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REGARDS D'AFRICAINS DE FRANCE

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Portrait Matadi: Gaëtan, un jeune séropositif plein d'avenir

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Gaëtan Matondo est né avec le sida. Il l'a appris après son arrivée dans un foyer de Matadi, recueilli dans la rue où l'avait chassé sa famille. Mais sa maladie ne l'empêche pas d'être un brillant élève et d'avoir des projets d'avenir, comme les autres adolescents.

 À 13 ans et demi, Gaëtan Matondo est déjà élève en 4è des humanités à l'Institut technique agrovétérinaire de Mpozo, un quartier périphérique de Matadi à plus de 350 km au sud-ouest de Kinshasa. Beau parcours scolaire pour ce garçon séropositif qui a bravé la maladie et focalise désormais son attention sur ses études. Il veut devenir ingénieur en chimie alimentaire. Il y a huit ans, il errait dans les rues de Matadi. Dans cette ville où la croyance en la sorcellerie est fortement ancrée, il a été accusé d'être sorcier. "Le pasteur d'une Église traditionnelle chez qui nous étions conduits à la mort de maman avait confirmé que nous avions 'mangé'", explique-t-il. Tabassés, lui et Paul, son grand frère qui a aujourd'hui 17 ans, ont été chassés de la maison. C'est à la mort de leur père à Tshikapa dans le Kasaï –Occidental, un an après celle de leur mère, qu'il sera établi que leurs parents souffraient en réalité du sida. Malheureusement, sa famille maternelle croit toujours dur comme fer qu'ils sont sorciers.Dans la rue à l'âge de 5 ans, sa vie avec son grand frère a été rude. "Il fallait quémander pour avoir quelque chose à manger et la nuit, c'est sur des étals qu'on dormait", raconte-t-il. Pris en pitié par des gens, ils ont été présentés au bourgmestre de Mvuzi à Matadi qui a confié son frère à la fondation Sauvons les enfants et lui au Centre de récupération des enfants en difficultés (Cred).

 Vivre avec la maladie

Au Cred, Gaëtan a trouvé une famille, une trentaine d'enfants de son âge dont bon nombre orphelins du sida étaient eux aussi accusés de sorcellerie. Parmi les rares à s'efforcer de parler français, il se distingue par son comportement ainsi que par ses résultats à l’école. Estimé de Jackie Matondo, responsable du Cred, il va hériter de son nom. Il s'appelle désormais Gaëtan Matondo.Une année après son arrivée, il tombe malade au Cred et sa santé se dégrade. "Je ne comprenais rien. Je n'avais plus d'appétit, j'avais la diarrhée, je maigrissais", se remémore-t-il. Il est allé d'hôpitaux en hôpitaux jusqu'à ce que le médecin découvre qu'il souffrait du sida. Dure nouvelle qui ne lui sera annoncée qu'un an plus tard... Aidé par sa mère, il a accepté sa maladie. Jetant un coup d'œil à Jackie Matondo, il lance :"Maman, je ne l'oublierai jamais. Elle m'a beaucoup aidé".  En 2009, lorsque le Cred, manquant de moyens, insère les enfants dans des familles, Gaëtan rejoint les quatre enfants de la famille de Jackie. "J'ai été bien accueilli. Toute la famille qui sait que je suis séropositif m'aide beaucoup", dit-il reconnaissant. 

 Confiant en l'avenir

Gaëtan, qui se souvient toujours avec grande tristesse de la mort de trois de ses amis au Cred, accorde une place de choix à la prière. "Je demande toujours à Dieu de me soutenir, car, je n'ai rien fait de mal pour contracter le sida." Pour lui, prier n'exclut pas de prendre des médicaments. À chaque rendez-vous, il se rend lui-même à Avenir meilleur pour les orphelins du Congo (Amocongo), une Ong de lutte contre le sida, pour prendre ses antirétroviraux (Arv). Depuis, il n'est plus jamais tombé malade.Reconnaissant que le sida n'est pas une fatalité, il n'hésite pas à prodiguer des conseils à son entourage sur cette maladie. En 2008, il a été choisi comme enfant reporter par l'Unicef, ce qui lui a permis de suivre une formation à Matadi sur le montage numérique et le film. Dans son reportage, il a raconté sa vie.

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