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15 Février 2010
Moussa Torna/ Rennes-France
Par un communiqué de presse rendu public le 09 février 2010, le Comité pour la protection des journalistes, basé à New York aux Etats-Unis fait état de l’incarcération de Simon Hervé Nko’o et Serge Sabouang, journalistes respectivement à l’hebdomadaire Bebela et au bimensuel. La nation à qui la direction générale de renseignements extérieurs reproche de mener une enquête sur des allégations de malversation financière mettant en cause directement Laurent Esso, ministre d’Etat et Secrétaire Général de la présidence du Cameroun et par ailleurs président du conseil d’administration de la société nationale des hydrocarbures (SNH) pour l’achat d’un bateau de luxe.
Le comité pour la protection des journalistes précise que cette affaire est partie d’une note confidentielle de Laurent Esso adressé à l’administrateur directeur général de ladite société, Adolphe Moudiki lui ordonnant de verser une commission d’un montant de 1,3 milliards de FCFA à trois personnalités en récompenses des services rendus dans l’acquisition du yacht au profit de la SNH. Le luxueux bateau devrait servir à divertir des potentiels investisseurs, selon les médias.
Malgré la médiatisation de cette ténébreuse affaire, aucune personne concernée de près ou de loin n’a daigné lever le moindre petit doigt à en croire le CPJ. Le silence du ministre de la communication du Cameroun à l’appel du CPJ en dit long sur la nature très sensible de cette histoire et le danger pesant sur les journalistes arrêtés. Le CPJ se dit alarmer par ces arrestations qualifiées d’arbitraires. Il y voit une sorte d’intimidation envers les journalistes pour les empêcher de divulguer leurs sources confidentielles et compromettantes pour M Esso.
Tom Rhodes, Directeur Afrique du CPJ appelle les autorités camerounaises à libérer instamment les journalistes arrêtés. Selon le CPJ, d’autres arrestations liées à cette affaire ont eu lieu vendredi dernier au cours desquelles des documents ont été saisis au domicile de M Mintya, Directeur de publication du journal Le Devoir. Mais depuis lors, ils ont été libérés. Cependant M Ngota, Directeur de Cameroon Express mène une vie de cachette depuis sa libération.