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6 Juin 2019

C’est une observation qui vient de la part du journaliste D.F, mise en ligne depuis hier mercredi 05 juin 2019 par la RTBF,où l’on apprend que la répression dans le sang, lundi 03 juin 2019, des manifestants réunis à Khartoum n’a pas réussi à faire plier les révolutionnaires soudanais. L’intervention d’une milice para-militaire contre le sit-in organisé depuis des semaines devant le QG de l’armée a fait plus de 100 morts et une centaine de blessés. Mais les dirigeants du mouvement continuent à appeler à la grève et la désobéissance civile jusqu’au renversement du régime. A Khartoum, la fête de l’aïd al-fitr marquant la fin du ramadan s’est déroulée dans une ambiance anormalement calme. Ce mercredi 05 juin 2019, le Conseil militaire de transition (CMT) a proposé à l’opposition et aux manifestants de reprendre le dialogue «sans conditions». Mais la confiance est rompue. L’Alliance des Forces de la liberté et du changement, qui coordonne le mouvement de protestation, a rejeté l’invitation de la junte qui «impose la peur aux habitants dans les rues» .Avant le massacre de lundi, l’armée et l’opposition avaient négocié l’organisation de la transition, après la destitution du président Omar el-Béchir le 11 avril. Elles s’étaient mises d’accord pour une période de transition de trois ans. Mais les discussions étaient suspendues, en raison du blocage sur la question de savoir qui, des civils ou des militaires, conduiraient cette transition. Pourquoi les militaires ont-ils décidé d’utiliser la manière forte contre les manifestants? Certains observateurs voient derrière cette intervention l’ombre de dirigeants autoritaires de la région. Plusieurs membres influents de la junte se sont rendus quelques jours plus tôt en Égypte, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Ces trois pays souhaitent « maintenir le statu quo autoritaire et tentent systématiquement d'appuyer les anciens régimes et leurs armées», selon le chercheur Karim Bitar, de l'Institut des relations internationales et stratégiques.
De retour au Soudan rapporte D.F pour la RTBF, la junte a lancé son opération sanglante contre les manifestants réunis à Khartoum, comme un message envoyé à tous les Soudanais qui réclament plus de liberté. Dans la foulée, le général Abdel Fattah al-Buhran, dirigeant du CMT, annulait tous les accords conclus avec l’Alliance civile et annonçait des élections dans les neuf mois. Une idée immédiatement rejetée par les civils, qui estiment qu’un scrutin ne pourra pas être organisé de manière libre et démocratique dans ce délai et dans ces conditions. «C’est un retour à la situation d’avant le 6 avril, constate dans Libération, Clément Deshayes, chercheur à l’université Paris-VIII et membre du think tank Noria Research. «Les forces de sécurité répriment implacablement le moindre rassemblement, tandis que les insurgés s’organisent clandestinement pour protester malgré le danger».La Fédération internationale des droits de l'Homme et deux organisations soudanaises des droits humains estiment pour leur part qu'une action urgente de la communauté internationale s'impose. "Ce massacre marque un tournant dans les événements de ces derniers mois au Soudan", estime Mossaad Mohammed Ali, directeur du Centre africain d'études sur la justice et la paix. «Les espoirs soulevés par la chute de Béchir ont fait place aux craintes que la situation ne dégénère davantage. La communauté internationale doit prendre ces risques au sérieux et fournir une réponse coordonnée et forte afin d'empêcher de nouvelles violences».
La Rédaction