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11 Novembre 2019
Alors que la bataille entre les grands groupes de brasserie ne faiblit pas en Afrique, des Entrepreneurs locaux commencent à faire leurs premiers pas dans le secteur très convoité de la bière. Avec une population en pleine croissance et qui possède un pouvoir d’achat en hausse, le marché africain de la bière présente désormais de nombreux signes de vitalité .Il y a plusieurs années de cela, Clément Djameh alors étudiant à l’université d’Achimota du Ghana, décide de poursuivre son cursus universitaire en Allemagne. A l’époque, le jeune souhaite continuer sa formation universitaire dans le secteur de la brasserie. Apres de longues années en Allemagne, cet entrepreneur aujourd’hui sexagénaire décide de revenir au Ghana avec son diplôme en poche. De retour au pays, il est embauché par le géant néerlandais Heineken qui était déjà présent sur le marché ghanéen. Au sein de la multinationale qui s’est désormais associé au distributeur CFAO, Djameh fait ses premières armes. Après avoir passé plusieurs années à travailler pour le géant hollandais, il se décide à mettre sur pied sa propre unité de bière en 2003.
Aujourd’hui, son usine fonctionne à base de sorgho, une céréale qui se produit en abondance dans le nord du Ghana. Quand on observe le parcours de Clément Djameh, on peut comprendre aisément les propos du Président Nigérien Mahamadou Issoufou qui déclarait dans une interview à l’occasion du bilan de ses huit années à la tête du Niger : « Ma conviction est que l’Afrique va continuer à être un réservoir de migrants, tant qu’elle restera un simple réservoir de matières premières non valorisées […] La solution au phénomène réside dans la transformation, sur place, de nos matières premières. Ce qui permettra d’offrir des emplois à notre jeunesse». De retour au Ghana avec une idée précise de son projet, Clément Djameh démarre ses activités de brasseur. Les premiers pas étant souvent difficiles, il choisit de mener une seconde activité professionnelle avec la FAO dans le même temps.A partir de 2015, il décide de se concentrer sur sa société qu’il installe à Kwabenya. Il s’agit d’une localité située dans la banlieue nord de la capitale Accra. Avec un capital de départ de près de 100.000 dollars, l’entrepreneur ghanéen achète tout le matériel nécessaire à la production de sa marque de bière.Afin de se démarquer de la concurrence qui utilise généralement du Malt ou du Houblon, Djameh choisira un ingrédient qui pousse localement à savoir le Sorgho. Apres un début concluant, l’entreprise de Djameh est aujourd’hui en mesure de produire quelque 200 litres de bière par jour. La jeune entreprise est d’ailleurs en mesure de produire cette performance trois fois par semaine. Si pour l’heure, l’expérience est encourageante, Clément Djameh qui s’occupe de toutes les étapes de la fabrication, depuis le brassage jusqu’à l’embouteillage, espère pouvoir trouver des fonds supplémentaires. Avec plus de moyens, le patron ghanéen espère pouvoir faire grandir son unité de production en recrutant du personnel.
On observe qu’en dehors du Ghana, les bières importées font désormais face en Afrique à des produits conçus à base de composant locaux. Au Mozambique, c’est le cas de l’Impala, une bière qui contient du manioc. Au Mozambique, l’Impala qui contient 70% de jus de manioc défie les bières importées d’Europe. Dans ce pays entouré par l'Afrique du Sud, l'Eswatini, Madagascar, le Zimbabwe, la Zambie, le Malawi et la Tanzanie, la culture du manioc est pratiquée à grande échelle. Une fois récolté, le tubercule est également très utilisé dans la préparation des plats locaux. En effet, qu’il soit transformé en fécule ou en farine, cuit au four ou à l’eau, ce tubercule est présent dans de nombreuses recettes.Dans ce pays lusophone, les propriétaires de bars sont ravis de l’enthousiasme des populations pour cette bière locale.Lors de son séjour dans le cadre d’une mission d’observation électorale pour les élections provinciales du 15 octobre 2019,Qemal Affagnon a pu constater un réel engouement pour la bière au sein de la population mozambicaine.Le responsable Afrique de l’Ouest déclare à ce sujet : «A l’image du Mozambique, plusieurs gouvernements africains proposent désormais des régimes fiscaux qui favorise le développement de cultures vivrières, qui permettent de stimuler la production locale de bière ». De plus, Qemal Affagnon précise : « Quand on connait la démographie de l’Afrique et avec un marché qui brasse près de 13 milliards de dollars, l’avenir de l’industrie mondiale de la bière se joue en Afrique».
Ces données ont fait réagir le Président Nigérien Mahamadou Issoufou qui en bon visionnaire demande à ses pairs africains de faire de l’industrialisation une priorité. Pour le premier magistrat Nigérien, cette démarche pourrait davantage être facilitée par la mise en œuvre de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine ou par les différents programmes de développement que les pays du continent ont en commun.Dans le secteur de la bière par exemple, le continent Africain voit le nombre de ses consommateurs croître de façon exponentielle. Pour l’heure, le niveau moyen de consommation annuelle individuelle en Afrique reste bas. Sur l’ensemble du continent il serait de neuf litres contre 55 en Europe et 44 en moyenne mondiale. En termes de marge de progression, Il s’agit d’une véritable opportunité pour les grands groupes brassicoles dont les chiffres d’affaires commencent à stagner en Europe et en Amérique.En Afrique où, les bières sont vénérées avec la ferveur due à la mousse sacrée, la disponibilité de téléphones mobiles et l’accès à des réseaux de communications mobiles permet déjà aux marques d’aller chercher les jeunes dans les confins du monde digital.A titre d’exemple, dans un pays comme la Namibie, les réseaux sociaux sont maintenant utilisés pour connecter de manière innovante les consommateurs et leurs marques préférées de bière.
Laurent Batonga
Contribution