Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !
31 Juillet 2009
Par Moussa Torna
Initialement prévu le mercredi 29 Juillet 2009, le procès très médiatisé de Loubna Ahmed Al-Hussein, accusée d’avoir porté en public, une tenue indécente a finalement été reporté au 4 août prochain. La journaliste soudanaise s’est présentée devant le tribunal bondé de monde, dans la même tenue comme lors de son interpellation par la police.
Le report du procès s’explique par l’éventuelle immunité dont bénéficie l’accusée en sa qualité d’employée des Nations Unies. Elle a indique clairement qu’elle entendait démissionner pour laisser l’affaire être jugée au fond. Son avocat Nabil Adil Abdalla a abondé dans le même sens lorsqu’il déclare : "Elle veut avant tout démontrer sa totale innocence et invoquer son immunité ne le permettrait pas. Ensuite, elle veut combattre la loi, qui est trop lâche et doit être réformée".
Cette affaire a déclenché depuis quelques jours une vague de protestation contre une justice totalement restrictive des libertés des femmes au Soudan. Par ailleurs, on note la naissance spontanée dune véritable chaîne de solidarité et de sympathie pour soutenir l’accusée. Les voix se sont élevées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Soudan pour dénoncer et condamner cette atteinte à la liberté et l’intégrité physique de la personne.
La presse locale et internationale s’en est fait largement écho et continue d’informer le public sur la suite de cette affaire. Les journaux soudanais et étrangers ont consacré plusieurs articles pour alerter le public et faire en sorte que le pouvoir soudanais n’enfreigne pas aux droits de l’Homme dans son pays.
Reporters sans frontières, section africaine suit attentivement l’évolution de cette affaire Loubna Ahmed Al-Hussein à qui, ils apportent tout leur soutien. Signalons par ailleurs, l’engagement très actif de nombreux sites et blogs, notamment les blogs africains qui ont largement couvert cette affaire très médiatisée. Citons entre autres sites et blogs, celui d’Ahmat zeidane, makaila guebla, Syvain Rakotoarison, Béchir Ben Yahmed, François Soudan, Hisaux Aka Xia. Ils ont publié des articles pour soutenir la journaliste soudanaise et dénoncer vigoureusement ce châtiment corporel à lui faire subir injustement.
Par ailleurs, il faut saluer toutes les femmes qui ont bravé le pouvoir pour accompagner cette journaliste devant le tribunal qui a finalement reporté in extrémis la tenue du procès. La forte mobilisation observée aussi bien au Soudan qu’à l’étranger doit se maintenir et même s’amplifier pour faire comprendre à la justice soudanaise que la journaliste Loubna Ahmed Ahmed Al-Hussein n’est pas seule dans ce procès de la honte. La communauté internationnale et en particulier, les institutions des droits humains devraient pleinement jouer leur rôle en exerçant de fortes pressions sur le régime soudanais.