Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !
30 Août 2009

Ahmat Zéïdane Bichara /Photo archives 2008
Attention, électeurs gabonais !« Si derrière toute barbe il y avait de la sagesse, les boucs seraient tous prophètes. » Même si ce proverbe Irlandais est certes facile à lire, cependant son analyse risquera de nous entraîner comme sous l’action conjuguée des marées hautes et basses dans les profondeurs de la mer et peut-être jusqu’à la noyade, soit de nous rejeter comme des crevettes au bord de l’eau, exposés à la merci des prédateurs. L’instauration de la démocratie en Afrique est effectivement saluée par les populations, bien qu’elle ne soit véritablement pas bien installée comme elle devait l’être à cause des digues politiques, érigés par certains dictateurs de ce continent dont une partie n’est plus de ce monde.
Malheureusement, on assiste davantage dans de nombreux pays africains, au retour des anciens et dangereux systèmes des régimes dictatoriaux qui prennent beaucoup d’ampleur par l’accession au pouvoir de leurs successeurs fils aînés. Cela revient à dire que la démocratie peut produire des effets pervers par la mauvaise foi des acteurs politiques, donnant la chance également des dictateurs, véritables loups et léopards pour leurs populations. La présence d’Ali, le fils du défunt président Oumar Bongo parmi les 23 candidats au scrutin présidentiel gabonais de ce dimanche 30 août 2009 est tout à fait normal, car selon la définition de la démocratie, tout individu est libre de poser sa candidature aux élections législatives ou présidentielles à condition qu’il réponde aux exigences de la constitution de son pays.
Cependant avoir Ali Oumar Bongo comme président de la République du Gabon nous amène d’abord à nous adresser aux Gabonais qu’il ne faudrait pas se fier aux apparences de l’homme et à ses beaux discours, bourrés des paroles démagogiques, mais il faut surtout prendre du recul, discerner tout avec lucidité et décider en toute connaissance de cause en agissant de façon consciente avant de voter pour lui-même s’il prétend enrailler la misère profonde qui ronge les couches populaires démunis de son pays, tout en voulant changer le visage du Gabon, teinté de sang des innocents acteurs politiques de l’opposition à cause de la politique sanguinaire de son défunt père.
Quel gros mensonge ? N’était-il pas le ministre de la défense pendant plusieurs années assurant ainsi la protection de son père ? Qu’est-ce qu’il a fait de meilleur à la population gabonaise pendant qu’il était l’une des personnalités la plus écoutée par le dictateur Bongo ? A-t-il osé contredire, ne serait- une seule décision cynique du défunt patron du Gabon ? Ne dit-on pas « qui ne dit rien consent ». N’a-t-il pas été le bon élève du président Bongo du début jusqu’à la fin de son règne ? C’est drôle de voir les sadiques pêcheurs d’hier, devenir en un rien du temps des saints prophètes prêchant des bonnes nouvelles à leurs populations.
Ali avait de la même façon pendant des semaines de la campagne présidentielle, tentant avec insistance d’effacer d’un coup d’éponge les faux souvenirs à cause de la mauvaise gouvernance de son père et se présente sans honte devant les électeurs gabonais, en bon enseignant avec un habillement propre aux gros délinquants fonctionnaires qui remplissent les locaux des administrations africaines. Le plus choquant en observant ses gestes et ses mots grâce à la télé-sud qui avait diffusé un publi-reportage découpé en plusieurs courts métrages, la tête du futur successeur de son père ressemblait à celui d’un alcoolique en devenant rond comme une boule carrée.
Assis sur un fauteuil de fortune au domicile d’une modeste famille imitant ainsi Jésus de Nazareth, faisant croire aux plus démunis du Gabon que son probable élection à la tête de son pays, pourra être un signe de changement des conditions humaines coriaces. Alors que pendant la présence de son père Bongo, Ali n’aurait jamais consacré un seul jour pour rendre visite aux plus démunis qui vivent dans des endroits inhabitables et indignes souvent inondés d’eau de pluies diluviennes, véritables facteurs des maladies microbiennes à l’exemple du choléra, un fléau craint de tout le monde.
Alors que comme déclare Jean Paulhan « tout ce que les populations demandent aux politiques, c’est qu’ils se contentent de changer le monde, sans commencer par changer la vérité. » Oui, la vérité comme la paix n’a pas du prix et il est interdit d’en abuser. Tant que les dirigeants africains font régner une politique démagogique pour bourrer les têtes de leurs populations avec des promesses fallacieuses, les africains vivront toujours et davantage des moments plus sombres dans leur existence. Voter Ali Bongo en tant qu’être humain ne provoque aucun danger pour le futur du Gabon, mais voter un jeune dictateur à la place d’un vieux crocodile dictateur décèdé, semble totalement absurde et immoral comme acte.
Porté à la tête de l’Etat, un homme comme Ali Bongo revient à donner raison à cet illustre homme politique, Henri Queuille lorsqu’il déclare : « la politique ce n’est pas de résoudre les problèmes, c’est de faire taire ceux qui les posent ». Le Lionceau Ali pourra-t-il faire plutôt taire les détourneurs des biens publics, les corrompus et leurs corrupteurs, les vendeurs des drogues et d’organes humains qui avaient agi allégrement pendant le règne de Bongo père, « le fidèle élève de la Françafrique » ? Dieu seul sait si c’est dans ses mains que réside le destin du peuple gabonais.
Le seul grand effort que Dieu demande à nous les différents peuples de la terre, « c’est d’apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots », affirme Martin Luther King. Mais pour éviter de mourir comme des idiots, il faut faire un bon choix parmi les candidats au scrutin présidentiel. C’est pourquoi nous ne pouvons pas dire aux Gabonais de voter tel ou tel candidat mais les invitons à juger et à murir leur choix, avant de voter celui qui sera à la tête de cette République riche, vitrine de la zone Afrique centrale. Que tout se passe dans le calme et le respect des règles démocratiques. Enfin à tous les candidats, disons que le meilleur gagne !