Ses experts estiment que l’économie mondiale pourrait en tirer jusqu’à 5000 milliards de dollars d’ici 2030 grâce aux gains de productivité. Sans surprise, ils notent que ce sont les emplois « à tâches répétitives qui sont les plus affectés », ainsi que, à très court terme, les emplois dans les centres logistiques. À l’inverse, les emplois qui exigent « compassion, créativité ou intelligence relationnelle devraient rester l’apanage des humains pendant encore des décennies », poursuivent-ils. L’étude relève aussi que les « robots seront de plus en plus présents dans le commerce, la santé, l’hôtellerie-restauration, les transports, mais aussi le bâtiment et l’agriculture».
Au Brésil, la justice statue une nouvelle fois sur le sort de l'ex-président Lula en vue de son éventuelle libération, informe l'AFP datée de lundi 25 juin 2019 : « La Cour suprême du Brésil a commencé mardi l’examen de deux demandes de remise en liberté déposées par la défense de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, emprisonné pour corruption. La deuxième chambre de la Cour suprême (STF), composée de cinq magistrats, s’est réunie pour décider si l’ancien président de gauche pourrait bénéficier d’une remise en liberté ou d’une assignation à résidence dans l’attente de la décision concernant un recours contre sa condamnation. Ce recours, déposé en décembre, remet en cause l’impartialité de l’ancien juge anticorruption Sergio Moro en raison de sa présence ultérieure au gouvernement du président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Sergio Moro avait condamné Lula à la prison en première instance. Lula, 73 ans, purge depuis avril 2018 une peine de 8 ans et 10 mois de prison pour corruption passive et blanchiment d’argent. Il clame son innocence et affirme que l’ancien juge de l’affaire « Lavage express » a participé à une conspiration politique destinée à l’empêcher de se représenter à l’élection présidentielle qui a vu finalement la victoire, en octobre 2018, de Jair Bolsonaro face à son dauphin, Fernando Haddad. La révélation début juin sur de possibles contacts entre le juge Moro et les représentants du parquet pendant l’enquête « Lavage express » par le site d’investigation The Intercept Brasil a renforcé les arguments de l’ancien président (2003-2010) sur une volonté présumée de lui nuire politiquement ».
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