Ahmat Zéïdane Bichara
La Chine, ce grand crocodile commercial qui est vu par certains économistes mondiaux comme un partenaire dangereux pour l’Afrique et par d’autres comme une opportunité et son modèle de développement « un exemple » pour le continent noir, se bat à tout prix à séduire les dirigeants africains en se présentant en nouveau sauveur de la misère dont font face les pauvres des pays pauvres. D’après un haut diplomate ivoirien Yacouba Atta qui invite l’Afrique à suivre l’exemple chinois, le modèle de développement de ce pays asiatique est un exemple et l’engagement croissant de la Chine en Afrique constitue une vraie opportunité pour les pays africains.
Pour lui, avec la présence chinoise, l’Afrique est « courtisée par un grand pays » qui force les intervenants traditions (pays occidentaux et institutions financières internationales) à se montrer moins arrogants à son égard. Les relations sino-africaines, fait-il remarquer, sont marquées par l’égalité, la réciprocité, le principe du gagnant-gagnant. » Pour l’Afrique, poursuit-il « la chine est meilleur exemple » pour surmonter les problèmes tels que « la domination étrangère et l’humiliation, les conflits internes, le sous-développement économique et l’instabilité. »
Yacouba Atta soutient que la Chine joue aujourd’hui un rôle dominant dans le commerce international. Il relève aussi qu’elle s’en est sorti grâce à des stratégies politiques qu’elle n’a pas empruntées à l’occident. Son redressement à partir des recettes endogènes peut-être intéressant pour l’Afrique et le bond réalisé dans le commerce international doit interpeller tous les pays africains pour que cet exemple soit suivi », estime le haut diplomate africain. « Nous sommes très fiers de la Chine parce qu’elle partage un peu nos idéaux et qu’elle aide beaucoup les pays africains. Surtout la Côte d’Ivoire en ces temps de crise », s’est-il réjoui saluant le « dynamisme » de la coopération entre la Chine et la Côte d’Ivoire avec des échanges « de plus en plus croissants. »
La Chine est devenue le 3ème fournisseur de la Côte d’Ivoire après le Nigeria et la France et les échanges commerciaux sont passés de 50 milliards de FCFA en 2002 à 112 milliards de FCFA en 2008. La Chine et la Côte d’Ivoire ont signé divers accords et conventions dans plusieurs secteurs de la vie socio-économique avec notamment la construction d’édifices culturels, de bâtiments administratifs, d’infrastructures sanitaires et éducatives, l’annulation partielle de la dette ivoirienne et les accords de prêts sans intérêts.
Yacouba estime le montant cumulé des dons du gouvernement chinois à la Côte d’Ivoire sur la période 2000-2008 est estimé à près de 21 milliards de FCFA. Pour l’approfondissement de la coopération économique et commerciale entre les deux pays, le diplomate ivoirien propose l’agrément de la Côte d’Ivoire comme destination touristique de la Chine, la participation d’investisseurs chinois au programme de reconstruction post-crise de la Côte d’Ivoire, la création d’une ligne directe de transport aérien entre Abidjan et Beijing et la construction d’un centre culturel chinois à Abidjan.