Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !
21 Octobre 2010
D’où vient cette maladie qui retarde le développement du continent africain : d’une malédiction divine ou de l’immaturité politique ? Les religieux développent un discours fataliste du genre l’Afrique est tout simplement maudite à cause des abominations de sa société et du mauvais comportement des ses dirigeants. Ces derniers n’ont jamais su rassembler et impulser une bonne dynamique. Bien au contraire, ils attisent la haine, exacerbent les antagonismes et gouvernent avec partialité. Beaucoup d’innocents ont péri au cours des dernières décennies lors des conflits armés ou interethniques sans en connaître les raisons comme au Rwanda, au Soudan, au Tchad, au Liberia et en Côte d’Ivoire. Suffit-il de pointer ces conflits armés et l’instabilité politique née de la mauvaise gouvernance pour expliquer le drame de l’Afrique ? N’est-il pas aussi un problème de déficience de maturité politique, de la carence d’une culture de dialogue, de négociation de différentes parties de la classe politique autour d’une table ronde pour parvenir à un pardon sincère ? Prenant l’exemple ivoirien, la Côte d’Ivoire n’est-elle pas surtout victime de cette absence de compromis entre les protagonistes ? Si tel est le cas, les Ivoiriens et l’ensemble de la classe politique sont condamnés de faire preuve de maturité afin que les élections se déroulent sans heurts. Sachant que Laurent Gbagbo fut le premier à tendre la main à ses opposants pour éviter un nouveau bain de sang dans ce beau et vaste pays ouest africain qu’est la Côte d’Ivoire.
«Tournons définitivement le dos à la guerre. Disons au revoir à tous ceux qui veulent divisés notre pays la Côte d’Ivoire. Il faut multiplier notre capacité par deux. Au lieu de produire 1,2 million de tonnes, il nous faudra deux millions de tonnes au moins. Nous allons ressusciter notre cacao », déclare Laurent Gbagbo le président Ivoirien à sa population le samedi 09 octobre 2010, lors d’une cérémonie officialisant sa candidature auprès des formations politiques qui le soutiennent en fixant les objectifs qui seraient les siens en cas de réélection, à commencer par une forte augmentation de la production de cacao. Les Ivoiriens croiront-ils aux discours politiques de leur président, candidat à sa propre succession quand il leur promet surtout la lune et le miel lorsqu’ il sera réélu à la tête de ce pays qui fut à une époque récente, le poumon économique de l’Afrique de l’Ouest mais aujourd’hui mis à genoux à la manière d’un dromadaire ? Mensonges ou Vérités ? Un tel discours ne parait-il pas démagogique ou plutôt trop beau à croire quand on sait les passifs et les actifs à mettre à son crédit dans la mauvaise gouvernance de la Côte d’Ivoire souillée par le sang des milliers d’innocents ivoiriens, morts dans des conditions impitoyables lors des affrontements civils de 2002-2003, quelques années après la mort le 7 décembre 1993 du fée Félix Houphouët-Boigny. Là où le bât blesse, même les plus sanguinaires et immoraux dirigeants se prennent toujours pour des saints qui n’ont rien à se reprocher. Ils sont prêts à aller toujours aux élections tant que personne ne leur mette des bâtons dans les roues. Finalement on ne sait que faire pour sortir l’Afrique de tous les maux qui la minent et retardent son développement pendant que les autres continents avancent à grand pas comme un cheval de courses. Ainsi, Laurent Gbagbo, cet homme, historien de son état et vieil adversaire politique du premier président ivoirien, certes bon orateur tiendra-t-il ses engagements ? C’est une autre interrogation qui pose la question de la crédibilité des hommes politiques par rapport aux promesses tenues avant leurs élections.
