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29 Juin 2020

Engagé dans un programme d'amélioration de son système sanitaire, le Bénin a procédé à la signature d'un important contrat afin de construire l'Hôpital de référence d'Abomey-Calavi. Au palais de la Marina, les autorités souhaitent réaliser ce projet dans le but de permettre au plus grand nombre de Béninois d’accéder à des soins de qualité dans un environnement qui répond au standard européen. Construit dans la commune d’Abomey-Calavi qui se trouve à 18 km de Cotonou, le ministère de la Santé Béninois a mandaté un groupement d'entreprises dont Bouygues fait partie pour la réalisation du nouvel édifice.Mené en partenariat avec le cabinet d’architecture français Michel Beauvais Associés, ce centre hospitalier bénéficiera d’une surface de plus de 40 000 m² et sera équipé de 434 lits. En Afrique de l'ouest, si le Niger dispose d'un hôpital général de référence d'une capacité de plus de 500 lits, le centre hospitalier d’Abomey-Calavi a pour objectif de devenir l’établissement public de référence au Bénin en matière de soins. Au Niger, si l'ouvrage avait coûté 45 milliards de Fcfa, le pays se serait tourné vers la Chine qui extrait du pétrole et de l’uranium du sous-sol nigérien. Au Bénin où, en plus du coton, une nouvelle politique touristique est en phase de décollage, le coût total de l’Hôpital est de 116 milliards de Fcfa .
Le nouveau centre hospitalier sera équipé d’un plateau technique qui regroupe trois hôpitaux de jour, les urgences, un laboratoire, l’imagerie médicale, la radiothérapie et neuf blocs opératoires. Par ailleurs, ce projet permettra également la mise en place pour la première fois au Bénin, d’un service de médecine nucléaire. Autre point à l'actif du projet, cet Hôpital moderne comptera également des espaces d’enseignement, des logements pour le personnel, un service mortuaire de plus de 400 places, des unités logistiques médicales, hôtelières et techniques. Dans ce nouvel établissement hospitalier, l’offre sanitaire englobe aussi la chirurgie gynécologique et oncologique mais aussi la cardiologie avec comme animateurs des spécialistes de haut niveau. Les travaux de l’établissement, dont l’achèvement est prévu en 2023, seront assurés par l’entreprise française Bouygues Bâtiment International.
Créé en 1952, Bouygues est un conglomérat français qui opère dans une multitude de secteurs d’activités. Le responsable Afrique de l’Ouest d’Internet Sans Frontières explique par exemple que Bouygues Énergies et Services, filiale du groupe diversifié, effectue les travaux de construction d’une ligne de transport de l’énergie électrique qui sera produite à partir d’un barrage hydroélectrique au Cameroun. De plus, le Dr Qemal Affagnon explique que le groupe français diversifie ses activités dans la construction, l’immobilier, les infrastructures de transport, les médias et les télécoms. Toutefois, le responsable Afrique de l’Ouest d ’Internet Sans Frontières précise que la principale activité de ce conglomérat demeure la construction qui représente environ 80 % du chiffre d’affaires du groupe. En tant que fournisseur de services, constructeur et exploitant immobilier, Bouygues Bâtiment International est fortement implanté à l’International. En Afrique par exemple, l’entreprise a travaillé dans la construction de l’hôpital de Bata en Guinée équatoriale. Le Groupe français a également conçu le Ridge Hospital du Ghana de même que l’Hôpital Mohammed VI du Maroc. En Côte d'Ivoire, Bouygues Bâtiment International a obtenu le contrat de réhabilitation de l’Hôpital de Yopougon.
Au Ghana, le Ridge Hospital d’Accra qui occupe cinq niveaux est l’œuvre du Groupe français. L’établissement moderne qui a été livré clés en main comprend un bâtiment de 420 lits, un immeuble de 42 logements et un centre de formation pour anesthésistes. Sur la base des accords conclus avec la partie ghanéenne, Bouygues Bâtiment International a réalisé le montage du financement, le design, la construction la fourniture et la pose du mobilier et des équipements médicaux ainsi que la formation et la maintenance de ces équipements pendant trois ans.Au Maroc, le projet consistait à la construction d’un complexe de 260 lits capable de fournir des soins urgentistes, des activités chirurgicales et d’hospitalisation. En Côte -d'Ivoire, le centre hospitalier de Yopougon qui a été construit en 1990 par le groupe Bouygues n’avait connu aucune réhabilitation d’envergure avant que le groupe français ne remporte le contrat pour sa rénovation. En Guinée Equatoriale, le responsable Afrique de l’Ouest d’Internet Sans Frontières relate que des faits troublants se sont produits dans le cadre du déroulement des activités de Bouygues Bâtiment International. Selon le Dr Qemal Affagnon, la filiale de Bouygues qui a participé à la construction de l'Hôpital de Bata aurait été dissoute suite à un scandale au cours de la première partie des années 90.
Ce scandale produisit de nombreux remous suite à des révélations concernant des de détournements et des financements politiques qui impliquèrent à l’époque des personnages clés de la droite en France. De fait, des subventions du Fonds d'Action de la Coopération Français qui devaient servir à la réhabilitation de l'Hôpital équato-guinéen, cet établissement autrefois réputé qui s’est dégradé au fil des ans,auraient miraculeusement réapparu à Paris .Depuis lors, de l’eau a coulé sous les ponts et cette affaire a engendré un chapelet de questions qui demeurent sans réponse. En 2017, l’or d'un voyage en Afrique, Emmanuel Macron donnait un nouveau ton aux relations entre la France et l'Afrique.Selon le Président Emmanuel Macron,il n'y a plus de politique africaine de la France.Lors de son passage à Ouagadougou, le président français proposa de réinventer le partenariat entre la France et l'Afrique, en renvoyant les Africains à leur responsabilité. Du coté de Cotonou, les réformes impulsées par le président Patrice Talon semble témoigner de cette prise de responsabilité et il semble aussi que le temps des SMS complices avec certains chefs d’État est révolu. Au mois de mai, la France a également entériné officiellement la fin du Fcfa, qui devrait dorénavant s’appeler l’éco, sans pour autant renoncer à son engagement financier en Afrique.
Laurent Batonga, Collaboration spéciale