La politique a usé le président ivoirien
En vérité, le président ivoirien semble usé par tant d’années d’opposition et une présidence exercée dans des conditions particulièrement improbables. Il devrait renoncer dans l’intérêt de son pays, à sa candidature aux présidentielles et permettre à son parti de désigner un autre représentant aux élections du 31 octobre 2010. Il est certes simple pour un pêcheur de lâcher son filet dans un fleuve ou dans un océan, mais il n’est pas facile de capturer des bons poissons. Tel est le cas en politique. La personne qui est à la tête d’un Etat quelconque doit être consciente et soucieuse de l’avenir de son pays et de son peuple. Malheureusement certains dirigeants africains ont failli à leurs responsabilités en abandonnant leurs populations en cours de route pour s’occuper exclusivement de leurs proches familles et de leur clan. Il y a un grand écart entre ce qu’ils disent et leurs actes et beaucoup d’entre eux ne respectent pas leurs engagements. C’est pourquoi nombreux d’entre eux sont qualifiés à raison, des gros menteurs ou des serpents à deux têtes par leurs concitoyens. Les choses sont beaucoup plus complexes, surtout quand il s’agit d’un pays qui sort récemment d’une guerre civile qui a endeuillée presque chaque famille comme le cas de la Côte d’Ivoire ou du Tchad. L’Ivoirien Gbagbo fera-t-il exception cette fois-ci ? Difficile de répondre à une telle question, surtout que l’élection présidentielle dans ce pays fixée au 31 octobre prochain, a accusé cinq ans de retard sur le calendrier initial à cause de l’atermoiements des partis politiques, des calculs égoïstes des uns et des autres sans oublier, le jeu subtil de Simone Gbagbo qui tire les ficelles dans l’ombre. Aujourd’hui, si tout se passe bien et surtout sans bain de sang, cela permettra aux fils et filles de ce pays de tourner définitivement la page noire du conflit et de réunifier le territoire coupé entre le nord et le sud causant le départ des investisseurs occidentaux et orientaux. Il faudrait donc que les Ivoiriens cessent d’être naïfs et analysent avec beaucoup d’attention les discours de tous les candidats, surtout ceux du président sortant avant de se prononcer réellement sur leur vote.
Les Ivoiriens ont intérêt d’élire un homme qu’il faut à la place qu’il faut
Bien que Laurent Gbagbo tienne à briguer à tout prix un autre mandant, les Ivoiriens ont seuls le devoir et l’intérêt d’élire la personne qu’il faut à la place qu’il faut afin de mettre fin aux divisions ethniques et les querelles intestines. Et d’ailleurs, pour quelles raisons, Laurent Gbagbo tient-il resté au pouvoir ? Ne fera-t-il pas mieux de vaquer à d’autres occupations aussi importantes que le pouvoir ? Il suffit juste de le regarder attentivement et surtout d’analyser ses différentes interventions pour se rendre compte que son cœur renferme encore des grosses boules de haine et il ne manquera pas un jour d’user de n’importe quel fil électrique pour barrer la route à ses opposants. « Il y a deux types de candidats : un candidat pour la Côte d’Ivoire, un candidat qui regarde toujours au dehors », faisait-il la différence dans son discours, le président sortant pour convaincre les Ivoiriens à voter pour lui, au lieu de porter leur choix pour l’ancien président Henri Konan Bédié ou à l’ex-premier ministre Alassane Dramane Ouattra, en se servant encore de la carte nationaliste, accusant ses adversaires de servilité à l’égard de l’extérieur, allusion voilée à la France, mère colonisatrice. Laurent Gbagbo sachez-le, n’est pas le seul dirigeant à user des tels discours face à un peuple désabusé et marqué par des différents conflits militaires et ethniques. Idriss Déby du Tchad, Oumar EL-Béchir du Soudan, Paul Biya du Cameroun, Paul Kagamé du Rwanda, François Bozizé de la République Centrafrique ou autres présidents africains disent exactement la même chose en espérant ainsi convaincre au maximum des électeurs face à leurs opposants plus convaincants qu’eux d’habitude. Que faut-il faire face à des telles personnes qui ne pensent qu’à eux et non à faire avancer leur pays vers un bel avenir comme sous d’autres cieux. Aller en guerre contre eux ou négocier autour d’une table? En politique les deux mots peuvent vous donner les mêmes résultats. Tout dépend de la personne ou du politicien dont vous faites face : les négociations peuvent vous entraîner à la guerre et celle-ci peut déboucher aux négociations. Ce qui fait qu’en Afrique, cette dialectique conduit souvent aux blocus politiques. Alors dès qu’un responsable est élu président de la République, c’est fini. Il ne pense qu’à garder le pouvoir durant toute sa vie. Ce qui est bizarre, ce que tous ceux qui partagent les responsabilités avec ce dernier, sont aussi d’accord qu’il garde ce régime aussi longtemps que possible, malgré qu’il soit mauvais ou incapable de diriger le peuple. Tout le monde donne un mauvais exemple à tout le monde y compris les grands intellectuels. Partout en Afrique, c’est pareil, les choses n’avancent pas. On est un continent reconnu et réputé immobile. C’est toujours l’éternel recommencement, surtout que tout le monde est bien au courant que c’est là-bas encore que le bourrage des urnes et le détournement des électeurs se pratiquent à grande envergure. Espérons que les Ivoiriens feront preuve d’une grande maturité politique pour élire un candidat au dessus de tout soupçon capable de pacifier le pays pour s’engager sur le chemin de la prospérité économique et de la paix sociale afin de jouer son rôle traditionnel de locomotive de la sous région.